Devant le match du Polo Hockey Club : la dolce vita marcquoise

Soleil, beau monde et match distrayant : supporters et amateurs de hockey se sont retrouvés dimanche à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, pour partager un moment chic et doux.

Il serait d’attaque pour jouer sur de la glace. Manque de chance, il fait 28° ce dimanche après-midi, et le gardien du Polo Hockey Club doit avoir très chaud sous son armure. Un casque grillagé et deux protège-tibias forment un épais mur entre lui et les balles. Dans le public, une des spectatrices aurait bien aimé jouir du même attirail. Brigitte, venue avec son mari soutenir un ami qui a joué ce matin avec les plus de 65 ans, vient de se prendre une balle sur la joue.

« Il l’a lobée, et la balle a dévié », précise Hubert, l’ami passionné de hockey. « C’est un sport intéressant, mais un peu dangereux » soupire Brigitte. Ce petit bleu qui apparait au milieu de sa joue, ce n’était pas ce qu’elle avait prévu en arrivant. Lorsqu’on l’a invitée au Polo club de Marcq-en-Barœul, on a davantage dû lui parler de la verdure, des tables de pique-nique, du petit cabanon où l’on peut se servir un rafraichissement, de l’air de jazz qui s’en échappe… En somme, une tranche d’été partagée avec des gens de bonne compagnie.

Parmi eux, un adjoint au maire de Marcq-en-Barœul, vêtu d’un pantalon rose et de lunettes de soleil de circonstance. Comme n’importe quel supporter, debout derrière la grille qui encadre le terrain, il prend quelques photos avec son smartphone : « J’avoue que je ne connais pas bien les règles du hockey. En fait, j’ai du rugby et du foot à aller voir après. »

« Toutou bar »

Pour leurs amis à quatre pattes – pas les bambins mais les chiens – il y a un « toutou bar ». Une petite pancarte signale cette buvette aménagée pour les canidés, adossée à un mur et uniquement composée d’une gamelle remplie d’eau. Un berger allemand profite du rafraichissement. Un peu plus loin, un rottweiler n’a que faire du « toutou bar ». La langue pendante, sa laisse nouée à la grille, le chien snobe jusqu’au match et regarde à l’opposé.   

À la mi-temps, un puissant système d’arrosage se déclenche au-dessus du gazon synthétique. « C’est parce qu’on joue sur du synthétique mouillé, et non sablé ! explique Hubert. C’est bien moins abrasif lorsqu’on tombe. » Un joli arc-en-ciel se créé sur le terrain et des enfants courent pour éviter les gouttes. Quelques mini-joueurs avaient profité de la pause pour prendre possession du terrain. Armés de petites crosses, ils dépensent une énergie qui a quitté les adultes depuis longtemps, préférant profiter d’une bière fraiche au soleil. 

 La quiétude du moment n’est troublée que par bribes. Au début du match, l’équipe de Wattignies a crié un tonitruant « HOO ! », juste avant que la musique d’ambiance ne reprenne ses droits. Il y a aussi eu quelques « Aller Lardon ! » et un « Il y a carton là, abusé ! », mais ils étaient prononcés par les plus jeunes, absorbés par le match. Heureusement, la trompette amenée par une supportrice n’a résonné qu’à deux ou trois reprises. Face à des joueurs qui se sont démenés, les spectateurs ont donc pu tranquillement profiter du beau temps.

Delphine Sitbon

Dimanche 23 avril, devant le match de hockey sur gazon opposant Wattignies à Marcq-en-Baroeul. © Laura Taouchanov Dimanche 23 avril, devant le match de hockey sur gazon opposant Wattignies à Marcq-en-Baroeul. © Laura Taouchanov

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