95% des fonds d'aide à la Grèce sont partis dans les poches des banques (étude)

Suivant une récente étude de l'ESMT, école de commerce allemande, les banques ont directement récupéré 95% des fonds d'aide du FMI et de l'UE accordés à la Grèce. Seuls 5% ont été alloués au gouvernement grec. Le "bailout" (sauvetage) de la Grèce a donc bien uniquement servi à sauver les banques du monde entier, en faisant payer les Etats (et donc nous, bien sûr).

https://www.esmt.org/where-did-greek-bailout-money-go

Cette étude ne fait que confirmer ce dont on se doutait déjà, mais il est toujours utile de chiffrer précisément la réalité. Il n'y a désormais plus guère de contestation possible : le soit-disant "sauvetage" de la Grèce a été seulement celui de ses créditeurs, à savoir les banques et fonds d'investissements. Encore une fois, le principe fondamental du crédit, qui veut que les intérêts de la dette soient justifiés par le risque de non-remboursement, a été violé ouvertement par les dirigeants de l'UE et du FMI, afin de sauver des banques "trop grosses pour faire faillite".

Mais le "risque systémique" avancé par les technocrates a bon dos : d'une part, parce qu'à encourager ces comportements déviants des banques, on prépare la prochaine crise du crédit, avec des montants de dettes plus élevés encore. D'autre part, une annulation de la dette était bien plus raisonnable, d'autant plus que la Grèce n'a pas de problème de déficit primaire ( = déficit hors paiement de la dette). Alors que la "solution" trouvée, extrêmement onéreuse, n'a fait que renforcer la dette grecque, qui est plus insoutenable que jamais, et reporte simplement à un avenir imminent les prochains défauts de paiement. Les centaines de milliards d'euros dépensés n'auront servi qu'à acheter du temps et enrichir les banques.

Cette politique, où le peuple est pris en otage, et doit payer de force des montants toujours plus conséquents à ses oppresseurs, porte un nom historique : le tribut. C'est un acte de guerre masqué, où le but est d'asservir un peuple en l'affaiblissant peu à peu, afin de le rendre inapte à toute révolte.

Il est temps de réagir ! Les banques ne sont fortes que parce que nous leur laissons le monopole de la gestion des richesses. Il est donc urgent de développer les circuits parallèles de financement, de se désendetter et placer nos économies ailleurs que dans leurs coffres. Ce n'est qu'en leur coupant les vivres que nous pourrons regagner notre liberté.

Nous n'avons d'ailleurs plus d'excuses aujourd'hui, les solutions parallèles abondent, et il y en a pour toutes les sensibilités sociales et politiques, (attention quand même à bien se renseigner, d'une solution à l'autre le risque et l'implication demandée sont très variables) :

- financement : crowdfunding, SEL, monnaies locales...

- économies : argent liquide, or, bitcoin, obligations et actions détenues en direct, ...

Chacun de nous a un rôle à jouer dans cette luttte pour regagner notre auto-détermination. N'oubliez pas que grâce aux ratios de création monétaire accordés aux banques, pour chaque euro que vous retirez, c'est peut-être bien 10 euros ou plus que vous retirez de leurs poches !

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