Le 29 mai, défendons la démocratie

Certains de nos concitoyens sont restés indifférents au jugement émis par le Conseil Constitutionnel le 21 mai au sujet de la loi Molac sur les langues de France

Sans doute pris par leurs soucis quotidiens ont-ils d’autres préoccupations et n’ont-ils pas l’envie ni le courage de s’interroger sur cette idéologie unitariste qui nous a été distillée jour après jour depuis notre enfance par l’école, les institutions, et les médias au point de paraître naturelle, Comment leur en vouloir s’ils pensent qu’il y a des problèmes plus urgents à résoudre que celui de notre patrimoine linguistique? Ces gens seraient sincèrement scandalisés si on leur apprenait qu’ils ont été dupés et victimes d’un formatage intellectuel qui leur fait prendre des vessies pour des lanternes et la France pour un état démocratique. Pourtant il leur suffirait d'accepter de se pencher attentivementsur le communiqué publié le 21 mai par le Conseil Constitutionnel pour perdre leurs illusions.

(Quitte à être accusé de radotage rappelons une fois de plus que cet organisme est dominé par un duo de démocrates de première classe: Messieurs Fabius et Juppé:l’un était le chef du gouvernement responsable de l’attentat terroriste contre Greepeace en Nouvelle Zélande en 1985, avant d'être compromis dans l’affaire du sang contaminé; l’autre repris de justice condamné pour « prise illégale d’intérêt » et ministre des affaires étrangères d’un gouvernement français qui en 1994 , a soutenu le régime génocidaire rwandais avant, pendant et après le génocide.En récompenses de ces bons se(r)vices, les deux larrons se retrouvent gardiens de la Loi Suprême ! Chapeau les artistes!)

Revenons en au texte du jugement. Il commence par déclarer recevables les 61 signatures des opposants à la loi. Pourtant il admet que quatre d’entre eux , estimant avoir été trompés par le ministre Blanquer et sa groupie la député  Aurore Bergé, ont exigé le retrait de leur nom ; le minimum de 60 signatures requises pour saisir le conseil n’étant donc pas atteint, le recours aurait dû en bonne logique être rejeté. Mais la logique jacobine a ses mystères. L’extorsion de signature dans une démocratie véritable est considérée comme une forfaiture.Le conseil constitutionnel vient de proclamer que la forfaiture est conforme à la constitution!

Ensuite après avoir validé l’article contesté par les plaignants, il se saisit des deux articles principaux de la loi, sur lesquels la saisine ne portait pas et les déclare inconstitutionnels en brandissant l’article 2 de la constitution qui fait du français la langue de la république, alors que cet article dans l’intention des législateurs ne devait pas s’opposer aux langues de France mais à l’hégémonie de l’anglais. Cet article 2 est donc détourné de son esprit véritable par l’interprétation contestable qu’en font 9 personnes non élues et non juristes qui oublient un autre alinéa de ce même article stipulant que le principe de la république est « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Or la volonté du peuple s’est exprimée clairement  par le vote de la loi Molac a une large majorité à l’Assemblée et au Sénat. En la vidant de sa substance les membres du Conseil Constitutionnel  en montrant le peu de cas qu'ils font de la souveraineté populaire ont déclaré l’inconstitutionnalité du peuple et donc la mort de la Démocratie française.

Cette décision on le voit dépasse  le problème linguistique. C’est bien notre avenir démocratique qui est en jeu. Le Conseil Constitutionnel dans son délire jacobin est en train d’ouvrir la voie à l’établissement d’un régime totalitaire. Tout l’arsenal juridique sera en place si comme cela s’avère probable le Rassemblement Néanderthalien arrivait au pouvoir l’an prochain.

Il est donc primordial que tous les démocrates prennent conscience du péril et rejoignent les défenseurs des langues de France qui manifesteront samedi 29 mai sur tout le territoire. Rester spectateur serait se rendre coupable de non-assistance à démocratie en danger.

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