LOI MOLAC: LES AUTEURS DE LA SAISINE DÉSAVOUÉS PAR LE CONCON

C'est ironiquement aujourd'hui 21 mai 2021, Journée Mondiale de la Diversité Culturelle pour le Dialogue et le Développement, que le Conseil Constitutionnel a choisi de rendre son verdict concernant la loi Molac.

Suite à la saisine dans des conditions douteuses des neufs  gardiens du temple unitariste, que je me refuse à qualifier de "sages",  le jugement a été à la fois surprenant et conforme à la tradition statonationale française.

Surprenant car il désavoue les parlementaires à l'origine de la saisine.Ainsi les députés qui contestaient leur participation à cette démarche ont tort: même s'ils ont signé "à l'insu de leur plein grè", leurs signatures doivent être tenues pour valables. Voilà qui ouvre de nouvelles perspectives démocratiques: les magouilles dignes d'une république bananière sont déclarées conforme à la Konstitution du " Pays des Droits de l'Homme"!!!(Il est vrai que dans "république bananière" il y a "république"...)

Quant au reste des soixante signataires qui eux avaient signé en toute connaissance de cause, et qui  prétendaient ne s'opposer qu'au  seul article de la loi concernant "la prise en charge financière par les communes de la scolarisation d’enfants suivant des enseignements de langue régionale", eux aussi ont tort: cet article est validé...

 Mais nous sommes en Hexagonie, il était donc hors de question de laisser passer telle quelle  une loi qui constituait une avancée historique pour les peuples de France. Les neufs vieillards cacochymes sans doute saisis d'un accès de fièvre dû au jacobinovirus se sont autosaisis de deux autres dispositions majeures et, s'appuyant sur l'article 2 de la konstitution  ils ont purement et simplement interdit l'enseignement immersif et "l'utilisation de signes diacritiques autres que ceux employés pour l'écriture de la langue française" dans les actes d'état civil. Cela suscite quelques interrogations.

Rappelons nous que "lors du vote sur l’ajout dans l’article 2 de la Constitution du principe selon lequel « la langue de la République est le français », le Garde des sceaux a certifié aux députés et sénateurs que cette précision ne nuirait aucunement aux langues régionales". (Wikipédia) Il s'agissait officiellement de lutter contre les anglicismes. Or on peut constater qu'alors que l'anglais ne cesse de gagner du terrain  cet article n'a jusqu'ici été employé  qu'à des fins de purification linguistique par l'éradication des langues autochtones. Les parlementaires qui ont voté cet ajout auraient-ils donc été manipulés?

Le  refus des écoles immersives met en danger l'existence même des réseaux  scolaires associatifs en langues minorisées (Ikastolas, Calandretas, Diwan...) qui utilisent cette méthode et dont les  bons résultats sont indéniables (Il y a quelques années le classement des lycées du Figaro consacrait le lycée Diwan de Carhaix meilleur lycée de France). Ces écoles seront-elles donc demain hors la loi? Mais peut être était-ce là le but inavoué des initiateurs du recours? Et que penser  du fait que nos impôts servent à cofinancer des écoles immersives... en Louisiane? Ce financement est-il vraiment conforme à la constitution?

Depuis la loi Deixonne de 1951 c'était la première fois qu'un projet de loi concernant les langues de France était discuté par le Parlement avant d'être finalement approuvée par une large majorité de députés, à  l'effarement de nos dirigeants  élevés et formatés pour la plupart dans le culte de l'idéologie unitariste. Le Parlement est censé représenter les aspirations du Peuple qui  aujourd'hui rejette  cette vieille idéologie moisie. Les pithécanthropes du Palais Royal n'ont sans doute pas eu la force d'étudier jusqu'au bout leur sacré article 2 ? En effet celui ci précise que "son principe (de la République) est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple". En s'opposant à la volonté populaire ne se sont-ils pas mis eux même en infraction avec leur Loi?

Désormais les choses sont claires: nous n'avons le choix qu'entre deux options:

- lutter pour changer la Constitution et avancer vers une république fédérale;

- prendre la voie du séparatisme?

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