Le pire semble possible. Et même probable. Il faut dorénavant attendre les catastrophes pour prendre au sérieux ceux qu’on appelle les pessimistes.Alors on va vérifier la résistance de nos centrales nucléaires. Mais, on ne l’avait pas fait avant? Et cette façon de réagir au pire ne peut marcher que si le pire est étranger, lointain. Trop tard pour le Japon.Il est dans la «catastrophe» etcela seul est vrai.
Depuis quelques temps, il était très chic de critiquer le principe de précaution, de hurler au fascisme devant ceux qui recherchaient un minimum de sécurité. C’était si snob de vouloir prendre des risques au prétexte que le risque est le propre même de la liberté.
Pauvres cons. Ceux là, de droite le plus souvent, libéraux et autres chroniqueurs du Figaro et de Valeurs actuelles, envoyons les comme liquidateurs au Japon.
La pose dandy de droite, elle ne tient pas une seconde devant une centrale nucléaire qui déconne.
Jusqu’à aujourd’hui, les hommes politiques de droite, les socialistes et même les communistes traitaient d’irresponsables ceux qui mettaient en cause l’énergie nucléaire.
Une centrale au nom peut-être bientôt inoubliable, ses enceintes, sa piscine, son corum ont fait fondre les arrogances et le mépris, mais aussi l’imbécillité de nos élites et l’irresponsabilité, comme un vent néfaste et imprévisible , a changé de camp.
Il y a bien des domaines où la bêtise de ceux qui nous dirigent peut être sans danger quoique risible mais dès qu’il s’agit d’énergie ou d’armes nucléaires, la bêtise est souvent mortelle. Et à une échelle si large et d’une façon si radicale qu’on entend tout à coup les combattants du politiquement correct se glisser sous les armoires en pleurnichant de terreur.