Quelques réflexions sur le vote de Dimanche...

Je choisis donc un projet cohérent , le même de Varsovie à Madrid , ce qui m'évitera d'expliquer lundi que tout ce que j'ai défendu pendant la campagne était une blague et que mes collègues européens ne sont pas d'accord.

D'abord quelle désolation pour ceux qui partagent les valeurs de la gauche de voir une telle dispersion de listes...Hélas la proposition que Génération.s avait mise sur la table d'un vote citoyen pour réunir tout le monde a été balayée par les vieux partis prisonniers de leurs petits équilibres internes. Les mêmes pleurnichent d'ailleurs depuis sur l'absence d'unité...Désolant mais c'est ainsi. Dés lors il faut bien faire un choix.

Tout d'abord Génération.s a construit un véritable projet européen avec un candidat commun pour le porter : Yannis Varoufakis. C'est un point essentiel. Il ne sert à rien en effet de bâtir un formidable projet dans son coin pour ensuite se retrouver minoritaire au Parlement Européen dans son propre groupe politique. Ce sera le cas et du PS et d'EELV . Ils nous disent tous deux vouloir s'affranchir des dogmes budgétaires et des traités de libre échange mais leurs collègues allemands, néerlandais etc sont pour, et ils seront majoritaires aussi bien chez les Verts que chez les socialistes. Il est d'ailleurs cocasse de voir les socialistes français s'extasier devant les résultats aux Pays Bas. Leur leader néerlandais Frans Timmermans est un libéral assumé, vice-président de la Commission Junker et favorable à un accord avec Macron ! Comme opposition de gauche on a vu mieux...Je choisis donc un projet cohérent , le même de Varsovie à Madrid , ce qui m'évitera d'expliquer lundi que tout ce que j'ai défendu pendant la campagne était une blague et que mes collègues européens ne sont pas d'accord.

Deuxièmement les alliances. Je considère que la montée de l'extrême droite en Europe et la déroute des partis de gauche est le produit de la confusion organisée depuis 20 ans entre droite et gauche dites «  de Gouvernement ». Comme l'a montré le dernier quinquennat cette indifférenciation droite gauche a des effets délétères et catastrophiques pour le camp progressiste. Hors Yannick Jadot nous explique depuis le début de cette campagne qu'il refuse de se situer dans le clivage droite-gauche et laisse planer le doute sur ses alliances futures au Parlement Européen. Respectable mais rédhibitoire pour moi. Idem pour le PS. Olivier Faure a certes fait des efforts pour clarifier le positionnement du PS vis à vis de Macron. Mais malheureusement tous les socialistes ne semblent pas partager son avis . Trop d'élus de son camp appellent encore à voter Macron y compris dimanche prochain. Mais surtout, et plus grave, son parti le PSE a déjà fait part de son souhait d'alliance avec le groupe Macron au Parlement Européen. C'est le cas du groupe le plus important du PSE, les socialistes allemands, mais aussi des Portugais ou des Néerlandais. Autrement dit en refusant de sortir du PSE , ce que nous avions demandé pour un accord, il se retrouve piégé dans les bras de Macron dés lundi.

Le combat pour les valeurs enfin. Benoît Hamon n'a jamais hésité dans cette campagne en assumant haut et fort les idéaux qui sont les nôtres contre la droite et l'extrême droite y compris lorsque ce n'était pas populaire. Le KO qu'il a mis hier soir sur BFM sur la question des réfugiés au candidat du FN restera d'ailleurs pour moi un grand moment de fierté.

Pour conclure, la liste Printemps Européen conduite par Benoît Hamon coche pour moi toutes les cases : sociale, écologiste, clairement européenne  et claire sur la question des alliances et du rassemblement à venir de la gauche. Je voterai par conséquent dimanche pour cette liste sans hésitation et même avec grand plaisir sans me soucier de pseudos « votes utiles » qui ne le sont en réalité que pour ceux qui se font élire avec... Amitiés à toutes et tous et bon vote !

 

 

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