Il faut faire reconnaître à l'Etat ses missions régaliennes !

Jeudi 31 octobre, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé des mesures pour la Seine-Saint-Denis portant sur l’Education, la Santé, la Justice ou encore la Sécurité.

Ces mesures répondent à une analyse de la situation bien éloignée de la réalité et contournent le vrai problème : celui des inégalités non seulement persistantes, mais qui se sont renforcées ces dernières années à cause de la politique du Gouvernement.

La suppression des emplois aidés en 2017, pourtant indispensables pour de nombreuses associations d’Aubervilliers, la diminution des subventions de la Politique de la ville, la baisse des APL, ou encore l’abandon en 2018 du «plan banlieue», qui aurait pu être un engagement fort en faveur de la Seine-Saint-Denis, en sont des exemples concrets.

Bien avant le rapport parlementaire de mai 2018 intitulé "La République en échec", le Défenseur des droits avait déjà attiré l'attention sur l’inégalité de traitement des habitantes et des habitants de la Seine-Saint-Denis.

La véritable priorité du Gouvernement devrait être celle de mettre un terme à ces inégalités et à réparer l’oubli dont Aubervilliers et la Seine-Saint-Denis ont fait l’objet depuis plusieurs décennies.

Une demande que j’ai formulée, aux côtés des maires de Stains, de Saint-Denis, de l’Ile-Saint-Denis et de Bondy, à travers la plainte contre l’Etat pour rupture d’égalité que nous avons déposée en septembre dernier.

Alors qu’Aubervilliers est sous les feux des projecteurs depuis plusieurs semaines, grâce notamment à l’aménagement des berges du canal, l’ouverture du Campus Condorcet, l’arrivée de la maison Chanel ou encore du métro en centre-ville, des voix continuent de s’élever pour la stigmatiser davantage en la présentant uniquement sous l’angle de la violence et de l’insécurité.

Bien que réelles, elles sont en majorité les effets d’une politique de renoncements successifs et d’abandon.

Je le réaffirme, les municipalités ne peuvent pas agir à la place de l’Etat.

Il ne faut pas y voir dans nos revendications une tentative de se défausser de certaines situations. Il s’agit de lui faire reconnaître ses missions régaliennes.

Cette stigmatisation touche aussi le corps enseignant qui, loin de vouloir fuir le département, exerce au quotidien son métier avec engagement et conviction, et ce depuis de nombreuses années.

Pour autant, quand il y a des conditions de travail qui se détériorent, quand on ne donne pas les moyens pour exercer efficacement les missions, quand il n’y a pas de revalorisation des salaires, on reste effectivement peu de temps.
Ce n’est pas une prime, aux critères d’attribution très flous, qui améliorera leur quotidien, mais bien une revalorisation des moyens avec la requalification de toutes les écoles d’Aubervilliers en REP+ et le remplacement des professeur·e·s.

En attendant, de nombreuses et nombreux enseignantes et enseignants continuent à se battre malgré les difficultés, et ce pour donner aux élèves les mêmes droits de réussite que dans les autres départements.

Notre municipalité, aux côtés de toutes celles et ceux qui luttent pour les droits, se mobilise pour l'égalité de toutes et tous.

Avec elle, je continuerai d’agir.

  

Mériem Derkaoui

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