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Billet de blog 27 mai 2020

l'industrie automobile: retour pour le futur ?

les grands industriels de l'automobile ont été au départ des bricoleurs de génie sachant saisir les opportunités naissante. les géants qu'ils sont devenus peuvent ils se réinventer malgré les milliards d'euro vaguement conditionnels de l'état ?

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Au siècle dernier Monsieur Peugeot fabriquait des moulins à café avant de se lancer dans la fabrication des voitures. Monsieur Citroën, lui, fabriquait des engrenages hélicoïdaux avant de se lancer dans la même aventure avec comme symbole ses chevrons. L’innovation de rupture a consisté à réinvestir ce qu’ils savaient faire dans une nouvelle demande sociale naissante. La voiture n’est pas un upgrade du moulin à café comme l’ampoule électrique n’est pas une avancée de la bougie.  c’est autre chose.

Helas ! L’industrialisation de leurs inventions a conduit les descendants de ces inventeurs à s’enfermer dans des enjeux financiers qui ne leur laisse le choix que de faire que « plus de la même chose ».  au point qu'on se demande si pour certains c'est la finance qui permet à la production d'exister ou est ce la production automobile qui sert à faire de l'argent ?

Cette incapacité à se réinventer conduit les constructeurs a produire de l’inadaptation sophistiquée : les voitures sont de plus en plus belles et performantes mais c’est toujours la fuite en avant pour faire plus de la même chose.

Même s’il est possible de faire encore quelques avancées techniques, la vraie question est : comment on influe sur le système social pour changer les comportements ?

 Comment on utilise ses capacités de lobbying pour, par exemple, pousser les politiques à interdire à court terme les moteurs « 2 temps » qui polluent 400 fois plus qu’une voiture. Pour rendre accessible par sa massification le moteur électrique que ce soit pour les cyclomoteurs ou pour le matériel d’horticulture ou agricole. Au lieu de lancer bêtement une nouvelle gamme de stupides cyclomoteurs « vintages » et polluant.

 Avant de se faire complètement dépasser par les pays inventifs à qui on a délégué malencontreusement offert notre génie industriel[1] en en faisant notre atelier, comment réinventer une autre organisation de la mobilité ?

Si le passage à la mobilité individuelle a marqué l’ère industriel et a rendu possible le développement de l’automobile pour particulier, qu’est-ce que les nouvelles contraintes nous disent de ce qui sera nécessaire demain ? et ou se trouve les génies bricoleurs qui savent saisir les opportunités ? j'ai bien peur qu'il soit resté dans le tiroir de l'établi.

 Il serait peut-être temps pour le secteur de l’automobile française, de sortir le nez de sa poudre financière pour se remettre au génie créatif ? au risque d'épuiser la fabrique de cash.

A moins que définitivement on ne puisse pas attendre de génie créatif de la part de ces grands dinosaures destinés à laisser la place à une myriade de petits génies que pour l’instant la puissance actuelle de ces mastodontes condamne à végéter en attendant la prochaine extinction ? Le covid  est-il un signe avant-coureur de cette extinction en cours qui annonce une nouvelle ère de biodiversité et d’inventivité dans la mobilité ?

La mise sous perfusion du secteur automobile qui se prépare n’est il pas un acharnement thérapeutique ?  avec quel résultat possible ? n’est pas tout simplement le rêve d’un retour impossible à une époque révolue ? un refus de la mort inéluctable ?

Il serait peut être nécessaire aux décideurs de se poser ces questions avant de remettre de la poudre dans la perfusion.

[1] Le génie est dans l’établi. https://blogs.mediapart.fr/denis-bismuth/blog/230320/le-genie-est-dans-letabli

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