Prononçons correctement : la première syllabe est exactement comme le mot néerlandais « bid » mais sans d à la fin, et la deuxième syllabe comme « Rik » mais sans k à la fin, ce qui donne phonétiquement : bih-rih. Ensuite la signification : bere = ventre.
Dans les liens tribaux des habitants de l’intérieur du pays, le bere est la petite unité à partir de laquelle la tribu est constituée. C’est à dire la tribu mère et sa parenté dans la ligné féminine. L’expression devient « be’e », puisque le r n’est généralement pas réalisé, ou bien sous la forme d’une « l ». Ainsi, Ronnie Bruniswijk est partout connu selon son surnom : Lonnie.
Bere est aussi le nom de ce met épicé ( nous disons pepere et non piquant ) qu’est le boudin. Devant certain magasin, nous pouvons voir aux heures du soir un marchand avec une installation composée d’u bouteille de gaz et d’une casserole, vendant des saucisses et parfois aussi des bere en des fladders.
Mais bere est aussi une combinaison pour un autre mot. Nous connaissons la construction bronbere.
Dans la langue populaire, il s’agit d’une entreprise spécialisée dans le vidage des fosses d’aisance. Personne ne parle de nettoyage fécal, non ?
Mais en ce qui concerne l’évacuation en temps accéléré du contenu intestinal en conséquence de l’absorption d’une nourriture peu saine à laquelle les sphincters n’opposeront que peu de résistance, on utilisera de manière convenable lusu bere (ventre perdu) ou d’une autre manière lus’bere. On nomme au contraire trangabere ( ventre dur ) le ralentissement de l’évacuation intestinal allongé de plusieurs jours.
« Lorsqu’oncle Henry souffrit de trangabere, Mamie Wonnie lui donna un remède maison, un kowrudresi. Il le but l’année passé. Eh bien, mi boi, il reçut une sacré ber’ati (bere hati, autrement nommé mal de ventre) et ensuite un lus’bere d’il-n’y-a-aplus-rien-à-voir. Il passa de l’ancienne à la nouvelle année comme un arrosoir. Tout le désordre fût expulsé, mais le toilette sentit à des kilomètres. »
« Bere » apparaît également quand on fait référence à une grossesse. Dans une salle d’attente médicale, un petit enfant montra du doigt une dame enceinte qui entrait et demanda à haute voix : « Maman, pourquoi la dame a un bigi bere ? Elle a trop mangé ? ». Au lieu de lui adresser un « Mais tais toi donc !» allongé d’une paire de claque, sa mère lui répondit calmement : « C’est simplement parce qu’elle attend un enfant. Et il n’est pas du tout poli de montrer les gens du doigt. ». Ainsi se conclut cette histoire : ce n’était pas une éducation à grands cris, mais une Éducation avec une grande majuscule.
Gors ventre, aussi nommé langabere, est également utilisé de manière figurée, lorsque quelqu’un est un peu verbeux « Dieux du ciel, cet homme va nous faire un discours. Il a un vrai langabere, allons nous en, vite.».
Les parents d’avant insistaient quant on était reçu chez eux. « Allons mon garçon, prends encore un peu de riz et des haricots. Mange donc un peu ! ». Et souvent, après la dégustation d’un repas en commun venait des discussions sans fin, les bere-furutori’s. L’étonnant est que ces discussions, souvent influencées par le processus de saturation provoqué par la pénurie de sang disponible au cerveau en raison du processus de digestion, n’étaient pas toujours d’un haut niveau intellectuel. Aujourd’hui, le terme berefurutori (littéralement : discussion au ventre plein) n’implique pas une niveau de conversation étudié.
Pendant la période militaire, un groupe de jeune avait fait une fête en extérieur. Après s’être rempli la panse, l’un d’eux s’étendit en longueur et déclara, insouciant : « Si Bouta était là, je lui collerai une taloche au crâne ! ( baka-ede klap=claque à l’arrière du crâne). Il se retourne et qui se trouve devant lui ? Bouta en personne ! Naturellement, il est prit d'une peur bleue et nerveux, bafouillant, tente la plaisanterie : « Bonjour Commandant, comment ça va ? Ai…b-b-boi, Quand on a bien mangé, on dit toute sorte de trucs berefuru, pas vrai ? » (Tu n’es pas fâché, j’espère ?).
Rappa