ITALIE 2 : Première occupation pour la fin de leur monde

Il semblerait que la police n'ait rien vu venir malgré les appels répétés à la RIO (Rébellion Internationale d'Octobre) lancés par le collectif Extinction Rebellion France.

 

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Il semblerait que la police n'ait rien vu venir malgré les appels répétés à la RIO (Rébellion Internationale d'Octobre) lancés par le collectif Extinction Rebellion France. L'action présageant la semaine à venir, qui se tenait le samedi 5 octobre, affichait clairement à travers une tribune parue jeudi dernier sur Reporterre, Regards et Lundi Matin une ligne politique anticapitaliste et une convergence en acte de collectifs Gilets Jaunes, écolos et des quartiers populaires (1).

ON PREND ITALIE DEUX !

Ce 5 octobre donc, à 10h15 précises, des centaines de personnes sont entrées dans le centre commercial Italie 2 avec la ferme intention d'en interrompre le fonctionnement et d'y ouvrir une éphémère maison du peuple (1). Les groupes d'activistes se coordonnent pour déployer des banderoles à la porte ouest, tandis que les différentes entrées sont verrouillées par les personnes s'occupant du blocage, puis barricadées avec des palettes rapportées de l'extérieur par une troisième équipe.

Des équipes s'auto-constituent pour neutraliser les premières caméras avec du scotch, des auto-collants et de la peinture (ce qui a donné lieu à un spectacle amusant, lorsque des militant-e-s ont essayé d'atteindre une caméra particulièrement lointaine avec un rouleau à peinture bleue attaché au bout d'une perche longue de plusieurs mètres), alors que les participant-e-s affluent en masse depuis le parvis. Le temps est comme suspendu : des chants résonnent, repris en cœur dans cet immense et lumineux hall de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, à l'acoustique amplificatrice. Plusieurs d'entre nous s'étonnent de la facilité avec laquelle il est possible de mettre à l'arrêt un tel lieu. A l'intérieur, on s'en félicite pour se donner du courage et imaginer la suite.

Une partie du centre commercial est désormais immobilisée : les grilles donnant l'accès au reste de l'immense bâtiment sont fermées et l'occupation commence. En priorité se posent les questions de la défense collective face à la police et surtout de la vie commune sur place. Des toilettes sont ouvertes en forçant la porte d'un local de théâtre. En bas, de savoureux cookies sont cuits par les occupant-e-s, grâce à du matériel (fours, stocks de pâte à cookies de plusieurs kilos) abandonné au moment de la prise du lieu.

Alors que cet espace était conçu pour des plaisirs uniquement marchands, la réappropriation par les militant-e-s en a fait un lieu de vie et d'échanges où prenaient place des initiatives collectives plus intenses. Tant les chants et les slogans entonnés par les occupant-e-s que les opérations plus pratiques de fléchage et d'ouvertures de toilettes ont permis la mise en place d'une ambiance entraînante et puissante ; mais aussi sereine et enjouée, propice à des activités aussi variées que la méditation, la danse, la lecture ou les siestes perchées dans des hamacs suspendus aux poutres de la façade nord.

L'occupation a rendu à ce lieu aseptisé et froid ce dont sont dépourvus nos quotidiens : la vigueur et la spontanéité d'une vie collective s'organisant de manière organique et débordant les limites autoritaires de l'imaginaire capitaliste. Comme à chaque fois qu'on se réapproprie de l'espace et du temps, le politique, qui attendait là son heure, rejaillit de toutes parts, et tout redevient objet de débats, de contestation et d'expression. Il n'est dès lors pas étonnant que la publicité et les enseignes commerciales aient les premières fait les frais de notre entrain.

Preuve d'une volonté d'auto-gestion et d'un désir de faire émerger et se confronter différentes visions politiques et stratégies d'occupation, des A.G. (Assemblées Générales) se sont succédées tout au long de la journée. Chaque groupe affinitaire avait un-e référent-e qui faisait le lien entre les différents cercles de débats. Son but n'étant pas de prendre des décisions uniques obligeant tout le monde, elle permettait néanmoins de rendre compte des dynamiques globales au sein de l'occupation et est devenu un espace privilégié de partage des informations.

Mis en avant dès les premières prises de parole, le care (aussi appelé "soin" : attention particulière prêtée à chacun-e), l'inclusivité, la bienveillance, ont permis de faire de ces A.G. des lieux d'expérimentation de l'autogestion, notamment en permettant la répartition efficace des bloqueur-euse-s. Cependant, ces espaces de discussion tendaient sur la fin à se couper des réalités du blocage et des situations d'urgence dues aux risques d'intrusion policière.

"POST-NON VIOLENCE" ET COMPRÉHENSION MUTUELLE

Cette occupation, au cadre d'action ouvert et évolutif (qui contenait lui-même la possibilité d'être rediscuté en AG), est une avancée importante dans la tenue d'actions de désobéissance civile, ordinairement organisées par un militantisme écologiste encore très hiérarchisé. Il n'est pas inutile de rappeler qu'elle a été pour ces raisons l'objet de nombreuses pressions de la part de militant-e-s se revendiquant de la non-violence (2). En particulier, d'autres militant-e-s XR ont même été jusqu'à s'imaginer se désolidariser de cette occupation sous prétexte que l'absence d'un consensus non-violent strict donnait une mauvaise image au mouvement.

Comme lors de toute action de contestation rassemblant des personnes très diverses, il circulait depuis quelques jours des rumeurs concernant l’infiltration supposée de l'action par « des casseurs ». Les personnes ayant participé à lancer ces rumeurs cherchaient-elles à diviser la lutte pour exclure un certain nombre de personnes ou bien exprimaient-elles tout simplement une peur de pratiques politiques mal connues, ignorant au passage qu’elles reprenaient mot pour mot les éléments de langage de la Préfecture de Police ?

Finalement, leurs craintes se sont révélées sans fondement réel, sachant qu'aucune des personnes présente dès le matin, même celles et ceux habitué-e-s aux actions plus spontanées, n'a remis en question l'esprit de convergence et les objectifs tacitement accepté-e-s par tou-te-s (occuper le lieu pendant le plus longtemps possible et de ne "dégrader" (sic) que de manière à permettre aux occupant-e-s de s'y sentir plus libres et en sécurité). La question d'entraver plus sérieusement et pour plusieurs jours le fonctionnement du centre commercial a pu se poser par la suite, lorsqu'il est devenu évident que les occupant-e-s n'allaient pas y rester, mais ceci est un autre débat.

Ce n'est pas à nous de justifier, ni de condamner le choix des pratiques militantes, fruit des délibérations collectives, mais aussi des circonstances particulières. A rebours de ces débats de fond si facilement clivants tant qu'ils restent hors-sol, des militant-e-s se revendiquant soit de la non-violence soit de la "non-non-violence" ont trouvé réjouissant le dialogue émergeant de cette occupation.

Ainsi les vitrines des commerces et les murs sont devenues un endroit de libre expression, de discussions - certes quelquefois enflammées - entre participant-e-s et même de témoignages personnels. Certains tags, aux messages politiques jugés contre-productifs ou trop "violents" par les personnes ayant endossé le rôle de médiateur-ice-s (3), ont fait débat et abouti à des échanges fructueux avec des militant-e-s libertaires.

On peut se réjouir que ces discussions soient allées dans le sens d'une compréhension mutuelle ; sans compter que, occupation oblige, la nécessité de se trouver ensemble sur un même lieu avec comme objectif commun de le tenir fermement en a réuni plus d'un-e. Certain-e-s que l'on avait vu se crêper le chignon au sujet d'une banderole "radicale" (« Écologie radicale : mort au capital ») se trouvaient l'instant d'après occupé-e-s à nettoyer dans une ambiance bon enfant les salades rapportées de l'extérieur à la cantine autogérée.

UNE DIVERSITÉ NOUVELLE QUI FAIT SES PREUVES

Après avoir bouffé à la même cantine autogérée, pissé dans les mêmes chiottes bricolées, discuté assis en cercle aux mêmes AG, repoussé le soir coude à coude la même charge de la BI (brigade d'intervention), ces personnes dotées d'une volonté similaire de résister face au système ont montré qu'elles sont tout à fait capables de s'organiser et vivre ensemble, et d'aller au-delà de débats clivants et incapacitants tels que celui sur la non-violence dans lesquels on voudrait les maintenir enfermées.

C'est ce qui a fait toute la force et la beauté de cette occupation, marquant une nouvelle étape essentielle dans la construction de la convergence entre les mouvements. Paradoxalement, c'est pourtant ce qui a causé la désertion de cette action par les associations traditionnelles de "désobéissance civile" appartenant à l'inter-orga climat (exceptées Youth for climate IDF, RadiAction et évidemment Extinction Rebellion).

A toutes les autres donc, qui voudraient nous vendre la convergence en discours mais jamais en acte, nous aimerions dire qu'elles ont manqué un moment historique de soutien et de respect mutuel. Chaque groupe a apporté sa patte et ses pratiques et contribué à nourrir cette rencontre : les un-e-s apaisant les tensions, les autres permettant d'ouvrir des espaces "safe", d'autres encore participant activement à la construction des barricades, et finalement, chacun-e s'essayant avec curiosité à la tactique de l'autre.

Si nous avions déjà eu un avant-goût, lors des manifestations du 20 et 21 septembre, de l'intérêt que représentait le fait de permettre à une diversité de tactiques de se déployer au sein d'une même lutte, cette occupation du 5 octobre nous a conforté dans le bien-fondé de cette stratégie. C'est au moment de la tentative d'intrusion de la police, vers 21h, que nous nous en sommes pleinement rendu-e-s compte.

LES VERT-E-S REPOUSSENT LES BLEUS

La police a fait le choix d'attaquer à deux endroits en même temps : au niveau d'une porte du deuxième étage, à proximité du Nature et découvertes, et au rez-de-chaussée, à la jonction entre les parties occupée et non occupée du centre commercial. Au deuxième étage, alors qu'un peace keeper (médiateur non-violent) criait "On s'allonge!" à la vue des petites têtes de la police, croyant l'affaire déjà perdue, d'autres s'engageaient dans une défense active, et non passive comme peut l'être par exemple un die-in. Ainsi, aux "NIQUE LA POLICE" répondaient des "NON-VIOLENTS !", le tout dans un même but : faire en sorte que la police n'entre pas.

Des gens commencèrent à barricader la porte avec leurs corps et ce qu'ils trouvaient sur place. Rapidement, du mobilier est apporté pour consolider la barricade, et les résistant-e-s s'appuient de toutes leurs forces contre l'infrastructure afin de contenir la poussée des usagers-autorisés-de-la-violence-légitime. Les parapluies sont employés pour arrêter les jets de lacrymo en spray, qui brûlent les yeux et gorges des barricadier-e-s, peu équipé-e-s pour résister à ces produits.

La coopération permet à l'opposition de tenir : les résistant-e-s asphyxié-e-s par la lacrymo crient "RELAIS", d'autres viennent les remplacer sur la barricade. Une bâche est finalement amenée et contient encore mieux les jets de lacrymo, des slogans sont entonnés pour se redonner du courage, depuis les lénifiants "policiers doucement on est là pour vos enfants", aux rageux "tout le monde déteste la police". Alors que l'assaut est en passe d'être repoussé, un énorme "Justice pour Adama !" se lance. Tout le monde reprend alors ces mots devenus symboles de l'impunité policière, qui résonnent dans l'immense hall d'Italie 2. (4)

Évidemment, tout n'était pas aussi épique et galvanisant que cet épisode un peu spécial qui a offert une expérience précieuse de lutte commune. Bien des points sont encore à revoir et des aspects de la gestion de la vie sur place restent à améliorer.

QUELQUES LIMITES : RACISME, HOMOPHOBIE, VIRILISME

Une équipe autoconstituée de peace-keepers non-violents délivrait des briefs obligatoires à l'entrée, prétendant que l'action était absolument non-violente, les dégradations interdites, et qu'il fallait être à visage découvert alors que rien de tel ne figurait nulle part. Si ce discours a pu être porté en AG, l'assemblée s'est cependant accordée sur le fait qu'il fallait laisser entrer tout le monde et que les décisions tactiques revenaient à l'appréciation des groupes affinitaires. De manière générale, certain.e.s peace-keepers prenaient un peu trop à cœur leur fonction en se donnant le droit de contrôler, poursuivre et moraliser toute personne se protégeant le visage, s'aventurant dans des couloirs inexplorés ou simplement suspecte à leurs yeux.

Heureusement ces personnes qui souhaitaient imposer leur "consensus" (sic) étaient en minorité, et un équilibre a rapidement pu s'opérer entre les différentes manières d'opérer. L'heure n'est donc plus à l'opposition des tactiques, mais bien à leur mise en complémentarité ; non plus à l'opposition des bon-ne-s et des mauvais-es manifestant-e-s, mais à l'ouverture de cercles pour débattre et s'informer sur les pratiques des un-e-s et des autres.

Nous sommes particulièrement choqué-e-s que des personnes aient été empêchées d'entrer dans l'occupation, c'est-à-dire, qu'un odieux contrôle au faciès raciste se soit mis en place (5). Un autre témoignage déconcertant d'une participante fait état du virilisme de certains bloqueurs, visiblement peu expérimentés dans les actions de l'occupation et qui cependant ont trouvé légitime de se précipiter sur les points d'entrée tout en repoussant des militantes. Des tags ou slogans aux connotations homophobes ont aussi pu être aperçus ou entendus à quelques reprises (ce qui était doublement inacceptable dans ce contexte, alors qu'une partie de l'occupation s'est faite sous la belle banderole du Comité de Libération et d'Autonomie Queer "QUEER VNR").

Même si nous sommes bien évidemment attristé-e-s et révolté-e-s par le racisme, le virilisme et l'homophobie internalisés au sein des milieux militants, nous sommes aussi conscient-e-s de la lenteur du processus de déconstruction de ces réflexes malsains, essentielle à nos luttes. Nous appelons, comme toujours, les militant-e-s témoins ou victimes de ces actes et paroles d'en parler si possible, et aux autres de regagner en vigilance pour que nos espaces de contestation du capitalisme et de l'autoritarisme soient réellement inclusifs vis-à-vis de celles et ceux qui en subissent en premier lieu les impacts.

UNE AUTO-ÉVACUATION QUI POSE QUESTION

L'occupation a fini par s'évacuer suite à une prise de décision collective lors de la dernière AG de 2h30, quand il a paru évident que les militant-e-s ne seraient plus en nombre suffisant pour tenir le lieu face à une éventuelle deuxième intervention policière. Rien ne permet d'affirmer que cette décision spontanée résulterait d'une négociation entre la Préfecture de Police et Extinction Rebellion comme des rumeurs infondées ont pu le suggérer par la suite.

En effet, à partir de 00h30, l'AG a déclaré l'autonomie du lieu devenu de manière éphémère la Commune Libre d'Italie 2. Bien qu'elle ait permis d'assurer une action réussie et sans arrestation, cette auto-évacuation questionne cependant les termes de l'engagement commun, alors même que les participant-e-s étaient initialement invité-e-s et préparé-e-s à y passer la nuit.

L'explication de ce départ concerté du lieu s'explique certainement par la difficulté de tenir une occupation dans la durée dans un lieu aussi inadapté à la vie en collectivité qu'un centre commercial (pas de cuisine, de lieu pour dormir, etc., contrairement aux lieux choisis pour les maisons du peuple de Caen ou de Saint-Nazaire). Peut-être, a-t-on cru un peu naïvement qu'il était possible de mener à la fois une action de blocage économique et l'installation d'une maison du peuple. La fin de cette occupation prouve qu'il faut mieux déterminer ce choix.

Mais à celles et ceux qui ont fait le choix de partir, que ce soit pour rentrer se reposer avant la semaine de RIO, par amour pour les manifestations de nuit, ou simplement à qui cela semblait suffisant comme ça, même si nous pouvons être déçu-e-s que l'occupation n'ait pas tenue une semaine, nous aimerions finalement dire UN GRAND MERCI.

DES ALLIANCES PUISSANTES POUR L'AVENIR DU MOUVEMENT

Nous saluons les Bordelais-e-s qui ont aussi bloqué un centre commercial, les Toulousain-e-s qui ont fait une belle manifestation, et les Anglais-e-s d'Extinction Rebellion qui ont été arrêté-e-s préventivement par la police avant le début de la RIO. Après la mollesse regrettable des marches climat, tous les signes indiquent qu'un mouvement plus déterminé, indistinctement "écologique et social", est en train de naître.

Quant à nous, le 5 octobre, nous n'avons en fin de compte bloqué qu'une partie d'un centre commercial, et pendant à peine 24h. Pendant ce temps-là, des milliers d'autres centres commerciaux ont continué de tourner, et une économie entière a poursuivi sa massive mise à sac de ce qu'il reste de nature, de vie, et de dignité humaine sur cette terre. Sans être grisé-e-s, nous pouvons néanmoins être heureux-ses de ce que nous avons accompli.

Ce que nous avons expérimenté au cours de cette "dernière occupation", que nous espérons être la première d'une longue suite, c'est notre capacité à dépasser les clivages sociaux et les dogmatismes militants, mais c'est surtout notre immense puissance collective. Seul-e-s dans les "isoloirs" sociaux que sont nos maisons, nos lieux de travail et nos supermarchés, nous ne pouvons rien et nous sommes insignifiant-e-s. Mais lorsque nous sommes réuni-e-s, à plusieurs centaines voire milliers, nous sentons notre force et la joie qu'il y a à l'exercer contre nos ennemis, et à nous coordonner pour discuter, manger, boire, agir, vivre et cohabiter ensemble.

Ces alliances nouvelles qui ont été actées le 21 septembre et le 5 octobre, entre gilets jaunes, quartiers populaires et écologistes sont le seul moyen de construire un véritable contre-pouvoir populaire. Nous tenons à ce que toutes les actions et manifestations à venir soient organisées sur la base de ces alliances, car ce n'est que sur cette base qu'une démocratie directe et inclusive devient possible, et qu'un renversement des obstacles à un monde plus juste et moins destructeur devient probable.

(1) Tribune de la "dernière occupation avant la fin du monde" : https://reporterre.net/Nous-ne-demandons-rien-a-l-Etat-nous…

(2) De nombreux messages, que ce soit en interne sur les réseaux de communication de XR ou publiquement via des posts facebook, ont participé à nourrir les inquiétudes et les fantasmes à propos de cette action, dans laquelle certain-e-s voyaient même un appel à la violence.

(3) Aussi appelés "Peace Keepers" sur les actions de désobéissance civile : souvent en chasuble fluo pour être distinguées des autres, il s'agit des personnes théoriquement chargées d'expliquer l'action aux personnes extérieures et de veiller à apaiser les tensions entre manifestant-e-s et non manifestant-es. Malheureusement, certain-e-s conçoivent plutôt ce rôle comme une sorte de service d'ordre interne aux manifestations et aux actions, chargé de faire respecter, c'est-à-dire d'imposer à tous et toutes, un "consensus" (sic) strictement non-violent : pas de personne masquée, pas de graffitis, pas de gros mots ni de slogans "haineux", etc.

(4) https://twitter.com/i/status/1180612959409725440 (lien vidéo expulsion). Autre récit (blocage non violent en se tenant les bras + échec de la BI avec son matos) : https://twitter.com/i/status/1180581461943930881 (lien vidéo)

(5) On nous a rapporté que des camarades racisé-e-s ont été empêché-e-s de rentrer dans l'occupation par un barrage filtrant. Si vous avez été témoin de ce genre de scène, nous vous invitons à nous le faire parvenir par message.

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