Proposer de découpler les genres, masculin et féminin, du sexe ne présente en soi rien de bien nouveau. Les mouvements LGVT ont contribué depuis les années 70 et les premières marches de la fierté à remettre en question auprès du grand public et des politiques la vision communément partagée que le sexe biologique détermine le genre social. Mais les normes et stéréotypes sociaux ont résisté comme en témoigne encore, si besoin en est, l’étal des magasins de jouets et d’habits pour les tout petits et même… les plus grands !
Genre masculin et genre féminin ne sont-ils pas cependant utiles ? Points de repère qui contribuent au développement de la personnalité pour peu que nous acceptions que masculin et féminin ne nous encastrent (1) pas inéluctablement dans un style de vie déterminé biologiquement à la naissance par notre sexe et orientant l’ensemble de nos activités.
Pour assurer ce découplage des genres, masculin et féminin, du sexe que nous appelons de nos vœux, nous proposons à leur côté de considérer sur le modèle grammatical un troisième genre. Neutre à la naissance, page blanche sur laquelle tout au long de la vie s’écrira un genre personnel empruntant et mêlant en toute liberté les types sociaux féminin et masculin.
(1) sur les dynamiques d’encastrement et de découplage voir Matière sociale. Esquisse d’une ontologie pour les sciences sociales par Michel GROSSETTI aux éditions Hermann (2022).
N.B. Dans cette note à propos des genres, féminins et masculin, nous avons veillé à ne pas recourir au terme d’identité manifestant ainsi notre réserve quant à l’usage si fréquent dans le débat public de cette notion au risque de contribuer indirectement à donner du crédit à ses usages nauséabonds. Sur un autre plan, recourir à une notion qui souligne ce qui demeure identique à soi même aurait été contradictoire au projet de cet à propos.