Ce que serait un archipel citoyen en politique

Une structure organisationnelle novatrice a été expérimentée dans le cadre d'une cinquantaine d'associations, rassemblées dans l'archipel citoyen "osons les jours heureux". Une structure en archipel citoyen, dans le cadre d'organisations écologistes et solidaires, pourrait résoudre les difficultés rencontrées pour en rassembler tous les courants dans une même structure non hégémonique.


La structure en archipel ayant été évoquée à plusieurs reprises dimanche 30 juin 2019 à la rencontre Big Bang au cirque Romanès, mériterait quelques éclaircissements pour voir en quoi elle apporterait une solution à la problématique complexe du rassemblement des forces écologistes et de gauche.

Les géographes définissent un archipel comme étant un ensemble d’îles relativement proches les unes des autres, la proximité se doublant le plus souvent d’une origine géologique commune.  En la déclinant pour une structure organisationnelle en archipel, on obtiendrait la définition suivante;  "Une structure en  archipel est un rassemblement d’organisations relativement proches les unes des autres, la proximité se doublant le plus souvent d’origines culturelles communes".

Ainsi est né en novembre 2017, à l'initiative de Christiane Hessel, Claude Alphandéry, Edgar Morin et Patrick Viveret, l'archipel citoyen "Osons les jours heureux" regroupant une cinquantaine de structures associatives, pour expérimenter l'organisation que le poète antillais Edouard Glissant avait imaginé.
L'archipel est une forme d’organisation qui permettrait aux partis et mouvements,  et autres organisations désirant faire de la politique autrement de se rassembler tout en gardant leurs spécificités. Elle leurs permettrait de conserver leurs identité propre, leurs propositions originales, leur structure et leur autonomie. Elle leurs permettrait aussi de respecter leur histoire et leur mode d’organisation actuelle, tout en permettant un dialogue bienveillant avec les autres partenaires de l'archipel, dialogue fondé sur la coopération, permettant donc l’élaboration  d’actions communes sur des thématiques précises, ou bien à l’occasion d’échéances électorales. C’est ce que la structure en archipel définit comme étant  les identités-racine et les identités-relation. La structure en archipel est de type coopérative car chaque organisation partenaire de l'Archipel, représentée par le terme "île", petite ou grande, a le même pouvoir. Pour définir ses grandes orientations on trouve au coeur de l'archipel l’assemblée du lagon avec deux représentants par île. Les îles partenaires de l'archipel choisissent individuellement  de participer ou non aux projets qui sont appelés des "pirogues" , menés par au moins deux iles de l'Archipel. Enfin, pour le fonctionnement opérationnel de l'archipel, des volontaires et ou des salariés si les finances le permettent , forment une équipe opérationnelle appelée "le voilier atelier". Grâce à cette structure originale, il ne peut pas y avoir de position hégémonique dans un archipel, au contraire, elle permet une grande souplesse dans le respect des différences de chaque île, de son identité racine et de ses relations privilégiées. 
Une réflexion menée depuis avril 2018, sur les alternatives possibles à la politique compétitive, a débouché sur l'idée de proposer de construire un archipel pour rassembler les différentes organisations politiques qui souhaiteraient coopérer pour l’émergence d’une nouvelle société qui soit à la fois écologiste et solidaire.

Pour être partenaire de ce futur potentiel archipel politique, il faudrait adhérer à un socle de valeurs ou d'orientations politiques communes , mais aussi sur une charte de respect des autres partenaires.

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