Lettre ouverte à Mélenchon –qui n'en aura sûrement rien à foutre, mais que j'ai écrite quand même!

Cher Jean-Luc Mélenchon,

Je suis assez lucide pour savoir que tu n'as pas de conseil à recevoir d'un plouc, mais pas assez résigné pour ne pas écrire tout de même ce petit mot sur mon blog (un peu négligé, ces temps-ci), même s'il ne sera lu que par une demi-douzaine de lecteurs (en étant optimiste)... dont tu ne seras évidemment pas.

Je sais bien qu'il y a des choses vachement graves qui t'occupent pas mal, et qui concernent le fond des choses, alors que moi c'est d'une question de forme que je vais causer. Mais ce n'est pas rien la forme, je ne vais pas t'apprendre qu'il faut que tu y prêtes grande attention. Et là, je ne sais pas comment te dire ça, mais franchement tu as déconné.

Qu'est-ce qui t'as pris de venir nous vanter la "cohérence intellectuelle" de Sarkozy? Pourquoi pas celle du FN tant qu'on y est?

Bien sûr, bien sûr, je pense comprendre la stratégie, tout plouc que je suis : le truc, c'est de tacler Hollande, de le disqualifier et de désigner Sarkozy comme l'adversaire sérieux, c'est ça? Comme une façon de dire: "Le gusse, au moins, il annonce la couleur: il est de droite, et il promeut une politique et des valeurs de droite ; pas comme l'autre clown, élu sur un programme de gauche et qui mène depuis une illisible politique à droite, n'ayant de cesse de montrer comme LePen n'a pas tout faux avec sa théorie de l'UMPS."

Si c'est bien ça l'idée, je t'accorde volontiers que le tacle en question, Hollande l'aura bien mérité. Mais je ne vois pas, par contre, pourquoi tu le fais au bénéfice de Sarkozy : lui, il ne l'a sûrement pas méritée, cette belle sortie sur sa "cohérence"! 

La prochaine fois que tu veux te payer Hollande et le traiter comme il le mérite, fais-le directement, pas avec une allusion détournée qu'on aura toutes les peines du monde à décrypter. Tu ne parles pas que pour un petit cercle de journaleux experts en com' ou pour des miltants aguerris, qui auront  les outils pour te lire entre les lignes. Pense aux ploucs, merde! Et vu de mon bout de lorgnette de plouc, je te jure que ça fait drôle d'entendre ça dans ta bouche.

Amicalement, quand même!

Deus Aderit.

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