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Billet de blog 24 janvier 2019

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Parbode 131, Mars 2017. Ingrid Karta-Bink. « Je n’abandonne pas les challenges »

Traduction d'article de Parbode, Journal mensuel d'analyse et d'information au Suriname. Parbode n°131, Mars 2017. Ingrid Karta-Bink. « Je n’abandonne pas les challenges »

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Lorsqu’elle avait 17 ans, la jeune fille s’était faite fait la promesse d’être un jour la voix du peuple et de travailler pour l’intérêt général. Vingt-six ans plus tard, son rêve est devenu réalité. « Je n’abandonne pas les challenges » souligne Ingrid Karta-Bink, représentante du peuple pour le district de Commewijne. Kartha-Bink, qui a également été commissaire de district, raconte dans une interview pour Parbode, comment elle a pu atteindre ses objectifs.

Ingrid Karta-Bonk, qui est née et a grandit à Comewijne , est toujours partante pour s’investir intensément dans le développement du district. Son lieu de naissance lui tient beaucoup à cœur. Il lui est douloureux de constater que très peu, voire aucun développement n’a lieu sur le territoire. «J’ai remarqué que le district était abandonné. Les routes ne sont pas entretenues, les canaux d’évacuations sont délaissés. »

Elle remarque par ailleurs que la criminalité augmente dans le district et que de plus en plus d’enfant sont décrocheurs de l’école. Selon elle, la situation économique oblige les plus jeunes à chercher un travail salarié. Les enfants ne peuvent plus profiter de leur enfance. Elle a eu cette opportunité et porte un regard heureux sur sa jeunesse. Karta-Bink vient d’une fratrie de cinq enfants dont elle est la quatrième. Elle raconte en souriant comment elle a grandit parmi les différents groupes de peuples à Meerzorg.

« Je suis reconnaissante d’avoir pu grandir dans un tel environnement car j’en connais maintenant les avantages surtout quand il s’agit de communication. Je peux par exemple parler en hindoustani. Quand tu es polyglotte, tu peux facilement communiquer avec les autres. En somme, j’ai simplement eu une enfance heureuse. »

Karta-Bink commence une carrière comme enseignante à l’OS de Hulp à Commewijjne. Elle a donné des cours pendant 5 ans dans cette école, d’abord pour les classe de cinquième et ensuite pour la classe de sixième. Elle est ensuite allé un cran dans l’échelle et a donné pendant 10 ans ses forces comme directrice de l’école OS Marieënburg.

« Être directrice, c’est comme faire tourner une entreprise. Tu pars sur la base de ce que tu te fixes à atteindre. Pour moi, le fil rouge était de rendre des élèves en difficulté aussi fort que possible, pour qu’ils puissent passer dans le niveau suivant. Évidemment, tu dois aussi motiver tes enseignants à transmettre les connaissances. On peut faire cela en leur donnant des outils, par exemple des supports d’apprentissages concrets et visible. L’enfant voit ce matériel pédagogique, il retient mieux. Tu apprends aussi ceci en pédagogie » raconte-t-elle, passionnée.

Elle a noté que les enseignants actuels font beaucoup moins usage de matériaux visuels, auditifs ou sensibles. Ça peut être un choix conscient de l’éducateur de laisser de côté cette méthode. D’un autre côté, il y a aussi une tâche importante qui est réservée au ministère de l’éducation, de la science et de la culture. Le département doit équiper les écoles de manière optimale. « Le salaire actuel d’un enseignant suffit à peine à survivre, alors pour ce qui est ce d’assurer en plus la fourniture d’un matériel pédagogique... »

Karta-bink n’est pas mécontente de sa carrière dans l’enseignement. Après dix ans comme directrice d’école, elle a atteint le plafond et voulait affronter un nouveau challenge.

Carrière politique.

L’intérêt de Karta-Bink pour la politique a grandit petit à petit et elle trouvé une opportunité dans le partie politique de Pertajah Luhur (PL) . Ça n’a pas été simple. Il y a avait un mouvement misogyne à l’intérieur du PL qui a essayé de la boycotter. « Mais heureusement, il y a des femmes fortes. J’ai utilisé les critiques constructives pour devenir plus forte. ça m’a donné un coup de fouet pour faire le travail mieux encore que le mouvement ne l’attendait. » Parce que le courage des femmes du PL na pas failli, le parti a évolué radicalement et actuellement la tendance misogyne a été nettoyée, simplement parce que les auteurs en ont disparu. La politicienne ajoute qu’elle estime heureux que le parti ait un leader qui valorise l’égalité des genres.

Concernant la collaboration du PL avec le NDP en 2010, elle se souvient que le parti violet lors des élections de cette année avait remporté 23 sièges et cherchait donc des partenaires pour former un gouvernement. Il y a donc eu un gouvernement formé d’une combinaisons des NDP, PL et A.

Le PL en commun avec l’alliance du peuple avait remporté 6 sièges dont deux pour Commewijne, et un pour chacun des département : Paramaribo, Saramacca, Nickerie, et Wanica. Le PL avait reçu des postes de ministre pour les affaires intérieures, l’agriculure, l’élevage et la pêche, l’éducation la science et culture et un poste de commissaire de district (cd). Karta-Bink a vu se réaliser un rêve d’enfance. Elle a été proposée comme candidate pour le district de Commewijne. Le jour de sa nomination reste frais dans sa mémoire. Elle a été la seule femme non NDP commissaire de district et a été nominée le 18 juin 2011.

À son arrivée, elle a procédé à une évaluation du personnel disponible. Il en est ressorti qu’une seule personne avait reçu une formation universitaire et que seulement cinq une formation supérieure. Pour le reste, seulement quatre employé avaient un diplôme MULO et pour la majorité des diplômes de LBGO ou un parcours scolaire non achevé. Elle n’a pourtant pas rechigné à travailler avec une telle équipe. Réorganisation et construction d’équipe ont été les premiers chantiers.

En tant que maire elle a tenté de placer les bonnes personnes aux bonnes places selon sa compréhension. Son travail a été soutenu pas feu Mr Bas Ahmadali, souligne-t-elle, le cerveau derrière le processus de décentralisation. « Je lui en suis très reconnaissante. Il était toujours prêt à me donner des avis pour mener à bien des projets dans tout le district »

Maire (Litt : Citoyen-mère)

« Ensemble, nous sommes forts » est devenu son expression favorite. Grâce à cette manière de penser positive, elle a pu déterminer et réaliser des objectifs, en collaboration avec la société locale et les entrepreneurs comme notamment la construction d’un poly du service de santé régional à Johana Margaretha et à Kroonenburg, deux ponts au dessus de Bakki et Constancia et la réparation de tous les barrages qui tombaient sous la juridiction du ministère du développement régional.

Sous son impulsion, le ramassage des déchets a été remis à pied d’œuvre sur son territoire. Elle trouve dommage que le commissaire de district ne puisse pas mener de grand projets. Le district ne reçoit annuellement que 1, 2 millions du gouvernement, dont les trois quarts sont réservés au ramassage des ordures.

C’était selon elle à tout le moins la tâche du commissaire de satisfaire à l’entretien des chemins secondaires et des bureaux. « Létayage des chemins n’était pas couvert nous l’avons fait nous même. Puis la coupe de l’herbe des talus pour lequel notre unique tracter a été utilisé. Non seulement l’argent n’était pas suffisant mais il a été versé avec du retard. » Nous avions une bon projet de financement de district. Nous avons donc pu travailler avec des moyens limités.

Le travail comme maire n’a pas toujours été facile. Un moment marquant de sa carrière qui lui restera toujours concerne une demande de licence. Elle était environ maire depuis un an et demi quand une demande de licence pour la tenue d’une kermesse a été déposé via une mandateur. Mais aucune préférence n’a été accordée. Il est de règle à Comewijne que de tels activités ne peuvent avoir que pendant les vacances. Un seul grand événement ne peut avoir lieu par mois « J’ai rejeté la demande.

Quelque jours plus tard, j’ai été confrontée à une situation pénible. Un journaliste avait raconté que j’avais reçu 12000 SRD du mandateur et que la licence avait été réglée à la maison. J’étais hors de moi. Quand je suis énervée, je fais ce dont je n’ai pas l’habitude. Lors d’une réunion d’urgence, je suis allée avec toute ma colère et j’ai sorit tous les gros mots que je connaissais. Et comme ce n’était pas assez, le harceleur a placé un grand panneau aux pieds d’un pont avec le texte : « pas de kermesse. Dc Bink est enceinte de 6 mois et 7 jours. »

Elle traîne alors le mandateur devant les tribunaux et le juge coupe en sa faveur. « Au tribunal il a déclaré qu’il avait donné de l’argent à un membre du district à un partisan en ma défaveur ». Il dût donc présenter ses excuses dans touts les journaux et reçu de plus une amende conséquente. Le nom du CD était nettoyé et elle put la tête haute retourner à l’ouvrage.

Malgré tous les projets et les initiatives qu’elle a pu monter elle a été remerciée lorsque une scission a eu lieu au sein du gouvernement en 2014. Le 17 avril, elle a quitté le district. Elle a servi pendant deux ans et 10 mois comme maire.

En tant que commissaire de district, elle voulait encore réaliser des projets dont la construction d’un nouveau conseil d’administration de direction pour chaque complexe. À Johannan Margaretha et à Alkmaar, il y a maintenant un espace de regroupement et une salle de récréation. Elle pense que les fonctionnaires sont davantage motivés quand leur environnement est accueillant. « J’avais déjà commencé en faisant placer des climatisations et en construisant des sanitaires propres. Le mobilier fut également rénové et de nouveau ordinateurs fournis. »

Plus riche en expériences.

À ses propres dires, Karta Bink a découvert que le NDP en tant que parti de la majorité avait un comportement dictatorial dans toutes les branches. Les ministre de PL n’était finalement présent que pour la forme, veut elle dire. La politicienne ne veut avoir plus aucune occasion de travailler à nouveau avec le parti violet. La collaboration d’alors m’a rendu réticente car j’ai personnellement ressenti que mon district était délaissé. Mais jamais je ne dis jamais. Ce qui est fait est fait. On construit son expérience d’après ce qui est passé. Nous avons fait notre expérience de la collaboration avec le NDP » témoigne telle sérieusement. Elle laisse d’ailleurs de côté ce qui était sa position durant les réunions de parti concernant le travail avec le NDP en 2010

« J’étais flexible. Mon opinion n’y faisait rien parce que la proposition était donnée durant les réunions par la majorité" Elle a tourné la page depuis. En tant que parlementaire, elle s’occupe de la situation économique du pays. Elle s’occupe entre autre de la dévaluation du SRD. Selon elle, le gouvernement a dépensé sans regarder au budget. Elle dénonce la déresponsabilisation des responsables de cette dette. « Nous ne connaissons pas la fin de cette spirale infernale. Si le gouvernement poursuit de cette manière, rien ne va changer. »

La politicien rejette toute forme de pessimisme mais se veut plutôt réaliste. Les projets qui sont présentée par le DNA ne le sont pas. Elle déplore qu’aucun projet cohérent n’ait été proposé - comme la construction d’une usine de traitement et fabrication de cassave - qui pourrait amener un peu plus de développement. « C’était du money making business pour un petit groupe »

Elle reconnaît que le gouvernement a bien quelques bon projets mais dont l’exécution laisse à désirer. Le gouvernement est maintenant sur le point de contracter de gros emprunts à l’étranger mais elle ne peut encore désigner aucun responsable au parlement capable de répondre à la question du remboursement de cet argent. Karta Bink préférerait que ce gouvernement joue carte sur table pour que le peuple sache précisément ce qui est en train de se passer. Elle veut voir le développement , surtout dans son district.

Le plus gros problème actuellement à Commewijne est la fourniture d’eau potable dans les maisons. Ce point d’interrogation peut selon elle être résolu par l’extension de la source d’eau de Mareco ou par le pompage de l’eau de nappe phréatique. Le président a promis que les deux possibilités seraient envisagées d’ici la fin de cette année. Elle espère que parole sera tenue. « Je n’ai pas vu le budget concernant le projet mais peut être un budget supplémentaire serait-il alloué. Je suis optimiste. » Il est pour elle hors de questions que les habitants aient à acheter de l’eau en dehors de la ville.

Des six parties de Commewijne, seuls Nieuw amsterdam et une partie de Meezorg ne souffrent pas trop de cette situation. D’autre part, les chemins pourraient à Meezorg être mieux entretenus. Elle espère que tout cela figurera dans le projet Dalia IV du gouvernement. La politicienne voudrait également voir plus de possibilité de récréation dans les territoires. Selon elle, Nieuw Amsterdam campe avec les même problèmes que Meerzorg et les habitants de Tamanredjo ne sont pas mieux lotis.

« À Alkmaar tu as le Pandit Tilakharieweg d’une longueur de douze kilomètres avec beaucoup de prolapsus et les conséquences est une saturation. Cette situation est très dangereuse. » Enfin, elle d’avis de donner vie aux départements de Johanna Margaretha et Bakki, où très peut de développement local a lieu, en développant l’agriculture et le tourisme.

Aidy Agodeba

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