Séquence électorale 2017. Auteur: Daniel Le Scornet

Je publie ici ce texte de l'ami Daniel le Scornet, avec qui je participe à "La Belle Démocratie", et dont je partage le point de vue politique, de façon à ce qu'il soit visible. Comme il le dit: "A quelques mois seulement de la séquence électorale 2017 j'angoisse de ne pas voir de texte explicite qui déroule ce que pourrait être une initiative collant avec nos conceptions" Voilà qui est fait.

"En fait à quelques mois seulement de la séquence électorale 2017 j'angoisse de ne pas voir de texte explicite qui déroule ce que pourrait être une initiative collant avec nos conceptions. Non pas que j'ai l'illusion de penser que, avec ce texte ou sans, nous allons scorer en nombre de député(e)s citoyens en 2017! Mais, habitude obsolète d'un vieil activiste politique,je trouve que la bataille d'idée mérite d'acter les attendus d'une démarche. Ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ totalement libre aux candidat(e)s qui se précipitent actuellement et qui donne vraiment l'impression à ceux qui cherchent autre chose qu'il n'y a vraiment aucune autre façon que de trouver un (bon) programme pour faire du neuf.
A ceux-là il ne suffit pas de parler de candidat(e)s citoyens.  

Pour notre part (ANC, Assemblée Nationale Citoyenne) il est vrai que le travail que nous allons faire sur au moins une circonscription de l'Ardèche serait conforté si un fascicule "national" ( avec, quoique nous en pensions, le manifeste et les critères de haute qualité démocratique) pouvait être diffusable. Je pense que sans programme ni candidat a priori nous pourrions être à l'aise pour parler nationalement, pour mener une "vraie" campagne à ce niveau en jouant d'ailleurs du paradoxe, initiatives locales totalement autonomes, campagne nationale. Une explicitation de notre intervention sur la séquence électorale 2017 serait bienvenue dans une publication de la sorte."



Une révolution démocratique en 2017 en France ? C’est possible !

En tout état de cause la séquence électorale de 2017, élection présidentielle puis élections législatives, va être un grand moment politique. Mais elle risque aussi d'être un grand moment de frustration, de danger, où il s'agirait, de nouveau,  de voter pour la ou le « moins pire ». La séquence risque même de déboucher sur une crise politique et institutionnelle inédite au moment où notre pays a besoin plus que jamais de cohésion, de sécurité et de rassemblement.
Le bipartisme ayant vécu, que le ou la Président(e) élu(e) émane du Parti Socialiste, des Républicains ou du front National, il ou elle ne représentera vraiment - et au mieux - qu’un tiers des votants, moins d’un quart des français(e)s ! Il ou elle ne pourra pas « se donner » automatiquement une majorité à l’Assemblée Nationale lors des législatives qui suivront son élection. Tout en gardant sa charge politique essentielle, tout en étant l'occasion de débattre au plus profond de la chose politique l'élection présidentielle ne sera pas décisive. Les élections législatives, celles des représentant(e)s du peuple, vont être déterminantes.
C'est une situation inédite sous la V République!
Loin de devoir anticiper cette situation, le système politique actuel fonce tête baissée vers cette crise politique et institutionnelle. Chaque camp politique n’a pour seul projet que de battre les deux autres camps accusés de naufrager la France, de flétrir nos valeurs nationales les plus profondes ! Chaque camp s'ingénie à  garder ou (re)prendre LE pouvoir pour lui même. Le « choix » se réduit aux candidat (e)s permanents et aux ministres des gouvernements successifs.
Pourtant la très grande majorité de la population dit, de façon constante, qu’elle n'en veut plus. Pourtant en 2017 les partis politiques qu'ils soient de gauche ou de droite, d'extrême gauche ou d'extrême droite vont nous demander à nouveau de voter pour eux, pour leurs champion(ne)s, pour les mêmes ! Comme si de rien n'était. Comme s'ils se moquaient ouvertement de notre avis pourtant très très majoritaire. 
Sauf que notre vote nous appartient totalement. Rien ne nous oblige à reconduire un système politique vermoulu dont nous ne voulons plus.
Nous sommes la majorité ! Quelques soient par ailleurs la diversité de nos convictions nous voulons sortir de ce système politique en faillite. Or rien ne nous empêche, par nos votes, de tourner la page dès 2017.

Mais est-ce réaliste, possible ? Sérieusement ? 

Si le système politique actuel ne répond plus, le plus simple n’est-il pas de le refuser ? De s’abstenir massivement, de voter blanc ? Voire de boycotter les élections de 2017 ? De changer les règles du jeu électoral, de changer de Constitution ?
La majorité de la population veut voter, veut s’exprimer. Pas seulement parce qu'il s'agit du droit démocratique le plus fondamental. Un droit obtenu de longues luttes et à élargir, à rendre effectif pour toutes et tous.
Mais parce qu’il est actuellement le seul moyen -une fois tous les cinq ans !- d'influer directement sur la politique.
La seule occasion même, notamment avec l'importance prise par l'élection présidentielle , d'essayer, au-delà de la compétition des hommes et des partis, de donner des contenus réels à la controverse démocratique .

C'est pour cela que, malgré la désillusion politique, le taux de participation se redresse depuis les trois dernières élections (européennes, municipales, départementales). Les français(e)s recherchent une issue politique. Ne serait que pour dire, une nouvelle fois, "non!" aux équipes en place, voire pour penser donner un « coup de balai » général. Le système politique partisan n’aurait d’ailleurs que faire d’un boycott qui ne pourrait être que très partiel tant la volonté de s’exprimer par le vote est forte.
De plus, quel que soit le taux de participation, ou de vote blanc, les élections sont validées sur les seuls suffrages exprimés, même s'ils sont minoritaires. Le système politique actuel se satisfait de celles et ceux qui se détournent des urnes. Compter les votes blancs nécessiterait un changement préalable des règles. Or la séquence électorale 2017 se déroulera dans les règles légales et constitutionnelles actuelles.
Si, pour pouvoir changer démocratiquement le système, il fallait au préalable en avoir déjà changé les règles, déjà changer la Constitution – c’est-à-dire avoir déjà fait, et comment (?),  la révolution démocratique- on se mordrait en continu la queue.  En tout cas nous laisserions passer  2017. Alors que l’urgence économique, sociale, écologique, sécuritaire est là. Alors que nous pouvons ne plus voter pour les candidat(e)s soutenu(e)s par les partis (quels qu'ils soient) lors des élections législatives. 

Mais nous sommes dans un régime présidentiel. La Constitution actuelle ne permet pas une réappropriation citoyenne du pouvoir politique, des institutions ? Il y a là une impossibilité, non ?   

Tout est fait pour nous en convaincre.
En inversant le calendrier électoral pour que les élections législatives suivent immédiatement l’élection présidentielle, le système politique a voulu que le résultat de celle-ci entraîne presque automatiquement, dans un régime alors bi-partisan, une victoire du camp présidentiel au parlement. D’où la prééminence de fait de l’élection présidentielle, puisque les député(e)s majoritairement élu(e)s à sa suite lui « doivent » leurs élections, sont majoritairement du camp du Président.
Mais cette période politique est terminée. Nous ne sommes plus dans un système bi partisan. Trois camps, gauche, droite, extrême droite, sont désormais à quasi égalité chacun. Les périodes de cohabitation entre un Président d’un camp politique et une Assemblée majoritairement de l’autre camp ont démontré que notre Constitution est de droit essentiellement de type parlementaire. En période de cohabitation c’est la majorité parlementaire issue des élections législatives qui a alors gouverné.
Certes le Président de la République a des pouvoirs spécifiques éminents. Y compris un pouvoir de dissolution, sous certaines conditions et pour certaines périodes, de l’Assemblée Nationale. Mais une fois élue c’est elle qui prime tant vis à vis du Sénat que de l'exécutif si elle n'est pas, si elle ne veut plus être soumise au Président ou a un parti ou groupe de partis politiques quelconque.
Nous ne sommes pas dans un régime présidentiel.Il n’y a pas besoin d’une nouvelle Constitution pour rééquilibrer les pouvoirs entre législatif et exécutif , pour opérer une réappropriation citoyenne du pouvoir législatif, du contrôle du gouvernement par le peuple et ses représentant(e)s. Les élections  déterminantes  de 2017 seront en tout état de cause les élections législatives même si, bien entendu, l'élection présidentielle marquera profondément le paysage politique.

Les primaires au sein des principaux partis politiques ne permettent-elles pas cette participation citoyenne en amont des élections ? Cette faculté de choisir librement les candidat(e)s ?  Ce n'est pas rien tout de même ?

L’organisation de primaires au sein des partis politiques n’a pas changé en quoi que ce soit le système politique, ni même le type de candidat(e)s présenté(e)s par ceux-ci. La preuve c’est que nous aurons en 2017 ( peut-être exactement pour les trois grands camps, mais pour la gauche de la gauche aussi !) les mêmes candidat(e)s que ceux de 2012 !
Dans une période où l’immense majorité des électeurs marque sa défiance absolue envers les partis politiques quels qu’ils soient (à près de 90%) les primaires au sein des partis permettent en fait de re-légitimer ces partis et leurs leaders, et, désormais, le Président sortant lui-même. C’est seulement la fraction de la population qui croit encore au rôle bénéfique des partis, qui  accorde encore une confiance à ce système politique, qui soutient (encore !) le Président en place (c’est-à-dire une infime minorité de 10 % des électeurs !) qui votent à ces primaires  ! Plus de deux ans avant l’élection présidentielle (seule élection faisant d’ailleurs l’objet de primaires)  les partis politiques, leurs leaders, peuvent ainsi tenir le haut des médias.  
Même très minoritaires dans l’opinion tout tourne cependant autour d'eux.  Ils se légitiment ainsi tout en gardant soigneusement la main sur les règles permettant de candidater à ses primaires dites « ouvertes ». Ainsi l’élection présidentielle est-elle doublement cadenassée par une petite minorité d’électeurs et un tout petit nombre de dirigeants politiques. Pour être candidat(e) aux primaires il faut déjà, par les systèmes de parrainage internes, être coopté par les directions des partis politiques concernés.
Sont donc sélectionnés...les dirigeants des partis qui ont tous le même profil de « carrière ».
Jamais des citoyens non professionnels de la politique, ayant d’autres parcours sociaux et militants, ne sont retenus. Le seul qui l'a tenté – N. Hulot – a été rejeté par les militants.  Il faut ensuite être de nouveau coopté par 500 élus politiques pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle elle-même. On voit qu'il n'y a aucune chance pour une appropriation citoyenne de l'élection présidentielle !
D’autant que les élus qui parrainent doivent désormais tous se déclarer publiquement.
Or ces élus, ces parrains dépendent uniquement des partis et de leurs leaders pour leurs investitures futures ! Mêmes non « encartés » dans des partis les maires de communes modestes savent que, leurs subventions et  le soutien dont bénéficieront leurs projets dépendent des élus et partis politiques dominants. Pas de risque, quelques soient leurs sensibilités, qu'ils parrainent des candidat(e)s pouvant faire de l'ombre réelle à ceux issus du gotha partisan !
Ainsi la boucle est bouclée. 

Mais pour gagner une majorité parlementaire sur des bases citoyennes non dépendante des différents partis politiques, quels qu’ils soient, ne faut-il pas au préalable gagner une majorité d’idée ? Gagner au préalable l’hégémonie idéologique et culturelle ? 

Mais cette majorité, voire cette immense majorité, existe déjà ! 90 % de la population n’a plus confiance dans les partis politiques, dans ce système politique. Ne croit plus - d’expérience !- dans les programmes politiques a priori. Il ne s’agit pas d’une minorité! Le plus extraordinaire ce serait de continuer à organiser la vie politique, les institutions comme si ceux-ci avaient encore le soutien, même implicite, de la population.
Les partis politiques ont eu leur utilité historique notamment lorsque c’étaient des partis de masse organisant réellement l’information, l’éducation et l’ascension citoyenne de millions et de millions de personnes moins informées, moins éduquées qu’aujourd’hui.
Mais actuellement dans leurs terribles entre-soi ? Dans leur seule fonction consistant à se coopter les un(e)s les autres pour se partager les mandats, parfois juste entre quelques adhérents ? C’est juste inutile, ridicule, antidémocratique. On se demande comment c’est encore possible de tenir notre vie politique et institutionnelle sur ce socle !
Les politiques n’hésitent pourtant pas à dénoncer  la faible représentativité des organisations syndicales françaises qui, bien qu’insuffisante, dépasse de très loin celle des organisations politiques… Ce n’est pas même la qualité personnelle ou la probité des intéressés qui est en cause (même si ces entre-soi aussi restreints poussent obligatoirement aux excès de pouvoir de tous types, pas seulement financiers). C’est ce  modèle politique lui-même qui est obsolète, en faillite, dépassé. La prise de conscience de la faiblesse actuelle de ce système d'un autre âge montre qu'il est tout à fait possible de passer à autre chose.
D'autant que pour candidater aux élections législatives il n'y a pas de filtres,  pas de parrainage politique nécessitant d'en passer par les élu(e)s et partis politiques. 

Certes mais il faut bien présenter des programmes politiques ? Ordonner une cohérence politique ? Que les organisations pour ce faire  prennent, ou non, le nom de partis ne change rien à l'affaire.

Ce n’est pas seulement, pas essentiellement, la forme d'organisation des partis qui est mise en cause par la population. C’est la confection même de programmes politiques définis à priori par ces chicots de partis qui est invalide. Ce n’est plus crédible. L’expérience en témoigne plutôt milles fois qu'une. On se fait élire sur un programme (concocté pour gagner les élections) et on en applique un autre. Quand ce n’est pas presque exactement son contraire. Plus personnes ne croit à ces programmes.  
Comment se pourrait-il, d'ailleurs, qu’un petit groupe de femmes et d’hommes, de surcroît en diminution quantitative et se ressemblant toujours plus, de même extraction sociale et culturelle, puisse définir a priori, en dehors même de l’activité démocratique et citoyenne, sans les intéressés, ce qui serait bon et bien pour eux ? Qui plus est pour une durée cinq années?
Surtout dans une société pluraliste, hyper complexe, dans un monde où tout change rapidement, comme souvent la classe politique se plaît à le souligner, sans jamais pourtant en tirer les conséquences. Là encore, quelle que soit la bonne ou mauvaise volonté déployée, personne ne peut plus y arriver ainsi. Et pas plus, bien sûr, l'homme (ministre) ou la femme « providentiel(le)» s'extrayant des partis politiques au bon moment -celle de leur décrépitude- après avoir été choisi par eux, « carrièrisés » par eux.
Cette conception, datée des XIX et XX siècles, celle d’une intelligentsia dirigeante, d'une élite de "sachants", pour ne pas dire d’une avant-garde éclairée, est consubstantielle aux partis politiques . Aussi prégnante dans les partis de gauche et d’extrême-gauche que dans les partis de droite et d’extrême-droite. Il ne s'agit donc pas d'inventer un, ou des, nouveaux partis politiques, de se rallier à un ou une personne porteur-trice d'un programme qui, évidemment, serait bien meilleur que les autres. Ça suffit comme ça. Nous avons assez donné! 

Car bien évidemment, les programmes et « cohérences » concoctées ainsi s’avèrent inapplicables!  
Surtout que les situations concrètes se modifient sans cesse. Alors on gouverne à vue. On s’empêtre dans les erreurs d’appréciations initiales, les pressions des groupes d’intérêts qui sont eux puissamment et durablement organisés. On redouble ces fautes par d’autres réformes, d’autres coups de génie  inventés dans l'urgence (parfois émanant du seul Président, de ses seuls conseillers) qui s’avèrent tout aussi aventureux et contre productifs. Des questions essentielles (santé, travail, emploi, éducation, transition énergétique, fiscalité…) peuvent ainsi faire l’objet de réformes et de lois répétitives sans que l’évolution d'ensemble (inégalitaire, gâcheuse de moyens et de vies) ne soit jamais renversée, inversée.
Sans même que les expériences réussies de la société civile, que les savoirs socialement disponibles de l’humanité, que les évaluations des politiques publiques ne soient pris en compte. Combien de milliers de rapports critiques, de propositions documentées, de savoirs sociaux établis dorment dans les livres et les armoires ?
Où sont les cohérences affichées ?
Que sont les « programmes » devenus ?

Tout de même ce ne sont pas la démocratie participative, la spontanéité des citoyennes et des citoyens – même mieux entendus – qui vont permettre de diriger et de gouverner la France ?

Non, bien sûr puisqu’il s’agit, pour 2017, de viser une démocratie représentative où les représentant(e)s du peuple (qui n’auraient que ce seul mandat) soient en liaison permanente, soigneusement élaborée et évaluée, avec leurs mandants ; responsables devant eux ; uniquement eux et non plus devant les partis politiques, leurs groupes parlementaires et/ou l’exécutif. Rien que cela – mais tout cela – constituerait bien une révolution démocratique. Révolution réaliste et (assez facilement) faisable sans devoir passer par quelque autre préalable que ce soit. 
Aujourd’hui la représentation parlementaire fonctionne exactement à l'inverse ! 
La ou le député(e),  une fois élu(e), n’a plus aucun échange ordonné  avec ses électeurs durant tout le mandat. Dans  les circonscriptions, le représentant du peuple ne consulte jamais ses électeurs sur les projets ou proposition de loi qu'il vote en leur nom ! Jamais ! Il ne fait jamais  surgir une proposition de loi du peuple lui-même. Les deux seules fois où ont été convoqués  sous ce dernier quinquennat des conférences de consensus en amont d'un projet de loi ( politique de la ville, politique judiciaire) aucune des conclusions de ces conférences n'a été retenue. 
La ou le député(e) n’est responsable que devant son groupe parlementaire partisan qui lui même l'est devant l’exécutif lorsque son camp dirige le gouvernement. Ceci au mépris de toute séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif. Ceci  au mépris même de l’interdiction constitutionnelle du mandat impératif : la ou le député(e) vote ce que son camp politique lui dit de voter. Certes il s’investit, parfois même à 100%, dans le travail des commissions et dans l’élaboration d’amendements modifiants, à la marge, les projets de loi. 
Là encore ce n’est pas la qualité personnelle des politiques qui est (toujours) en cause. Mais cette activité n’est jamais développée pour proposer une autre voie, une autre hypothèse, que celle défendue par le groupe politique dont la ou le député(e) dépend. Elle ou il est d’autant plus obéissant(te) qu’il ou elle sait devoir son mandat (et le renouvellement de l'investiture à celui-ci et /ou de sa carrière personnelle à venir) à sa fidélité à l’exécutif, à son groupe parlementaire, à son parti. Les écarts qu’elle ou il prend parfois avec la discipline (« frondeurs ») doivent être soigneusement calibrés. 
Des élu(e)s, des député(e)s choisis par les électeurs en dehors des partis, uniquement responsables devant leurs électeurs, préparant en continu avec eux le travail parlementaire cela bouleverserait la conception même du pouvoir politique. 
Ce serait bien une révolution démocratique.

Mais les questions nationales, européennes, internationales ça peut se discuter et s’élaborer au niveau local ? Directement avec les citoyennes et les citoyens ? Ce n’est pas de l’utopie ça ?

L’idée que les questions locales, communales ou intercommunales peuvent (doivent) être traitées avec et par les habitants, experts de leurs territoires, a fortement progressé. C'est d'ailleurs pourquoi l'objectif de proposer 35. 600 listes citoyennes aux élections municipales de 2020 devient tout à fait réaliste.
Il n’en est pas encore de même pour les questions conçues comme « supérieures », même si l’expérience des habitants engagés dans cette participation citoyenne continue avec (ou contre) leurs élu(e)s locaux les amène naturellement à devoir aborder les questions, interdépendantes, dans toutes leurs dimensions. 
Mais qui traite alors les questions nationales, européennes et internationales, si les citoyennes et citoyens ne le font pas ? L'idée de domaines réservés, intouchables par la démocratie, n'a plus de raison d'être . Il est d'ailleurs souvent plus facile de susciter l’intérêt et l’implication des électeurs sur les questions nationales, européennes et internationales que sur des questions locales. Tant nous sommes sollicités et informés en continu sur ces questions dites « supérieures », souvent plus intensément que sur les questions « du coin ». Tant notre jugement est sans cesse requis par ces questions essentielles, notamment celles qui concernent la préservation de notre planète, la guerre et la paix, les coopérations avec l'ensemble du monde. Rien ne sollicite plus notre  intimité, nos sensibilités. 

Chacune, chacun de nous peut (et doit) donc être partie prenante et juge des actions de la France, de l’Europe et du monde. Peut, avec des dossiers bien élaborés et des méthodes participatives désormais parfaitement éprouvées, concourir à l’élaboration et à la décision collectives.  
Sur ces sujets chaque année, et dans une législature, le nombre de dossiers essentiels abordés par l’assemblée Nationale n'est pas tel qu’il ne permettrait pas l’élaboration par le peuple lui-même de ces politiques qui l'engagent tant. Sauf cas extrême (qu’il faut aussi savoir traiter), l’urgence n’est jamais telle non plus.
Souvent des grands sujets, des grandes lois demandent un long temps de maturation avant d’être votés définitivement. Le temps existe d’autant que bien des sujets, faute d’être maturés ainsi, reviennent répétitivement, sans grands résultats, à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale. La dictature de l’urgence, de l'émotion, du fait divers peut (doit) être réduite par la pratique démocratique. Nous irons ainsi plus vite, plus juste et plus efficace.
Ce n'est pas en voulant réduire le nombre de député(e)s, précipiter les modalités de fabrication de la loi, voir se passer du Parlement lui même ( 49-3, ordonnances) que notre pays sera plus efficace, au contraire. Or le risque de 2017 est que les différents camps politiques s'appuyant démagogiquement sur l'inefficacité de leurs politiques, la lenteur des résultats promis, proposent  de se passer plus encore qu’aujourd’hui du rôle du parlement, de la maturation démocratique et proposent de concentrer encore les pouvoirs de l'exécutif, voire de multiplier des référendums emporte-pièce. 

Mais n'est-ce pas avoir une vision très institutionnelle, très étatique, de nouveau « politicienne » alors que les véritables transformation sociétales se font par le « bas » ?

L'idée, juste, que d'autres modes de produire, de distribuer, de consommer, d'habiter comme de penser, n'attendent pas les modifications politiques étatiques pour émerger et se déployer ne peut pas se substituer, voire servir de consolation, à l'impuissance politique dans laquelle le modèle politique actuel maintient la grande majorité de la population. Le foisonnement actuel des initiatives de la société civile joue un rôle décisif pour maintenir encore à flot les liens sociaux.
Ils démontrent la créativité, l'efficacité des différentes formes d'auto-gouvernement des humains entre-eux, notamment de celles qui n'excluent pas les populations les plus démunies. Essentiels en eux-mêmes ils témoignent aussi que ces formes pourraient ne pas être circonscrites aux champs sociaux, économiques, écologiques, culturels. Bien des exemples nationaux et internationaux démontrent, à l'échelle de pays et de groupe de pays, que la démocratisation politique n'est aucunement le fruit obligé des novations technologiques et/ou sociétales qui apparaissent partout.
Il n'y a pas un sens humaniste prédéterminé de l'histoire et du développement économique comme longtemps nous l'avons cru. Ne serait-ce que par ce que les expériences d'autodétermination (vitales en elles-mêmes) ont tendance à s'épuiser  dans la durée lorsqu'elles ne sont pas purement et simplement réprimées, asphyxiées et/ou dévoyées par les systèmes socio-économiques et politiques dans lequel elles s’insèrent. L'expérience historique a aussi montré que ce n'est pas une accumulation d'expérimentations et d'expériences sociétales réussies « à la base » qui conduisent progressivement à modifier la logique d'un système politique d'ensemble. Il y faut des créativités propres au champ politique et institutionnel lui même en ses différents lieux d'existence et d'expression.
Par contre il est certain que, quelques soient les « niveaux » où les questions se posent, celles-ci doivent se débattre dans une territorialisation permettant réellement, méthodiquement, aux habitants, électeurs ou non, d'ailleurs, d'en être des acteurs directs.
Il ne peut y avoir de matière « hors sol », inaccessible à chacune et chacun d'entre nous, non traitable dans une relation directe soigneusement documentée  avec toutes et tous les intéressé(e)s.  De ce point de vue toutes les questions sont « locales », « en bas ».
La règle républicaine, qui fait de chaque député(e)e un représentant de la Nation, du peuple tout entier, et non de sa simple circonscription, n'est pas contradictoire, et  ne peut pas sérieusement être opposée à la nécessité d'encrer les politiques nationales dans une fabrication  directe avec les citoyen(ne)s sur un territoire permettant réellement leur participation et leur contrôle.   

On a tout de même du mal à voir comment un grand pays comme la France pourrait se gouverner mieux et de façon sécurisée dans toutes ses institutions juste parce qu’il y aurait des député(e)s responsables uniquement devant les électeurs et non plus devant les partis et/ou l'exécutif?

Pour 2017 on a surtout beaucoup de mal à imaginer comment un camp politique représentant au mieux un tiers des suffrages exprimés va pouvoir être légitime, gouverner, faire fonctionner les institutions face à deux autres camps que tout oppose absolument ? D'autant que la campagne présidentielle va encore exacerber ces oppositions radicales.  Que 90 % de la population ne fasse plus confiance aux partis politiques qui pour autant  continuent à monopoliser le pouvoir atteste que l'insécurité,  l'instabilité politique et institutionnelle, sont toutes entières du côté du modèle politique présent.  
Dans le cadre institutionnel, constitutionnel et partisan actuel, rien n'empêchera que la ou le champion d'un des trois grands partis politiques qui détient la clef des candidatures à la présidentielle ne soit élu(e). Qu'il recueille, bon gré mal gré, plus de 50 % des voix au deuxième tour.
Vues les prérogatives propres au Président de la République, il peut nommer un Premier Ministre et un gouvernement. Le pouvoir exécutif peut donc être fort et légitime sans avoir à rechercher des accords contre nature, pouvant être remis en cause à tout moment, (bonjour l'instabilité), auprès des deux autres camps partisans.
Ce schéma d'union nationale de deux camps contre un troisième serait le pire car accroissant encore la confusion politique. Il aggraverait  le procès en inauthenticité tant il est  aberrant de définir les autres camps comme ceux du diable, et de pourtant chercher à gouverner avec l'un d'entre eux .Avec un pouvoir reposant uniquement sur des accords d'états-majors politiques on serait là au comble de la dépossession citoyenne.
Bien sûr certains candidats, anciens ou actuels ministres, qui veulent s'autonomiser des partis, voyant les boulets qu'ils sont aux yeux de l'opinion publique, vont prôner l'accord des français, des élus "raisonnables" de droite et de gauche (ou inversement).
Mais il s'agit pour eux d'essayer de tirer de façon opportuniste les marrons du feu dans des démarches programmatiques anciennes de sommet, vaguement couvertes par quelques sondages ou porte-à-porte « citoyens »

L'Assemblée Nationale, si elle est composée significativement de parlementaires n'ayant pas d’obédience politique ni de programme à priori, peut donner la confiance à un exécutif légitimé par le vote à la Présidentielle. Les parlementaires, non soumis à cet exécutif ni à un ou plusieurs camps politique, pourront alors jouer pleinement leur rôle de législateur et de contrôle du gouvernement.
Les député(e)s en lien permanent avec leurs électeurs, responsables devant eux, seront parfaitement capables de définir des positions majoritaires en fonction des contenus des projets qui leurs sont soumis, et non sous la contrainte d'une discipline partisane générale" à priori".
Ils ne voteront plus automatiquement « oui » s'ils sont dans le camp de l'exécutif et « non » s'ils sont dans l'opposition.
Enfin ! 
L'indépendance et la coopération des pouvoirs, aussi légitimes et forts l'un que l'autre, pourront être alors assurés. Restaurés, même, tant l'exécutif étouffe littéralement actuellement le législatif, alors que Montesquieu nous le rappelle toujours :
« Une nation qui n'a pas de séparation des pouvoirs n'a pas de Constitution ».

Mais n'est ce pas revenir au régime des Assemblées et à son inefficacité légendaire ?

Comparé aux autres pays de développement analogue, on ne peut pas dire que, notre système politique ayant institué de fait (et non de droit) un présidentialisme, du moins dans les périodes de concordance entre résultats des élections présidentielle et législatives, une boursouflure extrême de l'exécutif, fasse montre de plus d'efficacité que les pays à système purement parlementaire !
Mais il ne s'agit pas pour autant de revenir à un modèle parlementaire du style majorité/opposition systématique. Modèle qui donne partout un quasi monopole politique à l'exécutif, à une fraction, si ce n'est une faction, contre une autre. C'est sur un tel modèle excluant a priori la représentation d' une partie de la population que se fomentent toutes les frustrations, tous les extrémismes.

Pour autant, notamment dans cette période historique particulièrement tragique, personne ne peut récuser la nécessité d'autorités politiques fortes, y compris donc d'un exécutif fort. Ce serait le cas d'un exécutif légitimé par l'élection présidentielle. Exécutif ayant les moyen Constitutionnel de gouverner, tant du fait des pouvoirs spécifiques éminents du Président de la République, que des capacités d'initiatives du gouvernement (notamment  du fait de la large prééminence gouvernementale concernant la présentation des projets de loi à l'Assemblée Nationale et au Sénat).
N'ayant pas à priori un accord ou une hostilité générale des député(e)s, cela conduirait l'exécutif à devoir soigner un à un ses projets, afin de favoriser par la conviction  la possibilité de leur adoption, du moins de leur réception, comme base adéquate de débats constructifs.
Cela éviterait largement l'inflation législative inutile, les projets de loi de circonstance et d'émotion, ceux imaginés dans l'urgence ou même la panique et, plus largement toutes les manifestations de pur volontarisme politique, voire d'autoritarisme. Cela éviterait les projets inapplicables et/ou bâclés et/ou d'évidence mal documentés et/ou non préalablement concertés.  Ces dernières années, cette dernière année, ont démontré combien cela serait utile !  Pour qui veut – et nous le voulons toutes et tous- une bien meilleure gouvernance il y a là une capacité de progrès considérable.
Combien de temps perdu, de déchirements profonds de la société française, de lois inadaptées, voire dangereuses, parce qu'un Président, qu'un premier ministre s'accroche à un texte mal fagoté, inutile, dangereux ? Ceci seulement parce qu'il en est l'auteur et qu'il considère que son « autorité » est mise en cause si ce texte n'est pas adopté coûte que coûte, tel qu'il l'a pensé et écrit!
Quelle pauvre démocratie que celle-ci... 
C'est en soignant ses projets de loi, en en soignant l'application, que l'exécutif assurera son autorité et son efficacité. Ce n'est pas juste l'autorité qu'il faut à l'exécutif, comme au législatif et au judiciaire, mais l'autorité juste.  

Ces propositions ne sont-elles pas une mouture du populisme qu'on voit se développer bien au-delà de la France ? 

Il est certain que la volonté de réappropriation citoyenne de la politique n'est pas originale à la France. De nombreux pays sont déjà passés à des phases pratiques s'émancipant des organisations politiques et du clivage droite-gauche traditionnels. Cela avec  des répercussions considérables et rapides au sein des institutions communales et parlementaires elles mêmes.  
C'est le cas, notamment, en Espagne avec Podèmos et avec le mouvement cinq étoiles en Italie, le parti pirate en Islande.
Cela a aussi marqué, par exemple,  le considérable mouvement des jeunes américain(e)s derrière la candidature de Sanders aux États- Unis.  
En Europe, des démocraties plus avancées que les nôtres, faisant beaucoup plus appel à l'intervention citoyenne directe (Suisse, pays nordiques...) confortent ce paysage profus.
Même s'il s'agit à chaque fois de situations singulières non réplicables telles qu'elles dans notre pays, cela témoigne qu'il ne s'agit pas de simples utopies ou de (plus ou moins) sympathiques expérimentations. Face aux non moins réelles évolutions autoritaires de nombre d'autres pays, de tentatives (marquant aussi des points) de renouveler les aventures derrière des partis autoritaires, les évolutions vers une démocratie plus partagée, plus horizontale, marquent elles aussi des points considérables jusque dans les institutions politiques en Europe et dans le monde.
C'est dire que les savoirs disponibles pour avancer en ce sens sont profonds. Que nous n'avons pas à tout inventer.
Par exemple les critères de haute qualité démocratique qui doivent s'appliquer aux relations continues entre élu(e)s et citoyen(ne)s ont une certaine universalité. Ce sont ceux d'une phase historique neuve, beaucoup plus exigeante pour les élu(e)s comme pour les citoyen(ne)s, de la démocratie au XXI siècle.
Nous n'en sommes plus à expérimenter pour expérimenter.  Il s'agit de gouverner avec un maximum d'efficience dans un monde tragique, dangereux, ouvert, qui ne supporte ni l'amateurisme, ni l'à-peu-près, ni l’absence de décision ferme.  
En France, c'est moins la dénonciation quasi personnelle d'une classe politique gangrenée au cœur par la corruption, qui peut faire clivage absolu ( les cas existent mais ils ne sont pas systémiques), comme cela a été en Grèce, en Italie, en Espagne . C'est le système politique, sa logique qui, quelques soient les qualités des personnes, entraînent à la coupure extrême entre dirigeants et dirigés. Cette coupure entre classe politique, partis politiques et société est aujourd'hui radicale. On en est arrivé au point où ce qui caractérise la relation entre élu(e)s et citoyen(ne)s c'est le soupçon réciproque, la dévalorisation réciproque, le renvoi des « incompétences », « fainéantises » et « intérêts personnels » réciproques, le mépris réciproque.
Il faut voir comment en public, sur les réseaux sociaux et en privé plus encore, les un(e)s parlent des autres et réciproquement .
Quelle « belle » démocratie !

Tout de même toutes ces propositions, cette volonté de faire de la séquence électorale de 2017 une grande opportunité démocratique ne flatte-telle pas trop l'opposition facile entre citoyen(ne)s  spontanément vertueux et élites naturellement  fautives ?

Ce qui est typique de la situation française, c'est que les élites économiques, sociales, culturelles, académiques, scientifiques, artistiques, ne sont pas plus présentes dans le personnel politique, que leurs travaux et savoirs ne sont pas plus sérieusement pris en compte dans l'élaboration des lois que ne le sont les classes populaires et leurs savoirs propres ! Les expériences populaires comme les sciences sociales notamment regorgent de compétences, de savoirs, de savoir-être, de savoir-faire qui pourraient (devraient) irriguer toute notre vie politique. 

Aucun ou aucune d'entre nous n'a la capacité de définir seul(e) ou en groupes restreints et fermés ce qu'il serait bon et possible de faire pour la société. Chacune et chacun d'entre nous, ce qui inclus donc le plus éloigné aujourd'hui du pouvoir politique, est porteur d'expériences, de savoirs, de sensibilités à nuls autres pareils. Qualités  dont la société ne se passe qu'à son détriment. Tout comme chacune et chacun est grevé de préjugés, de clichés, de méconnaissances que la société à le plus grand tort de nous laisser les ruminer en dehors des arène publiques responsables, décisionnelles. Elles rancissent et deviennent explosives.
C'est valable pour ceux du « bas » comme pour ceux du « haut » pour reprendre cette foutue spatialisation.  L'avantage d'arènes publiques démocratiques méthodiquement (c'est à dire avec un travail) ouvertes à toutes et tous, y compris aux moins spontanément participatifs d'entre nous (cela peut-être nous-mêmes dans tout un tas de circonstances), c'est quelles permettent de cumuler et de concerter tous les savoirs, expériences, sensibilités aptes à définir, enrichir et réguler les hypothèses politiques possibles.
A pluraliser, aussi, ces hypothèses, et non pas à nous enfermer dans « la ou les seules politiques possibles » et/ou les « seules alternatives possibles » telles qu'elles sont définies "à priori" dans un programme "à priori", dans des projets gouvernementaux.

La mise en œuvre de ces arènes démocratiques, documentées par tous les savoirs socialement disponibles (loin donc de se défier des élites comme des singularités de génie), de ces critères de haute qualité démocratique, n'ont pas seulement pour résultat de pouvoir prendre des décisions plus avisées, plus compréhensibles, plus économes, plus efficientes. Décisions qui peuvent être aussi plus facilement évaluées et rectifiées, dans la mesure où elles ne sont pas identitaires à un camp politique.  
Mais ces arènes ont aussi pour résultat  d'apprendre aux uns et aux autres à être démocrates. A le mieux le devenir. A gagner en compétences, en sensibilités. Les exemples des jurys citoyens tirés au sort, des conférences de consensus conduisant à faire juger par des non-professionnels et des non-spécialistes de la chose traitée (mais avec le concours de leurs savoirs) tout un tas de questions complexes, l'ont démontré depuis longtemps déjà.
Non seulement n'importe lequel d'entre nous, quelque soit son éducation, sa culture, ses idées, mis en situation adéquate de jugement et de responsabilité, peut participer personnellement à la décision, aussi engageante soit-elle, mais aucun d'entre nous ne sort de cette expérience démocratique comme il y est entré. Aucun d'entre nous ne voit ses préjugés, ses clichés, ses méconnaissances résister complètement à ces pratiques démocratiques concrètes. C'est en pratiquant la démocratie qu'on devient(mieux) démocrate.
Ce n'est pas en essayant de séduire ou de convaincre à toute force les citoyen(ne)s d'un programme a priori (fait sans eux-mêmes si on peut se persuader que c'est « pour eux »), qu'on « éduque » la population. C'est en la responsabilisant et la respectant, telle qu'elle est et non pas telle qu'on voudrait qu'elle soit, qu'on peut transformer positivement l'état médiocre, pour beaucoup intolérable, des choses du présent.  
La pratique démocratique n'est pas seulement un moyen, c'est une fin. On est là à mille lieux de toute croyance naïve en une « pureté » et une «omniscience » des citoyen(ne)es opposé(e)s par nature aux élites. 

On est près, ici et maintenant, d'une appropriation citoyenne du pouvoir politique, de « La Belle Démocratie »

Daniel le Scornet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Le_Scornet

 

 

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