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La nouvelle enquête menée par ETERON – Institut de Recherche et de Changement Social en collaboration avec l’organisation Vouliwatch explore les attitudes des citoyens envers le fonctionnement de la démocratie en Grèce aujourd’hui.
L'enquête recense à la fois les perceptions des principales menaces et les évaluations des contrepoids institutionnels et des formes de participation politique possibles qui amélioreraient la qualité du système politique démocratique et renforceraient la participation citoyenne à la vie publique. L’enquête a été menée par aboutpeople auprès d’un échantillon national de 1.876 citoyens en Septembre 2025.
Conclusions étonnantes
Les personnes interrogées considèrent que les principales menaces pour la démocratie sont principalement la corruption du système politique (59,4 %) et l’absence de justice et l’impunité (57,6 %). Viennent ensuite le contrôle politique et économique des médias et la faible qualité de l'information (32,3 %), les inégalités économiques qui renforcent le pouvoir des élites (24,4 %) et la faible participation et l'indifférence des citoyens (19,1 %).
D'autres facteurs, tels que la désinformation, le populisme, la montée des idéologies extrêmes et les défis posés par les flux migratoires, enregistrent des pourcentages plus faibles.
Concernant les partis politiques, le principal problème, selon les participants, est le manque de dirigeants compétents et honnêtes (40,2 %), suivi de la dépendance aux intérêts financiers (30,6 %) et de l'incapacité à représenter la société (24,5 %).
Interrogés sur leur préférence pour le système électoral, 50,9 % des sondés sont davantage favorables au scrutin proportionnel simple pour une meilleure représentation des opinions des citoyens, 31,4 % au scrutin proportionnel renforcé pour garantir la gouvernabilité, tandis que 17,7 % sont sans opinion.
Concernant les interventions institutionnelles visant à améliorer le fonctionnement du système politique, la limitation du nombre de mandats consécutifs aux fonctions électives est soutenue par 49,3 %, l'instauration d'une incompatibilité entre sièges parlementaires et fonctions ministérielles par 29,8 %, l'augmentation du pourcentage d'entrées au Parlement par 21,1 % et la réduction de cette même limite par 16,1 %. L'instauration d'élections intrapartisanes pour la désignation des candidats parlementaires (primaires) recueille 14,8 % des voix et la possibilité de coalitions gouvernementales préélectorales (avec des bonus de sièges, si prévus) par 12,1 %.
À la question de savoir ce que devrait proposer un gouvernement pour concilier différents principes, la majorité (55,5 %) s'accorde à dire qu'il doit mettre en œuvre le programme et les choix politiques exprimés par les citoyens lors des élections, dans le plein respect du mandat populaire, tandis que 39,3 % estiment qu'il doit prendre les décisions qu'il estime servir au mieux les intérêts du pays, même à l'encontre du programme pour lequel il a reçu le mandat populaire.
Le rôle le plus déterminant pour le fonctionnement du système politique en démocratie est attribué aux institutions et au pouvoir judiciaire, chargés de contrôler le gouvernement (54,7 %). La participation du peuple (vote, consultations, mobilisations) est de 23,7 % et la présence d'un leader charismatique qui tient fermement les rênes du pays est de 20 %.
Enfin, concernant les mesures visant à promouvoir la transparence et le contrôle du pouvoir en démocratie, la modification du mode de sélection des juges suprêmes recueille 93,7 % d'approbation, tandis que la levée de l'immunité des parlementaires recueille 93,1 % d'approbation. L'augmentation des ressources et des pouvoirs des autorités indépendantes est soutenue par 85,5 % des suffrages, la consultation obligatoire de la société civile aux niveaux exécutif et législatif recueille 78 % des suffrages, et le recours à l'intelligence artificielle pour détecter et réduire les phénomènes de corruption est soutenu par 72,6 % des suffrages.
Prochaines étapes
L'enquête montre que les citoyens ne sont pas indifférents mais, au contraire, ils exigent de participer. Avec le vote, les nouveaux moyens de participation, les référendums, la collecte de signatures, la participation aux assemblées et l'utilisation des outils numériques constituent un cadre alternatif pour une démocratie active en quête de nouvelles bases.
La question est de savoir comment et de quelle manière le gouvernement et les partis d'opposition évalueront les résultats de cette enquête et comment ils se prépareront aux prochaines élections nationales prévues en 2027.