Entre mes envies d’écrire et de dessiner
Entre mon goût de la musique et le silence
Entre abattement et joie de créer
Je crie
À Paris ! Où, à pas feutrés, on s’enlace puis on s’embrasse
À Paris ! À Paris l’égoïste, à Lutèce, à Concorde et à Vendôme !
À Paris on se croit maître du monde
À Paris je n’irai plus
Mais m’en fous, j’ai vu
Ce qu’il a plu
Tombent les dollars
Tombent les filles
Tombent de leurs chaises
Les potes à leur aise
Je balance un molard
Sans que ça n’émeuve
Tombent les peuples
Tombe l’espoir
Je fais un schmilblick graphique
Tous les jours je démarre un projet en toc
Le flipper faisait tilt, clac, je lui filais un coup de hanche
Le timer fait toujours tic, tac, tic puis toc
Les médocs m’aplatissent mais je suis sur la bonne direction
J’ai les yeux en face des trous et ceci est mon introduction
Oh, Bourgeois, col blanc, vin pédant
Pas d’incipit, pas de littérature,
Sans te provoquer à un jeu d’échec
Comme une forme d’adieu solennel
Quelle main ? Droite ? Diable, tu es noir !
J’avance en G3
J’attends, plein d’effroi
Rien ne vient, je joue pour toi
Tu es revenu sur terre ?
Ne pisse pas partout comme ça
Raffermis ton nœud de cravate
Concentre-toi, sois digne de ta thune
Vole, extorque, viole, massacre pour des prunes
Des amendes éhontées
Depuis longtemps comptabilisées
Comme un foutage de gueule insupportable
Tu joues en f5, et tu fermes ton clapet de collabo
Hop, je te mange, car mon pion est cavalier
D’ailleurs, tous mes pions sont de la même engeance
Car il a fallu dompter l’animal, pour espérer terrasser la bête
Je mange tous tes pions
Je mange ta reine, et ta tour de lampion
Je mange ton fou, ach so, tôt tôt le matin
Je mange ton cheval, qui n’est pas l’ami du Malin
Tu restes nu, mal dans ta peau
Tu perds lamentablement
Comme prévu par Irma
Ton Roi gît aimablement
Échec et mat, Bourgeois parvenu accommodant