De "Louise" on manque et on ne manque pas.

J'ai ré-entendu aujourd'hui cette chanson, au hasard de la lecture aléatoire de mon lecteur MP3. Au milieu de tubes insipides qu'on nous serine sur les ondes, elle m'est revenue, comme à chaque fois, de mon enfance. Elle n'a pas fait un gros tube, et elle n'est pas vraiment "resté", mais je l'ai toujours aimée, et je me souviens d'autant plus facilement combien elle me serrait à l'époque le cœur... qu'elle continue de me le serrer presque tout pareil aujourd'hui. 

Louise

 

 

 

Bien que d'un tout autre style, cette chanson me fait penser au "Jaurès" de Brel. Et comme la période est aux commémorations : oui, ils ont trinqué ceux qui nous ont précédés. Et non, il ne fait pas l'oublier.

 

Des chansons comme celle-là (ou, plus encore sans doute, comme le "Jaurès" susmentionné), c'est pas que que je veuille jouer au vieux con (mais on joue ce qu'on peut...), mais je trouve que ça manque.

"Y'a cinquante ans, c'était en France
Dans un village de l'Allier
On n'accordait pas d'importance
À une servante sans fiancé"

Par là je veux dire : le type de chanson nous manque, mais des "Louise" comme celle de la chanson, ça, on n'en manque pas. Elles ont changé, bien sûr, elles sont femmes de ménage, caissière en hypermarché, elles sont toutes ses "travailleuses pauvres" ou sans travail du tout... Louise c'est devenu les "chomeurs-qui-profitent", les "mères-célibataires-qui-vivent-des-allocs", les "immigré(e)s-qui vivent-aux-crochets-d'la-société"... Tou(te)s ces prolos qu'on désigne comme les responsables de l'état financier du pays (comment ça: "c'est la faute aux banquiers"?). 

En fait, je ne suis pas si sûr que ça qu'on leur accorde beaucoup plus d'importance que "y'a cinquante ans".

 

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