Parbode n°131, Mars 2017. Hélène Westerveld (86)

Traduction d'article de Parbode, Journal mensuel d'analyse et d'information au Suriname. Parbode n°131, Mars 2017. Hélène Westerveld (86)

Dans la juridiction de Pontbuiten, les plus jeunes comme les plus âgés la connaissent sous le nom de Ma Jones. Une dame sympathique mais surtout une personne altruiste. Âgée de 86 ans, Hélène Westerveld est la troisième d’une famille de 7 enfants.

Depuis le balcon de sa maison où elle a passé plus de la moitié de sa vie, elle profite du vent qui souffle et du soleil qui brille. « Tout ce que je fais maintenant, c’est manger, boire et dormir». Elle est bien heureuse de passer ses vieux jours comme cela car la vie n’a pas toujours été si facile.

Elle se souvient parfaitement de périodes plus difficiles. Mère de 12 enfants qu’elle a eus avec Pa Jones, décédé il y a 5 ans, elle a travaillé dur pour donner le meilleur à sa progéniture.

L’argent que gagnait son mari comme coursier aux archives nationales n’était pas suffisant pour nourrir la famille. « Je vendais alors des légumes, des salades marinées, des gâteaux de coco et des glaces. J’envoyais les enfants vendre des gâteaux tous les jours. Plus tard, j’ai aussi fait des cerfs volants et des composition florales. J’avais un poivrier dont j’utilisais les feuilles comme légumes. » raconte-t-elle avec un calme sourire.

Heureusement, elle savait aussi repasser des vêtements et elle a pu économiser. Ainsi, Ma Jones et son mari ont toujours su manier avec art les fins de mois.

Il y a eu des éclaircies dans sa vie lorsqu’elle a trouvé un travail au service météorologique. Elle y a travaillé plus de 15 ans comme technicienne de surface. Elle décrit ces années de services comme agréables et sympathiques. Ma Jones trouve qu’elle a contribué à sa manière à la construction du Suriname et elle en est très contente. L’existence désargentée qu’elle a menée ne l’a pas empêchée de construire des choses intéressantes.

« Je dansais auparavant. Je dansais à la court Charity et de là, j’allais à Ubego. Mon homme était musicien. Un jour, il m’a dit que je ne devais plus danser. Il trouvait que j’en avais assez fait. » raconte-t-elle en riant. Outre cela, elle appréciait aussi beaucoup cuisiner. Les voisins pouvaient régulièrement apprécier ses délicieux plats. Les enfants du quartier venaient précisément pour cela chez elle.

Jusqu’à aujourd’hui, les enfants devenus adultes continuent de s’en souvenir. « J’assistais dernièrement à un enterrement lorsque quelqu’un me demanda si je cuisinais encore les délicieux biscuits. Je lui ai rappelé que nous étions au cimetière, tout de même ». Aujourd’hui, elle ne peut plus cuisiner pour ses enfants. Elle doit surtout suivre un régime particulier, pour cause de diabète. Bien qu’elle s’en soit faite une raison, elle continue de regretter cette maladie.

Ma Jones est pleine d’éloge quant à ses enfants. Pour ses vieux jours, elle profite du résultat de ce dur labeur et des sacrifices du passé. « Ma fille fait tout pour moi. Mes petits enfants sont également plein d’amour et je les apprécie beaucoup. » nous dit elle à l’intention de sa petite fille et de son petit fils qui sont venus lui rendre visite.

Ma Jones a 46 petits enfants et 68 arrière petits enfants. Trois de ses enfants sont décédés. Bien qu’elle éprouve de la tristesse à y repenser, elle essaye toujours de créer suffisamment d’espace disponible dans son cœur pour éprouver la joie et l’amour de ceux qui sont encore en vie. Sa devise de vie est « Ayez de l’amour pour les uns les autres et soyez heureux ». « J’ai eu tout ce que je voulais dans ma vie et j’en suis très contente ».

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