Envie de vomir

La chaleur, peut-être. Mais aussi les réfugiés, la Grèce mise à genoux par l'ancien dirigeant d'un paradis fiscal qui continue à blanchir l'argent de la drogue et de la mafia.

Et puis ce titre dans les journaux du soir : Sarkozy reçu en grande pompe à Tunis, ému par les lieux où furent tués des touristes (ce qui est certes émouvant). C'est le même homme qui, il n'y a pas pas si longtemps recevait les dictateurs d'Afrique du nord, leur proposait un savoir faire anti-émeutes, ou les invitait à camper dans les jardins de la République, pour après les abandonner dans des circonstances qui ne seront jamais élucidées parce que trop d'argent a circulé à ce moment-là.

C'est le même qui envoya après le printemps arabe, qu'il avait tout autant raté que la chute du mur de Berlin (quoiqu'il prétendît le contraire), un de ses Sarkoboys comme ambassadeur à Tunis. L'ineffable Boillon, qui réussit à se faire huer par la foule (Petit Sarko, dégage !) après avoir en un seul déjeuner accompli la performance d'insulter la jeune presse libre tunisienne tant en arabe qu'en français. Il faut dire qu'il était très fier de son arabe depuis que Khadafi le surnommait "mon fils". N'avait-il pas eu l'occasion de déclarer que notre ami nomade de Lybie n'était pas si terrible que cela ?

Et l'impayable chef de bande organisée se refait une virginité en souillant de sa présence la Tunisie. Oublié son petit ambassadeur arabisant... Les dernières nouvelles qu'on en a c'est qu'il fut il y a un ou deux ans interpellé sans papiers dans un train en partance pour le Royaume de Belgique, porteur de 350 000€  en devises diverses au mépris des lois européennes.

De grâce Monsieur le chef de Les Républicains (désolé pour le solécisme, mais pas moyen de faire autrement), mais en cet été si chaud qu'il donne envie de vomir, comme aurait dit en d'autres temps un certain André Malraux (laissez tomber, c'est de la culture, vous ne pouvez pas comprendre) : "Chef des Républicains, laissez dormir la République".

Libre à vous, toutefois, si ça vous amuse, de continuer à imiter Louis de Funès. Mais méfiez-vous, c'est un comique un peu démodé qui finit, paraît-il, par lasser certains de vos futurs anciens amis.

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