Il y a une autre crise mondiale, celle de l'accueil des migrants

Alors que nous traversons actuellement une crise sanitaire mondiale liée au COVID-19, nous vivons une autre crise mondiale, moins visible mais tout aussi prioritaire, celle de l’accueil des migrants et de leurs conditions de vie inhumaines.


Dès qu’un campement se forme sur notre territoire, la Municipalité a toujours oeuvré auprès des services de la Préfecture et en lien avec les associations, pour que ces personnes puissent être mises à l’abri. Ce fut le cas il y a quelques semaines lors de l’évacuation du campement situé rue Madeleine Vionnet.

Parallèlement, elle n’a de cesse de dénoncer la politique migratoire du Gouvernement qui bloque les parcours de régularisation et viole le principe de l’accueil inconditionnel dans les structures d’hébergement d’urgence.

Ce mardi 6 avril 2020, nous apprenions en même temps que des membres associatifs qu’un campement de migrants, qui s’était formé sur les bords du Canal, avait été démantelé par les services de la police nationale.

Cette intervention n’a fait l’object d’aucune instruction ni demande de nos services. D’ailleurs nous n’avons aucune prérogative, faut-il le rappeler.

Je regrette que de fausses informations circulent dans ce sens, à l’égard de notre ville qui a toujours manifesté son soutien et sa solidarité en faveur des droits des migrants.

Nous le faisons en agissant pour l’accès aux droits via la Mission municipale Intégration et Citoyenneté des Etrangers. Nous parrainons les Albertivillariennes et Albertivillariens sans titres de séjour. Nous domicilions les migrant-e-s et leurs familles, nous scolarisons les enfants qui habitent la Commune. Enfin, nous votons en conseil municipal des subventions exceptionnelles aux associations qui viennent en aide et accompagnent les migrants.

Pour autant, les communes n’ont pas les missions régaliennes de l’Etat ni les équipements publics adaptés pour assurer un accueil digne des demandeurs d’asile.
Aujourd’hui, en pleine épidémie, l’absence de solution pérenne et l’insuffisance des moyens mis en place par l’Etat pour les protéger peuvent entraîner de graves conséquences.

Si des points de fourniture d’eau sont installés dans des campements par les délégataires comme Véolia et ce, à notre demande, nous savons que cela ne limitera par le danger encouru.

Aussi, je continuerai à demander à l’Etat de prendre les mesures de mise systématique à l’abri, comme nous l’avons réussi pour les 727 migrants du camp déjà cité, qui sont actuellement hébergés et mis en sécurité face à l’épidémie.

Comme le demandent les associations dont le DAL et la LDH, il doit procéder à la réquisition des bâtiments vides afin d’ accueillir, soigner et surtout protéger ces personnes vulnérables.

En attendant, face à cette situation dramatique la solidarité s’organise grâce au dévouement des élus des associations et à la générosité des habitantes et habitants.

Nous la soutenons et nous la partageons.

Mériem Derkaoui
Maire d’Aubervilliers
Vice-présidente du département de la Seine-Saint-Denis

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