500 personnes à Paris révoltées par les feux en Amazonie

Suite à un appel international, Youth For Climate (YFC) et Extinction Rebellion (XR) ont appelé à un rassemblement non déclaré devant l'ambassade du Brésil pour protester contre l'inaction du président Bolsonaro.

 

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Dès 13h30, des personnes commencent à affluer, dont beaucoup de journalistes - TF1, AFP, RT, France TV, Reuters, M6, France Inter, BFM. Très vite, plus de 500 personnes sont rassemblées et les slogans commencent : "et 1 et 2 et 3 degrés" ou, un peu plus encourageant "On est là, même si Bolsonaro veut pas nous on est là". Drapeaux XR, t-shirt d'Alternatiba, gilet jaune et tout-venant se côtoient.

 

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 Tout le monde semble révolté autant par le désastre écologique que par la situation des indigènes dont le milieu de vie part en fumée. Plusieurs banderoles insistent aussi sur le lien entre la culture du soja pour l'élevage et la déforestation. Des militantes de Boucherie Abolition, seins nus et mégaphone en main, font un happening pour souligner ce lien et appeler à la fin du système patriarcal, capitaliste et de ce fait écocide.

Macron, lui, a profité du G7 pour faire un coup de communication politique en accusant Bolsonaro d'avoir "menti" au sujet de ses engagements écologiques : aurait-il cru à la sincérité de Bolsonaro, climato-sceptique officiel ? Si Macron annule l'accord avec le Mercosur, il lui reste à annuler plein d'autres accords commerciaux, avec le Canada qui agrandit des oléoducs (CETA) ou le JEFTA (Japon), pour nommer les plus récents !

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Vers 16h30, un organisateur du rassemblement insiste sur le fait que chacun peut faire ce qu'il veut, mais que le rassemblement est sommé de se disperser par les CRS. Tout le monde quitte les lieux dans le calme.

On ne peut que se réjouir que 500 personnes, en période de vacances, réussissent à se mobiliser en moins de 36h. On peut aussi se réjouir d'entendre des slogans gilets jaunes, de voir certains en porter, de voir converger les luttes antispéciste, féministe et écologique. Au moment de se disperser certains semblent satisfaits mais auraient aimé voir plus de monde. D'autres pensent qu'il aurait fallu que ça dure, ou qu'il y ait de l'action plutôt que des prises de parole.

Ce qui est sûr, c'est que les feux de forêt ravageurs ne sont pas prêts de s'arrêter, que cela soit en Amazonie, en Afrique subsaharienne, en Sibérie, en Grèce ou ailleurs, dans les mois et années à venir. Et si ce genre de rassemblement était appelé à se multiplier, à se prolonger, à durer toute la nuit, à prendre d'autres formes ? On ne peut que l'espérer, c'est un climat de révolte dont nous avons besoin !

Petit point "le saviez-vous ? écolo". C'est parfois normal qu'une forêt brûle, celui lui permet de se régénérer ; les forêts dites pyrophytes tirent profit de petits incendies naturels qui ne les détruisent jamais entièrement. Ce qui n'est pas normal, c'est que les incendies qui se multiplient aujourd'hui ne sont pas d'origine naturelle, mais capitaliste : leur intensité et leur nombre est dû à la fois au réchauffement climatique et à un système agricole qui trouve plus profitable de tuer la forêt que de composer avec elle.

Notez bien que le capitalisme, lui, n'est pas une forêt pyrophyte : il ne se regénère pas si on le crame. Ou du moins difficilement. Il y a peut-être là une voie à explorer.

 

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