La commission Jospin, l'Ancien Régime et la démocratie.

La publication des propositions de la commission pour « la rénovation et la déontologie de la vie publique » est un moment instructif à défaut d'être divertissant. Alors que chaque homme ou femme politique accuse ses adversaires et parfois ses partenaires de cacher la réalité de ses intentions, certaines propositions et parfois même l'existence même de la commission recueillent une volée de bois vert.

 Précisons certains points :

- la commission est présidée par Lionel Jospin, ancien premier ministre socialiste, et compte aussi dans ses rangs Roselyne Bachelot, ancien ministre UMP pendant près de 10 ans et Marie-Christine Lepetit, conseillère d' Alain Juppé (UMP) à Matignon.

- les citoyens attendent que les textes constitutionnels leur accordent enfin une place plus importante dans les décisions prises par leurs représentants élus lors d'élections confiscatoires ; plus de pouvoir de décision et plus de droit de regard sur la vie publique.

- certains pensent que ce débat sur la vie démocratique n'est qu'une façon de reléguer au second plan les difficultés économiques. Faut-il le rappeler que toutes les crises économiques et financières en France et partout en Europe, n'apporte que l'autoritarisme des organismes non-élus (FMI, Commission Européenne, Banque Centrale Européenne, Banque Mondiale) dans la gestion économique des pays. Les règles de vie démocratique doivent donc être le 1° des thèmes de débats.

- la diversité politique, économique et médiatique des critiques négatives nous font penser qu'elles proviennent de personnalités dressées sur leurs ergots au-dessus d'un tas de privilèges ; défendant leur facilitéede se servir de mandats locaux pour jouer un rôle national, se servant de leurs fonctions et mandats nationaux pour conforter leurs féodalités locales. Et que la motte féodale soit lyonnaise, parisienne, lorraine ou seine-et-marnaise ne change rien à l'affaire.

 Mais que ceux qui se tapent sur le ventre en criant haut et fort que les propositions de la commission dite « Jospin » est le nec plus ultra, la mère de toutes les réformes démocratiques devraient estimer qu'une démocratie approfondie n'est pas conciliable avec l'élection d'un homme omnipotent à la tête d'un État. Et que cette démocratie réclamée par les simples citoyens réclame beaucoup plus de transparence et de contrôle des actes de la vie publique et des personnels politiques et économiques qui prétendent « gouverner ».

 

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