Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être gagné

Frida Kahlo, Vandana Shiva, Malala Yousafzai, Charlotte Delbo, Françoise Dolto, Taos Amrouche, Wangari Maathai, ces femmes ne sont pas inconnues à Aubervilliers et pour cause, des écoles de la ville portent leurs noms.

Elles sont artiste, militante, prix Nobel, écrivaine, psychanalyste, elles ont marqué l’Histoire à travers les époques et les pays et se sont battues pour que nous ayons les mêmes droits que les hommes et les mêmes libertés.

Donner le nom d’une femme à des établissements scolaires engage un travail de mémoire que nous avons souhaité poursuivre en baptisant, le mois dernier, nos deux nouveaux collèges.

Le 6e collège porte le nom de Gisèle Halimi, avocate et militante féministe engagée, qui aura tout au long de sa vie combattu le sort réservé par la justice à des femmes atteintes dans leur chair. Elle aura également milité, hors de nos frontières, pour la cause des peuples en faveur de leur indépendance.

Le nom de la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba est désormais inscrit en lettres capitales sur le fronton du 7e collège intercommunal. Il indiquera à des générations de collégiennes et de collégiens que sa voix et sa plume ont été mises au service des luttes contre l’apartheid et pour l’émancipation des pays africains.

Résolument engagée à visibiliser l’action des femmes, la Municipalité continuera à valoriser certains parcours en leur rendant hommage.

Dans cette optique, je formule le vœu qu’une place, une rue, un équipement d’Aubervilliers puisse porter prochainement le nom de l’écrivaine, prix Nobel de Littérature, Toni Morrison ou de la militante yézidie, prix Nobel de la Paix, Nadia Murad.

Ces actes forts de sens nous rappellent que le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être gagné, surtout dans le contexte actuel.

« Ne vous résignez jamais ! », avait écrit Gisèle Halimi dans un livre qui retrace ses engagements et ses combats.

Cette phrase résonne encore aujourd’hui à l’heure où l’on compte en France 116 féminicides depuis le début de l’année.

Alors que le Grenelle contre les violences conjugales, organisé par le gouvernement en septembre dernier, devait donner lieu à des mesures concrètes basées sur les recommandations des associations féministes, organisations syndicales, dans les faits les actions annoncées paraissent dérisoires. Certaines ne rentreront pas en application avant 2020-2021.

En attendant, des femmes continuent de mourir…

En annonçant peu de moyens, le gouvernement affiche un manque de volonté d’en finir avec les inégalités entre les femmes et les hommes.

Pire, elles se renforcent du fait de la casse du code du travail et des services publics.

La réforme de l’assurance chômage, actuellement en préparation, va réduire les droits de plusieurs milliers de chômeuses et chômeurs. Les travailleuses, et notamment les plus précaires, en temps partiel, abonnées au CDD et au Smic, seront en première ligne.

Dans un département comme la Seine-Saint-Denis où le niveau de précarité est élevé, où la non maîtrise de la langue française est un frein et où l’on observe une pénurie de médecins, les urgences devraient être le moyen pour les femmes, notamment celles victimes de violences, d'accéder rapidement et dignement à des soins.

Pourtant, faute de moyens alloués par l’Etat, la saturation des urgences dans les hôpitaux publics a conduit à un mouvement de grève des personnels soignants regroupés autour du collectif Inter-Urgences. Un mouvement pour lequel le Conseil municipal a apporté son soutien.
A l’échelle de la Ville, je sais qu’il est possible d’agir pour améliorer la vie quotidienne des citoyennes à travers l’action menée par les services municipaux.

Je salue le service municipal de la Santé qui œuvre auprès des femmes à travers des campagnes nationales de prévention, et tout particulièrement celle du dépistage du cancer du sein organisée ce mois d’octobre, intitulée Octobre rose.

Cet engagement municipal mis au service des Albertivillariennes, nous l’avons parce qu’il existe, ici à Aubervilliers, une prise de conscience collective que l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être acquise.

Nous le devons aussi à toutes celles, connues et anonymes, qui militent pour l’obtenir.


  

Mériem Derkaoui 

Maire d'Aubervilliers

Vice-Présidente du Conseil Départemental

de la Seine-Saint-Denis

 

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