La jeunesse pour le climat soutient la jeunesse pour Adama

La Jeunesse pour le climat appelle a la Mobilisation nationale: VERITE ET JUSTICE en solidarité avec la jeunesse anti-raciste.

tribune


Toute une génération de jeunes assigné.es à une identité raciale non-blanche se soulève contre un pouvoir qui les étouffe, dans tous les sens du terme. « Laissez nous respirer » était déjà un mot d'ordre scandé en janvier par de nombreux collectifs luttant pour obtenir justice et vérité face aux meurtres de la police*. Depuis l'assassinat de George Floyd par la police américaine et les soulèvements qui l'ont suivi, la question des violences policières est entendue, après des années de mise au silence et d'intimidation.

Ces révoltes trouvent un écho important en France, où, le 2 juin 2020, le parvis du Tribunal de Grande Instance de Paris a été inondé par une « marée humaine » répondant à l'appel du comité La Vérité pour Adama – 20 000 participant.e.s selon la Préfecture de police, 80 000 selon les
organisateur.ice.s. Au meurtre d'Adama Traoré lors de son interpellation en 2016, l’État répond par un déni de justice grossier et des persécutions politiques à l'encontre des membres de la famille Traoré.
Cela illustre la brutalité et les humiliations subies par les jeunes issu.e.s des minorités visibles.

Même si les contextes diffèrent, la Commune nouvellement instituée du Capitol Hill de Seattle – qui revendique l'abolition de la police et de la justice punitive, mais aussi des mesures en matière de logement, de santé et d'éducation pour tous.tes – a rappelé que la lutte menée cherche avant tout à aboutir en une nouvelle manière de vivre, plus respectueuse des vivants et de leur milieu.

Les grèves scolaires pour le climat ont été médiatisées et entendues. Nous étions salué.e.s, le traitement médiatique était bienveillant. Nous étions vu.es comme des jeunes responsables, manifestant pour la première fois pour obtenir un monde vivable, respirable.

Depuis quelques semaines, des jeunes se mobilisent aussi, souvent pour la première fois, pour obtenir de ne plus être tué.es par la police, pour pouvoir respirer et pour vivre dans un monde vivable.
Le traitement médiatique n'est pas le même : il est nettement plus malveillant.

A l’époque des luttes décoloniales en Indochine, Frantz Fanon remarquait justement que les colonisé.es ne se révoltaient pas à cause d’une « culture » spécifique, mais « parce que "tout simplement" il [leur] devenait, à plus d’un titre, impossible de respirer. »

Si nous nous battons avec la jeunesse anti-raciste et si nous lui apportons notre soutien, c'est parce que notre lutte n'a de sens que si elle permet à toutes et tous de pouvoir vivre et respirer. Face aux tentatives de récupération des jeunes indigné.e.s, nous rappelons que notre révolte n'est pas une marchandise. Une jeunesse unie face aux violences d'une police raciste sera présente samedi 13 juin, Place de la République à Paris, répondant au deuxième appel du comité La vérité pour Adama.

Avec Youth For Climate Paris

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.