Du pouvoir potentiel d’un Capital commun de Prolos-proprios

Pour s'affranchir du capitalisme dominant qui résiste autant au réformisme qu'au communisme en se renouvellement sans cesse, un ancien financier ambitionne de créer une méta banque mondiale : la MetaWorldBank qui restitue le pouvoir de contrôle sur la finance au monde du travail.

Aujourd’hui, le capitalisme est regardé comme à l’origine de tous les maux alors que le capital est la base financière de toute activité humaine. De la ferme à la grande industrie, qui peut se passer d’un peu de sous pour faire quoique ce soit. Le marchand de Venise a bien eu besoin de l’argent de Shylock pour affréter son bateau. Et le risque de défaut de l’entrepreneur ne se paie plus d’une livre de chair ! car plaie d’argent n’est pas mortelle prétend le dicton.

 A l’époque d’une économie aux enchevêtrements d’une complexité inouïe, la finance offre encore et toujours la liquidité indispensable au travail du corps social. Bien entendu, l’apporteur de capitaux exige une rémunération pour sa participation à l’entreprise productive, mais il devra prendre parfois ses pertes si d’aventure, l’activité n’est pas rentable ou fait faillite — et cela arrive plus souvent qu’on l’avait escompté.

 Cependant il s’avère que le système capitaliste présente un défaut intrinsèque mis en évidence par l’analyse de Karl Marx dans son livre : Das Kapital (1867). Pour mener son affaire, le capitaliste entrepreneur mobilise locaux, matériel, et embauche du personnel pour la Fabrication des produits et pour toutes les autres tâches connexes telles que l’administration, la comptabilité, la commercialisation…
Toute contribution est contractuelle et payée au prix du marché.

 En théorie, au bout du cycle productif, tout l’investissement obtient un rendement supérieur dans le cas d’une rentabilité calculée positive. C’est ce qui fait dire à Marx que l’argent investit comme capital fait des petits et cette plus-value ou survaleur revient à l’investisseur, étant quitte de ses obligations envers tous ses contractants.

On sait que la part dévolue au travail dépend de l’estimation de la valeur de la journée de travail et cette estimation est à l’origine des luttes sociales pour une plus juste rétribution en fonction des besoins sociaux des travailleurs, besoins qui évoluent en fonction de l’offre de marchandises. Le marché du travail fonctionne comme tous les autres en fonction de l’offre et de la demande, de sorte que tout travailleur peut s’embaucher là où on le paiera le mieux pourvu qu’il trouve cette opportunité disponible.

 Il s’ensuit de ce processus productif en régime capitaliste que la richesse s’accumule du côté du capital qui utilise le travail à seule fin de profit, même si la production de biens et services n’est pas dénuée aussi une finalité d’utilité sociale. On excusera ce rappel de ces banalités de base, car elles sont indispensables pour comprendre le projet d’un capital potentiel mis en commun par des prolos-proprios.

 Il existe déjà une forme de société de production dans laquelle les participants sont coopérateurs, c’est évidemment la coopérative. Ces sociétés forment des îlots plus égalitaires au milieu de la grande masse des entreprises en société anonyme dans lesquelles le pouvoir appartient aux administrateurs représentants les fonds d’investissement. Dans les plus modernes, les représentants des travailleurs sont également consultés en conseil d’entreprise, mais le dernier mot reste au conseil d’administration. L’étendue des sociétés coopératives reste donc marginale en regard de l’étendue de l’activité des grandes entreprises nationales et plus encore en comparaison des entreprises multinationales.

 Comment donc pourrait-on solutionner cette source d’inégalité manifeste qui perdure depuis l’aube du capitalisme ?
Des réformes sociales pour ne pas dire socialistes ont essayé de palier à ce transfert de richesses vers les détenteurs de capitaux, mais elles sont toujours à recommencer comme l’action vaine des Danaïdes dont le tonneau se vide à mesure qu’elles le remplissent. Une autre solution radicale propose de détruire le capitalisme comme s’il s’agissait d’un objet aux mains d’une classe sociale, alors qu’il s’agit d’un rapport social dont le travail est tributaire. Les expériences révolutionnaires collectivistes, voire communistes, finissent le plus souvent en désastres coupables et s’accompagnent de régimes politiques coercitifs menant à des situations délirantes tant sur le plan économique, qu’éthique ou culturel. Rappelons l’épisode chinois de la révolution culturelle qui fut une véritable catastrophe.

 A chaque fois, le capitalisme, constitué d’une plasticité indéniable, se renforce de ses attaques et tel un phénix renaît des incendies qu’il a contribués à allumer. Les vieux modèles refluent à la périphérie du système au centre duquel surgissent de nouveaux acteurs innovants qui élargissent le champ de l’économie avec de nouveaux produits. La force du capitalisme, c’est qu’il se renouvelle sans cesse avec ses qualités et ses défauts. En réalité, le capitalisme bénéficie d’une genèse historique qui doit beaucoup plus à la praxis sociale qu’à toutes les théories qui tentent de l’expliquer.

 Pour tenter de dépasser l’aporie du rapport social où domine le capital, on peut envisager de prendre le problème de la même manière qu’il a de se poser en pratique. Le fer de lance du capital, c’est la finance qui se traite au sein des banques. L’argent est une abstraction très concrète. Et cette industrie est au cœur de la richesse des sociétés où règne le mode de production capitaliste.

 Pour s’affranchir de la domination du capital, le monde du travail doit avoir pour but de prendre possession du contrôle de la finance en créant une banque de grande envergure capable de rivaliser avec toutes les autres. Prolétaires de tous les pays, mettez votre argent en commun ! La constitution d’une telle méta banque mondiale ne dépossède personne de son bien, mais fait du bien de chacun un outil au service de tous et au final fait du bien à chacun. Ce projet est parti de l’idée ambitieuse d’un financier, Jérôme KA, licencié lors de la crise bancaire de 2008 et il s’active depuis à constituer cette MetaWorldBank.

 Ce blog se propose de relater cette aventure mégalomanesque de la constitution et de l’action de cette banque populaire promue par des hommes et des femmes avec des prolos-proprios qui font ensemble l’histoire financière du siècle.

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