Le vrai coût des low cost : des vies humaines.

Slogan German Wings © German Wings Slogan German Wings © German Wings
Nous nous serons retenu du fait des victimes, des douleurs inouïes liées à la catastrophe du crash du vol de German Wings, la compagnie low cost de la Lufthansa. Mais depuis le début de cet incroyable événement, il est un fait, avéré depuis, qui nous taraude : ce (co)pilote n’avait rien à faire dans l’avion. De toute évidence il n’était pas en état de voler, d’assumer la responsabilité de la vie de 150 personnes.

Et du coup cette question lancinante depuis le début : comment cela a-t-il pu être ? Comment une compagnie aérienne a-t-elle pu laisser un tel pilote en service ? Comment n’a-t-elle pas vu ce fait évident : il ne devait pas voler ; pas en cette période en tout cas.

Et de faire ce constat effrayant : la compagnie, low cost, German Wings n’avait en fait aucune idée de l’état de son pilote. Abandonné à lui-même au titre du sacro-saint « cout d’exploitation », le pilote de cette low cost ne bénéficiait d’aucun suivi médical sérieux, intégré à la compagnie. Hors il ne fait pas un métier ordinaire…

Cet accident souligne dramatiquement les pratiques « légères », le mot est faible, des low cost vis-à-vis de leurs personnels. Les exemples de « dumping social » sont légion, mais le dumping médical, on ne l’avait jamais vu, du moins de façon si évidente.

Et de là à imaginer qu’il en est de même pour le reste de la compagnie (matériel, approvisionnements, révisions…), comme pour les autres low cost, il n’y a qu’un pas à faire. D’autant plus aisé à franchir que nous connaissons personnellement au moins deux pilotes d’autres compagnies low cost, et que s’ils vivent leur passion (voler) il est clair qu’ils en payent un prix bien élevé, et ne sont pas  traités par leurs compagnies à la hauteur de leurs responsabilités (horaires, salaires, conditions de travail...).

On peut se gargariser sur les conditions de salaire des pilotes…mais ils ne font pas un métier comme les autres, loin de là. Et nous reviennent en mémoire les contestations des pilotes d’Air France, refusant les conditions de travail proposées par la direction pour rejoindre Transavia…la low cost d’Air France. Pour le coup, les passagers que nous sommes devraient peut-être y regarder de plus près…

Car ces 150 morts sont le vrai cout de ces compagnies low cost, à conditions de travail anormales, et il est exorbitant. Un very high cost.

 

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