Effet Bygmalion : purges staliniennes sur les pages UMP de Wikipedia

Depuis quelques semaines, la chargée de communication de l'UMP et ses alliés au sein de Wikipedia font des pieds et des mains pour que l'affaire Bygmalion soit évoquée le moins possible sur la page dédiée à Jean-François Copé.

Depuis quelques semaines, la chargée de communication de l'UMP et ses alliés au sein de Wikipedia font des pieds et des mains pour que l'affaire Bygmalion soit évoquée le moins possible sur la page dédiée à Jean-François Copé. Numérama avait évoqué dès le 6 mars le verrouillage de la page.

Le 24 mai, un fidèle de la chargée de com argumentait encore sur la page de discussion de l'article  il y a eu jugement, condamnation(s), impacts sur la vie politique de Copé ?? Non, rien de tout ça, vous pouvez parler de « grave », ça n'est à ce stade que votre avis personnel, qui n'a pas à faire autorité sur Wikipédia.. Hier la messe était dite, mais Celette, la chargée de com, s'oppose à la mention de la démission demandée de Copé : Nous sommes sur une encyclopédie, pas un journal, et le titre de l'article est « Jean-François Copé », pas « Jean-François Copé dans l'affaire Bygmalion ». Nous ne sommes pas non plus sur un site d'investigation, il n'est donc pas nécessaire de faire le récit au jour le jour de ce qui est en train de se passer. Ca s'appelle avoir du recul.   Un peu plus tard dans la nuit,   elle continue de tempérer, et encore, à condition que l'affaire soit traitée sur une autre page : Je ne suis pas fondamentalement pas contre un article mais attendons de voir les suites judiciaires données pour juger du donné encyclopédique de la chose.

Exigence légitime diront (et ont dit) certains : Wikipedia n'est pas un site de news, il convient de ne pas anticiper et d'avoir des sources analytiques avant d'insérer des évènements quelquefois relevant du détail. Sauf que... lorsqu'on voit la couverture médiatique de l'affaire, et le terme de séïsme couramment employé, on n'est plus là dans l'ordre du détail. Et mieux encore : pendant qu'il est urgent d'attendre pour parler des conséquences de cette affaire sur la page dédiée à Jean-François Copé, quelques contributeurs se sont empressés avant un nouveau verrouillage d'insérer pour les uns quelques lignes sur l'affaire, et de reléguer en second plan le poste de président de l'UMP tenu par Jean-François Copé.  Quand aux dates et aux sacro-saintes sources, n'en parlons pas : ainsi Copé a démissionné "en juin 2014" dans l'introduction, tandis que dans le corps de l'articleLundi 26 mai, Jérôme Lavrilleux, [...] dédouane le président de l'UMP71. Jean-François Copé démissionne le lendemain et est remplacé par une direction collégiale transitoire. avec soigneuse omission de tout renvoi vers une source quelconque pour cette démission plus ou moins volontaire.

Plus fort encore, toutes les pages des dirigeants de l'UMP ont été ainsi toilettées. Plus de trace de la démission de Copé dans le cadre de présentation (l'infobox en jargon wikipédien) de la page UMP : Pas pour l'infobox décrète la chargée de com. La barre de navigation de l'UMP (palette en jargon wikipédien) a été expurgée de la ligne sur les vice-présidents de l'UMP, avec disparition de Henri de Raincourt, Jean-François Lamour, Hervé Gaymard et autres. Le titre de vice-président devient non grata dans l'introduction de Thierry Mariani, un début de guerre d'édition s'engage entre un administrateur et deux contributeurs, dont Celette , la chargée de com,  pour insérer, en contradiction avec les principes défendus par la même,  la date future de démission des dirigeants sur les mêmes membres de la direction de l'UMP. Et Jean-François Lamour, Bernard Perrut, et les autres sont exclus du Portail de l'UMP   ou, comme dans le cas de Jean-Pierre Audy, ne donnent plus accès à la barre de navigation du parti.

Le tout dans une quasi-indifférence générale, seuls deux contributeurs, dont un administrateur, s'inquiétant vaguement de la situation, en se contentant de relever la question des dates futures,   sans aller jusqu'à oser contredire trop fort la chargée de com Mais bon... .  Quand à ceux qui ont osé argumenter trop longuement, ils sont menacés de sanctions au prétexte du respect de la bonne foi

 

Wikpedia, encyclopédie en ligne neutre, mais plus neutre pour certains !

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