Salarié·e·s de Mediapart, nous manifesterons aussi le 21 novembre

A la veille de la mobilisation contre la loi sécurité globale, des salarié·e·s de Mediapart affirment leur soutien à la manifestation et expliquent pourquoi ils seront présent·e·s à la manifestation.

Cette semaine, le projet de loi « sécurité globale » fortement contesté de toute part, est débattu à l’assemblée. Après une première manifestation réunissant plusieurs milliers de personnes à proximité de l’Assemblée Nationale mardi 17 novembre, des dizaines d’organisations appellent à un nouveau rassemblement ce samedi à 14h Place du Trocadéro à Paris.

Si de nombreux.ses journalistes dont celles et ceux de Mediapart appellent à se mobiliser et participer à cette manifestation, voyant en ce projet de loi, et notamment avec l’article 24, une atteinte grave à la liberté d’informer, nous, salarié.e.s non journalistes de Mediapart* manifesterons à leurs côtés et appelons le plus grand nombre à nous rejoindre.

En effet, la loi sécurité globale, véritable pot-pourri sécuritaire et répressif vise notamment (avec l’article 24) à empêcher la diffusion d’images permettant l’identification des forces de l’ordre. Si cet article met un frein direct au travail journalistique, il est tout autant problématique pour les citoyens, les vidéos amateurs permettant de révéler de nombreuses affaires de violences policières que ce soit dans les quartiers populaires, dans les manifestations ou aux abords des stades comme le précise Pascale Pascariello dans cet article ou comme en témoigne l’énorme travail réalisé par David Dufresne pendant le mouvement des Gilets Jaunes avec « Allô Place Beauvau »

La pression exercée par la police sur les auteurs de ces vidéos pourrait donc s’accentuer en plus d’y ajouter des peines judiciaires, que ces auteurs soient journalistes (avec ou sans carte de presse) - nous en avons déjà eu l’exemple mardi où plusieurs journalistes ont été interpellés ou violentés - ou bien envers les citoyens documentant ces dérives. Nous craignons donc que cette mesure renforce l’impunité policière.

Bien que l’article 24 soit le plus contesté, nous n’en demeurons pas moins inquiets concernant les autres, risquant de mettre à mal les libertés individuelles de chacun.e.s avec entre autre la généralisation de la vidéosurveillance et l’assouplissement des conditions de consultations ou bien avec la surveillance à l’aide de drones dans les manifestations par exemple. Mesures déjà pratiquées par la Préfecture de Paris et d’autres villes en France, comme à Lille pendant le mouvement des Gilets Jaunes.

En plus de la loi sécurité globale, le gouvernement Macron vient ajouter, en pleine crise sociale et sanitaire, de nombreuses mesures portant atteinte aux libertés fondamentales sous couvert de défense de la République, tout en jouant sur les peurs des citoyens pour faire accepter ces mesures et en accentuant les divisions entre la population. Les lois pleuvent, l'une réduisant l'accessibilité des associations aux subventions, l'autre souhaitant atténuer les oppositions actives sur les réseaux sociaux, une autre encore rendant passible de peines l'occupation des universités.

Face à toutes ces mesures qui inquiètent bon nombre de personnes au-delà de l’opposition, nous faisons donc le choix, pour défendre notamment la liberté d’informer mais aussi les autres principes fondamentaux, piliers de notre démocratie, d’apporter notre soutien à l’appel à joindre les manifestations partout en France et serons nombreux.ses à également y prendre part, aux côtés de nos collègues journalistes mais aussi de tous.tes les citoyen.ne.s qui se mobiliseront lors de cette journée qui s’annonce être importante.

*ce texte n'engage pas la totalité des salarié.e.s de Mediapart mais un collectif formé dans le but de communiquer et s'organiser autour de la mobilisation contre la loi sécurité globale.

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