Collectif citoyennes et citoyens Albert Sa Muse en s'engageant

Contre les désillusions démocratiques, engageons nous, citoyennes et citoyens, pour faire refleurir un printemps portant haut l'égalité, la liberté, la fraternité ! Le sursaut viendra de la société civile.

De l'utilité de la citoyenneté et des sciences sociales dans la cité 

Je pense, peut-être à tort, qu'il est grand temps que les citoyens (par delà les clivages partisans), le commun des mortels, les intellectuels, les universitaires, les artistes occupent le devant de la scène médiatique pour ne pas laisser le champ libre aux discours haineux, complotistes qui font florès aujourd'hui. Nous pourrions faire œuvre de pédagogie et d'engagement citoyen pour défendre des idées justes, argumentées pour élever le débat, alerter l'opinion.

L'horizon 2022 m'effraie au regard de ce qu'il se passe aujourd'hui (la montée en force des discours racistes, souverainistes, identitaires, sexistes dont Eric Zemmour s'est fait le chantre, avec bien d'autres). Je crains la déferlante populiste. Nous ne sommes certes pas des Voltaire, des Zola, des Hugo, des Camus, des Vidal-Naquet... mais je crois fermement, peut-être trop naïvement, à l'engagement citoyen de toutes et tous, à certaines valeurs et idées bien résumées dans la devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité". Revitalisons, faisons refleurir ces idéaux ! Le printemps nous appelle.

Engageons une action collective, organisée, structurée pour ne plus laisser la part belle à ces discours de haine qui se jouent des amalgames, des préjugés, du contexte actuel en les instrumentalisant. Fédérons nos intelligences !

« L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'Hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste [et les citoyens, les chercheurs en sciences sociales] à ne pas s'isoler; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent, apprend bien vite qu'il nourrira son art, et sa différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous. L'artiste [comme les citoyens et les chercheurs en sciences sociales] se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher. C'est pourquoi les vrais artistes [et les citoyens, les chercheurs en sciences sociales] ne méprisent rien; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s'ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu'ils soit travailleur ou intellectuel » (Albert Camus, Discours de Suède du 10 décembre 1957 pour la remise du Prix Nobel de littérature, page 15, collection Folio, Gallimard, Paris, 1997.)

« Aussi vrai que la terres est ronde, on doit changer ce putain de monde ! » (Agnès Bihl, 36 heures de la vie d'une femme parce que 24 c'est pas assez, Banco Music, 2013.)

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