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Billet de blog 16 mars 2015

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264 - On s’échange enfin la vie ?

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Christian Noorbergen est un philosophe de Troyes comme on dit d'un champagne qu'il est de l'Aube lorsqu'on veut le distinguer du champagne, du vrai. La philosophie se moque des territoires et quoi qu'il en soit, on sait aussi, par le jeu des mots, que l'aube prépare l'aurore et les belles journées. Christian Noorbergen est aussi écrivain et critique d'art. Il participe au comité de rédaction des magazines Artension et Azart. Il me communique ce texte intitulé « On s'échange enfin la vie ? » avec un point d'interrogation, point qui ouvre sur un horizon qui chante. On l'écoute... par ma... plume.

« Par ci, par là, des petits signes d’autre vie, et peut-être de survie… Les échanges mondiaux ( l'internet et les voyages ), sur le plan humain, et dans la rencontre de l’autre, ont du bien, et font du bien. A condition que la sphère de l'argent-roi soit dépassée. Déjà, les illuminés du SEL (Système d'Echange Local) osent dessaler les attendus de la consommation. Il s’agit de s’échanger des services, sans que l’argent n’intervienne. Tu gardes mes enfants, je répare ta grand-mère. Quelle absence de sens financier. Quelle horreur a-bancaire ! Vive la lumière des illuminés ! Elle jette des lueurs dans l’opacité consommatrice.

Admettons qu’il y ait quelque chose de sublime et d’utopique, voire de sectaire et d’idéologique, dans ce rejet obscur et archaïque du système qui règne et régnera sur le monde. Admettons. Il n’empêche, une voie est ouverte, et dans cette faille généreuse, d’aucuns s’y engagent. Et si même le grand public s’en mêle, jusqu’où ira-t-on ? Je te prête ma maison, celle où j’habite, à Troyes ou ailleurs, et toi, qui habite en Norvège ou au Chili, tu me prêtes ton logement, à une époque qui nous convienne à tous les deux. Echange chambre de bonne rue Saint-Denis ( nombreux avantages parisiens et belle présence féminine ) contre palais népalais avec vue sur l'Himalaya ! Echange et respect des êtres, des choses et des biens. Et ça marche, ça se développe, et ça peut aller loin dans la remise en cause des acquis financiers. “ Ce qui s’achète n’a pas de valeur “ disait le philosophe un peu secoué sur ses vieux jours.

On peut inventer sans fin, et vivre mieux sur des valeurs ( ajoutées ) d’humanité. Faire garder sa maison par des désargentés, ou son chien, ou sa belle-mère. Voiturer à deux ou à trois. Echanger des symboles d’amour.

Merci Christian Noobergen. J'ajoute, pour ma part et avec Montaigne, qu'il s'agit là de « faire bien l'homme ». Alors, prêts, on s'échange enfin la vie ? Ainsi pourrait aller le monde.

Didier Martz, jeudi 27 novembre 2014

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