GermanWings - Air France : même logique ? Même résultat ?

Si la violence physique n’est pas acceptable dans les rapports entre membres d’une même entreprise, il en est de même pour toute violence. Y compris sociale, hiérarchique, actionnariale ou financière.

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Si la violence physique n’est pas acceptable dans les rapports entre membres d’une même entreprise, il en est de même pour toute violence. Y compris sociale, hiérarchique, actionnariale ou financière.

Hors en tenant (en gros) le raisonnement "Puisque vous refusez de travailler plus pour moins cher – ce qui laisse supposer qu’il y a du travail – je vire 3 000 d’entre vous" – ce que l’on fait quand il n’y a pas de travail - la direction de la compagnie révèle les raisons essentielles de sa stratégie ; et elles sont financières.

C’est à croire que la direction d’Air France n’a donc rien retenu du drame, en juin, de GermanWings, filiale low cost de Lufthansa : la logique financière tue !

Et elle tue parce que Lufthansa/Germanwings a mis une telle pression sur ses salariés, dont ses pilotes, qu’ils "pèlent un câble" ; parce que cette compagnie a tellement abandonné (formation, absence de médecine du travail…) ses salariés, et en est tellement loin, qu’elle n’a même pas vu que l’un d’entre eux allait précipiter son avion et ses passagers sur une montagne ; parce qu’au final, l’essentiel de la rémunération des principaux dirigeants (et donc de leur axe principal de décision) est liée à la performance financière des entreprises ; parce que le client n’entre plus en ligne de compte (on peut le laisser mourir) ; parce que les salariés ne sont qu’une masse – financière, salariale -  d’ajustement.

La violence de la finance est aveugle et tue. Et il est très probable que les salariés d’Air France hier, par leur réaction elle-même violente, ont surtout indiqué aux « dirigeants (*)» de leur groupe, qu’ils avaient eux conscience de cette violence aveugle et…mortelle de la "logique" financière !

 

Ah ! Et si on veut trouver une solution pour améliorer la situation financière d’Air France-KLM, il est bon de savoir qu’en réduisant de 90% la rémunération des membres de son Conseil d’Administration, le gain de productivité pour l’entreprise est de près de 2% ! Tout en laissant ses membres dans les 5% des français les mieux rémunérés ! Or un bon dirigeant se doit d'être un exemple pour ses salariés. A bon entendeur…

 

* : rappelons que le PDG d’Air-France KLM, Mr de Juniac (X-ENA) était précédemment directeur de cabinet de…Mme Lagarde et n’a aucune expérience du Transport Aérien (jusqu'à sa nomination en 2011).

 

 

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