Pour une école de l’égalité et de la réussite !

Le projet de loi Blanquer, dit d’« école de la confiance », voté à l’Assemblée nationale en première lecture, suscite de vives inquiétudes de la communauté éducative et des parents d’élèves. e partage ces craintes.

Les récentes mesures du chef de l’Etat et du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, affichent une volonté de transformer le système éducatif, déjà mis à mal ces dernières années, en un mode d’enseignement différencié instaurant, de fait, une sélection sociale.

Une école où les libertés individuelles et pédagogiques seraient limitées et où l’organisation serait modifiée, basée uniquement sur la « performance » et non plus sur l’apprentissage.

La mise au pas des enseignantes et enseignants est au cœur de ce projet. Il prévoit de leur faire endosser la responsabilité de la sélection en multipliant les évaluations et en mettant en concurrence les élèves. Ces derniers voient leur choix limité par la réforme du bac et par Parcoursup à l’université.

De plus, la prétendue mesure égalitaire de l’école obligatoire à 3 ans cache en réalité l’obligation pour les communes de financer les écoles maternelles privées.

Des dépenses que nous devrions donc assumer, alors même que l’Etat continue de se désengager de ses obligations d’éducation en allouant moins de moyens aux écoles de la Seine-Saint-Denis.

On ne compte plus le nombre d’enseignant·e·s non remplacé·e·s, en pleine année scolaire.

Face à cette situation, la contestation grandit. Des mobilisations locales émergent à l’instar des manifestations, à Aubervilliers et à l'Hôtel de Ville, les 30 mars et 5 avril derniers.

A l’initiative du corps enseignant qui refuse d’être complice de ce projet inquiétant pour l’essence même de l’école publique, elle s’intensifie grâce à l’engagement à leurs côtés des collectifs de parents d’élèves.

Ces actions sont également soutenues par plusieurs maires de villes populaires, particulièrement celles de la Seine-Saint-Denis.

Aux côtés des maires de Saint-Denis, La Courneuve, Stains, Villetaneuse, Montreuil et L’Ile-Saint-Denis, j'ai dénoncé publiquement ce projet de loi qui instaurera une école à plusieurs vitesses.

Il ne peut y avoir d'« école de la confiance » lorsque des mesures qui la déterminent sont imposées au mépris de celles et ceux qui la construisent et qui la font vivre.

Pas plus qu'il ne peut y avoir de confiance en un gouvernement qui continue de briser ce que des mouvements politiques et syndicaux ont acquis au prix de longues luttes sociales.

Je serai de toutes les mobilisations, de tous les combats pour défendre une politique d’éducation basée sur l’égalité et la réussite de toutes et tous.

 Mériem Derkaoui 
Maire d'Aubervilliers
Vice-Présidente du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis

 

 

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