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Billet de blog 11 janv. 2022

Pour une continuité de l’école et des services publics pendant la vague épidémique

Les interruptions de scolarité en primaire et secondaire creusent les inégalités sociales et sont préjudiciables à la santé mentale des enfants, des adolescents et de leurs parents. Médecins, sage-femmes, infectiologues, psychiatres, nous proposons des mesures d’urgence dont l’objectif sera de limiter les conséquences immédiates, pour les enfants, de la propagation actuelle du virus. 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les interruptions de scolarité en primaire et secondaire creusent les inégalités sociales et sont préjudiciables à la santé mentale des enfants, des adolescents et de leurs parents.

Actuellement, plus de 9200 classes sont fermées en France, notamment parce que des enseignants sont infectés ou s’occupent de leurs enfants en isolement. La contre-indication depuis lundi 3 janvier 2022 au brassage des élèves interdit la répartition dans les classes ouvertes des enfants privés d’enseignant. Mardi 4 janvier, certains enfants prioritaires ont finalement été acceptés par les établissements scolaires : il s’agissait des enfants de soignants, à l’exclusion d’autres métiers parentaux essentiels, comme les métiers de l’enseignement et d’autres secteurs de la fonction publique. Mardi 11 janvier, l’obligation de présenter un test initial réalisé par un professionnel connecté au système SIDEP pour réintégrer une classe où un élève a déclaré le COVID a été levée : cette amendement facilitera la continuité scolaire à condition que l’accès aux autotests soit garanti sur l’ensemble du territoire et leur distribution fluidifiée, mais il reste insuffisant.

Dans les écoles comme dans les mairies, les préfectures, les tribunaux et les commissariats de police, l’accueil du public et le fonctionnement de la justice sont entravés par l’absentéisme des agents.

Les personnels du secteur médico-social ont la possibilité de venir travailler lorsqu’ils sont vaccinés, infectés par le COVID et peu symptomatiques : nous demandons que cette possibilité soit élargie immédiatement aux enseignants et aux agents des services publics vaccinés asymptomatiques qui souhaitent venir travailler. Nous demandons également que leurs enfants soient prioritaires et répartis à ce titre dans les classes ouvertes lorsque leur enseignant est absent. Nous demandons aussi que tous les efforts soient réalisés pour que les établissements scolaires de tout le territoire disposent de tests antigéniques en fonction des stocks disponibles et que des volontaires puisse être habilités au sein des établissements pour accompagner cette vaste campagne de dépistage.

Ces propositions sont des mesures d’urgence dont l’objectif est de limiter les conséquences immédiates de la propagation actuelle du virus : elles n’exonèrent pas les pouvoirs publics de leurs responsabilités vis-à-vis d’un système de santé, d’une éducation nationale et d’un système judiciaire abimés par des années de financements au rabais. Le nombre insuffisant de remplaçants dans l’éducation nationale, avec des inégalités majeures entre les académies, explique en grande partie les discontinuités scolaires que la pandémie vient aggraver. Une refonte profonde et ambitieuse des services publics, au-delà du Ségur de la santé et des primes, devrait être une priorité de tout programme politique en vue des prochaines échéances électorales.

Signataires :

Docteur Pauline Penot, médecin interniste, cheffe de service du CEGIDD de l’hôpital de Montreuil, Seine-Saint Denis

Docteur Pierre-Etienne Manuellan, médecin directeur de la santé, ville de Montreuil, Seine Saint-Denis

Gaëlle Jacob, sage-femme coordinatrice du planning familial et du CEGIDD de l’hôpital de Montreuil, Seine Saint Denis

Audrey Guerizec, sage-femme de santé publique au CEGIDD de l’hôpital de Montreuil, Seine Saint-Denis

Docteur Valérie-Anne Letembet, médecin au CEGIDD et à la PASS de l’hôpital de Montreuil, Seine Saint Denis

Docteur Anne Simon, médecin au CEGIDD de l’hôpital de Montreuil et de la Pitié Salpêtrière, Paris

Docteur Aurore Malric, pédiatre, hôpital Delafontaine, Saint Denis, Seine-Saint Denis

Docteur Hugues Cordel, infectiologue, hôpital Avicenne, Bobigny, Seine Saint Denis

Docteur Nicolas Vignier, infectiologue et épidémiologiste, centre hospitalier de Cayenne, Guyane

Docteur Guillaume Gras, médecin interniste, centre hospitalier universitaire de Tours, Indre et Loire

Docteur Cédric Arvieux, infectiologue et réanimateur, centre hospitalier universitaire de Rennes, Président du COREVIH Bretagne

Docteur Pascal Pugliese, médecin à l’unité de virologie clinique du centre hospitalier universitaire de Nice, Président du COREVIH PACA-EST

Docteur Timothée Bonifay, médecin responsable de l'Unité sanitaire de la prison de Rémire, Cayenne, Guyane

Docteur Benoit Blanchard, pédopsychiatre, centre médico-psycho-pédagogique, Paris

Docteur Evguenia Krastinova, infectiologue, cheffe de service du CEGIDD et de la PASS, centre hospitalier intercommunal de Créteil, Val de Marne

Docteur Julie Bottero, infectiologue et médecin de santé publique, APHP

Docteur Florence Huber, médecin infectiologue, coordinatrice médicale de la Croix Rouge française, Guyane

Docteur Loriane Bellahsen, psychiatre, cheffe de service du centre Françoise Grémy, Paris

Docteur Mathieu Bellahsen, psychiatre et auteur

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