Syrie: ingérance militaire française et censure gouvernementale

                                                                            

                                                                                        

 

La télévision publique syrienne a confirmé, samedi 3 mars 2012 à la mi-journée, les informations publiées deux semaines plus tôt par le Réseau Voltaire : l’Armée nationale syrienne a fait prisonniers 18 agents français à Homs et un 19e à Azouz. Cette confirmation indique que les négociations engagées entre Paris et Damas se sont soldées par un échec et que la Syrie a décidé d’augmenter la pression sur la France en portant l’affaire sur la place publique. Depuis le 14 février, nos informations ont été abondamment citées et commentées dans la presse internationale, sauf en France. Cela peut s’expliquer par la difficulté des médias français de vérifier des faits aussi sensibles. La presse turque a confirmé l’arrestation du 19e agent français en expliquant que 4 agents turcs avaient été arrêtés avec lui, ceci alors même qu’Ankara s’était engagé le 7 février à retirer tous ses agents en échange de la restitution de 49 prisonniers. À la télévision libanaise Al-Manar, Mohammad Dirar Jamo a rapporté un échange entre le ministre français des Affaires étrangères et son homologue saoudien en marge de la conférence de Tunis. Le prince Saud al-Faysal bin Abd al-Aziz Al Saud déplorait que la France n’ait pas reconnu le Conseil national syrien comme seul représentant légitime de la Syrie. Alain Juppé lui aurait alors répondu : « Si je fais, qui nous rendra nos soldats ? » Ci-dessous un exemple de traitement en anglais par Russia Today : Quoi qu’il en soit, la presse française de ce matin reste silencieuse alors que ces informations sont maintenant publiques. Cette attitude atteste du rétablissement de la censure militaire en France. Ce dispositif, qui était la norme durant la guerre d’Algérie, il y a un demi-siècle, avait permis au courant impérialiste de cacher à la population des événements historiques qui ne furent intégrés dans la conscience nationale que des décennies plus tard (par exemple le massacre des Algériens dans Paris, le 17 octobre 1961). La question qui se pose est de savoir si le président Sarkozy a rétabli la censure militaire pour des motifs d’intérêt national ou pour des raisons personnelles, c’est-à-dire pour éviter de devoir rendre compte à ses concitoyens de la guerre secrète qu’il conduit contre la Syrie en violation de la Constitution. Les Français éliront un nouveau président lors d’un scrutin à deux tours, les 22 avril et 6 mai 2012. Voltairenet.org

 

Et voici l'article du quotidien anglais The Telegraph du 5/03/12:

Thirteen French officers have been captured by Syrian forces according to the Lebanon-based Daily Star newspaper, the first mainstream media outlet to report on rumours of Western troops on the ground. Thirteen French soldiers 'captured by Syrian Army'Free Syrian Army fighters gather near a building hit by a Syrian Army tank in Idlib, northern Syria Photo: AP Photo/Rodrigo Abd

 The French foreign ministry dismissed the report, however, telling the Daily Telegraph that not a single French soldier is on Syrian soil.

But the defence ministry was less categorical, saying it neither confirmed nor denied the claim.

A photographer who recently escaped from the besieged Syrian city of Homs also dismissed suggestions French soldiers had intervened to secure his evacuation and that of three other Western reporters.

The report came on Monday as the Red Cross and the Syrian Arab Red Crescent reached two neighbourhoods of Homs where they were distributing food and blankets to civilians, including families who had fled the battered district of Baba Amr.

The teams still do not appear to have been allowed into Baba Amr itself.

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/9122749/Thirteen-French-officers-captured-by-Syrian-Army.html

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