Derkaoui Mériem
Maire d'Aubervilliers
Abonné·e de Mediapart

11 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 mai 2019

Derkaoui Mériem
Maire d'Aubervilliers
Abonné·e de Mediapart

Pour une école de l’égalité et de la réussite !

Le projet de loi Blanquer, dit d’« école de la confiance », voté à l’Assemblée nationale en première lecture, suscite de vives inquiétudes de la communauté éducative et des parents d’élèves. e partage ces craintes.

Derkaoui Mériem
Maire d'Aubervilliers
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les récentes mesures du chef de l’Etat et du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, affichent une volonté de transformer le système éducatif, déjà mis à mal ces dernières années, en un mode d’enseignement différencié instaurant, de fait, une sélection sociale.

Une école où les libertés individuelles et pédagogiques seraient limitées et où l’organisation serait modifiée, basée uniquement sur la « performance » et non plus sur l’apprentissage.

La mise au pas des enseignantes et enseignants est au cœur de ce projet. Il prévoit de leur faire endosser la responsabilité de la sélection en multipliant les évaluations et en mettant en concurrence les élèves. Ces derniers voient leur choix limité par la réforme du bac et par Parcoursup à l’université.

De plus, la prétendue mesure égalitaire de l’école obligatoire à 3 ans cache en réalité l’obligation pour les communes de financer les écoles maternelles privées.

Des dépenses que nous devrions donc assumer, alors même que l’Etat continue de se désengager de ses obligations d’éducation en allouant moins de moyens aux écoles de la Seine-Saint-Denis.

On ne compte plus le nombre d’enseignant·e·s non remplacé·e·s, en pleine année scolaire.

Face à cette situation, la contestation grandit. Des mobilisations locales émergent à l’instar des manifestations, à Aubervilliers et à l'Hôtel de Ville, les 30 mars et 5 avril derniers.

A l’initiative du corps enseignant qui refuse d’être complice de ce projet inquiétant pour l’essence même de l’école publique, elle s’intensifie grâce à l’engagement à leurs côtés des collectifs de parents d’élèves.

Ces actions sont également soutenues par plusieurs maires de villes populaires, particulièrement celles de la Seine-Saint-Denis.

Aux côtés des maires de Saint-Denis, La Courneuve, Stains, Villetaneuse, Montreuil et L’Ile-Saint-Denis, j'ai dénoncé publiquement ce projet de loi qui instaurera une école à plusieurs vitesses.

Il ne peut y avoir d'« école de la confiance » lorsque des mesures qui la déterminent sont imposées au mépris de celles et ceux qui la construisent et qui la font vivre.

Pas plus qu'il ne peut y avoir de confiance en un gouvernement qui continue de briser ce que des mouvements politiques et syndicaux ont acquis au prix de longues luttes sociales.
Je serai de toutes les mobilisations, de tous les combats pour défendre une politique d’éducation basée sur l’égalité et la réussite de toutes et tous.

 Mériem Derkaoui 
Maire d'Aubervilliers
Vice-Présidente du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
À Saint-Étienne, le maire se barricade dans son conseil municipal
Pour le premier conseil municipal depuis le début de l’affaire du chantage à la sextape, le maire Gaël Perdriau a éludé les questions de l’opposition. Pendant que, devant l’hôtel de ville, des centaines de manifestants réclamaient sa démission.
par Antton Rouget
Journal — Budget
Le gouvernement veut trop vite tourner la page du « quoi qu’il en coûte »
Le prochain budget marquera la fin des mesures d’urgence pour l’économie et le système de santé qui dataient de la crise du Covid-19. Le clap de fin du « quoi qu’il en coûte » en somme, dont le gouvernement ne veut plus entendre parler pour résoudre la crise énergétique actuelle. Il pense qu’il pourra maîtriser les dépenses publiques sans pour autant risquer une récession. À tort. 
par Mathias Thépot
Journal — Europe
En Italie, l’abstention a fait le match
La victoire de la droite et de l’extrême droite en sièges cache une stabilité de son électorat. Le pays n’a pas tant viré à droite sur le plan électoral que dans une apathie et une dépolitisation dont le post-fascisme a su tirer profit.
par Romaric Godin et Donatien Huet
Journal — Gauche(s)
Julien Bayou démissionne, les écolos sidérés
Visé par une enquête interne de son parti pour « violences psychologiques », le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts et coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale a démissionné de ses fonctions. Il dénonce une « instrumentalisation des souffrances » à l’ère de #MeToo et à deux mois du congrès des écologistes.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean

La sélection du Club

Billet de blog
Chéri, je crois qu’on nous a coupé le gaz !
Depuis quelques mois, la discrète Roumanie ravitaille le reste du monde. Le plus grand port de la mer noire s’érige au nom de Constanța. Les affaires battent leur plein. Les céréales sont acheminées dans des wagons sans fin. Aujourd'hui, comment vit-on dans un pays frontalier à l'Ukraine ? Récit de trois semaines d'observation en Roumanie sur fond de crise énergétique et écologique.
par jennifer aujame
Billet de blog
Ukraine : non à la guerre de Poutine
Face à la guerre, la gauche au sens large a pris des positions divergentes, divergences largement marquées par des considérations géopolitiques. Le mot d'ordre « non à la guerre de Poutine » permet d'articuler trois plans : la résistance des Ukrainiens contre l'agression russe, les mobilisations contre la guerre en Russie, la course aux armements.
par denis Paillard
Billet de blog
La gauche en France doit sortir de son silence sur la guerre en Ukraine
[Rediffusion] La majorité de la gauche en France condamne cette guerre d'agression de l'impérialisme russe, demande le retrait des troupes russes de l'Ukraine. Mais en même temps reste comme paralysée, aphone, abandonnant le terrain de la défense de l'Ukraine à Macron, à la bourgeoisie.
par Stefan Bekier
Billet de blog
Tenir bon et reprendre l’offensive
Sept mois de guerre et d’atrocités en Ukraine, un peuple héroïque qui ne rompt pas et reprend l’initiative. La perspective, même lointaine, d’une libération de l’Ukraine devrait faire taire ceux qui théorisaient l’inaction devant les chars russes, validant la disparition d’un peuple et de ses libertés.
par Yannick Jadot