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Billet de blog 27 avril 2016

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Ainsi va le monde n° 327 - Tchernobyl

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale Lénine, à quelques kilomètres de la ville de Tchernobyl, dans l'actuelle Ukraine, explose au cours d'un test de sécurité. La catastrophe est évaluée au niveau 7 sur l'échelle internationale des évènements nucléaires. C'est le plus grave accident nucléaire jamais répertorié, le deuxième étant celui de Fukushima.

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Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale Lénine, à quelques kilomètres de la ville de Tchernobyl, dans l'actuelle Ukraine, explose au cours d'un test de sécurité. La catastrophe estévaluée au niveau 7 sur l'échelle internationale des évènements nucléaires. C'est le plus grave accident nucléaire jamais répertorié, le deuxième étant celui de Fukushima.

Le nombre de morts attribué à l'accident est variable. Selon l'ONU, il est de 9000, 90000 pour Greenpeace soit dix fois plus car il faudrait tenir compte des personnes qui ont perdu la vie et perdent encore la vie des suites de la catastrophe.

Pour l'ONU, le coût total de Tchernobyl peut être évalué à plus de 1000 milliards de dollars. De l'Ukraine au Japon en passant par la France le coût humain et financier ne cesse de croître. Au-delà du coût humain et environnemental, le coût financier est exhorbitant. Il se chiffre à 1000 milliards pour l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie, 1500 milliards pour le Japon. Un accident grave en France – qui ne peut être exclu - coûterait 140 milliards selon l'Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire. Quant au dépenses de maintenance, elles explosent. D'après la Cour des Comptes, pour la seule France et pour un seul réacteur, les coûts de maintenance s'élèvent à 7 milliards.

Les conséquences s'étirent vers l'infini et le plutonium qui contamine le site de Tcherbonyl arrivera à une demie-vie dans 24.000 ans et s'éteindra complètement dans 240.000 ans. Bienvenue les enfants et les petits-enfants dans le monde d'après !

Malgré tous ces chiffres incontestables , il reste des défenseurs de l'atome qualifié d'énergie de la raison. Elle assure une indépendance énergétique, crée des dizaines de milliers d'emplois, offre une grande capacité d'exportation, génère des savoirs-faire technologiques... Bref le nucléaire est une filière d'excellence. La France peut ainsi se targuer d'avoir eu la sagesse de suivre en la matière une politique de raison. Sans doute, la raison qui motive le Président de la République à reporter aux calendes la fermeture de centrales nucléaires.

Malgré le coût humain considérable, le coût environnemental démesuré et le coût financier ruineux, nous persistons et signons. Quelle est donc la facture à payer ? Le prix à payer de quoi ? ??? Celui de la lumière. Pas la lumière électrique utilitaire mais celle qui permet d'évacuer symboliquement l'obscurité. L'angoisse, avec ses peurs enfantines, est telle aujourd'hui qu'il faut en permanence laisser la chambre du monde éclairée pour que les femmes et les hommes puissent s'endormir. Dans les moindres recoins du monde, une lampe est toujours allumée, toute les zones d'ombre sont évacuées. Retour à la case première ou primitive, nous allumons et allumerons encore et toujours des feux pour éloigner les fauves de la grotte, fussent-ils symboliques.

Nous avons combattu le silence oppressant par la diffusion permanente de musiques bruyantes en tous temps et tous lieux, nous achevons aujourd'hui le travail de liquidation de l'obscurité. Ce qui vaut bien quelques Tchernobyl, Fukushima et autres Saint Laurent des Eaux et, faute de nuit, la privation du spectacle d'un ciel étoilé. Ainsi va le monde !

Didier Martz, essayiste philosophe, le 26 avril 2016.

A écouter sur RCF Reims Ardennes ; Radio Primitive Reims ; Radio Maunau, Châlons en Champagne

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