qui est fou ?

Le 22 novembre 2013, il y a trois jours, la Cour d'Assises du Rhône a condamné un "schizophrène grave" à 30 ans. Qu'importe le nom du condamné : ce qui est incontestable, c'est qu'il a tué un enfant de 44 coups de couteau, et qu'il était à ce moment-là complètement fou et qu'il le reste encore : cela s'est vu parfaitement pendant le procès où il n'a pas cessé d'avoir des attitudes totalement dérangées et de tenir des propos cinglés.

La folie de cet homme porte un nom : schizophrènie. C'est l'une des plus violentes maladies mentales et l'une des mieux caractérisées. Pas besoin ici de faire un cours : on trouve sur Internet tous les renseignements nécessaires sur cette maladie atroce et qui fait très raisonnablement peur. Le condamné par la Cour d'Assises du Rhône a effectivement tous les symptômes d'une très violente et très dangereuse schizophrènie.

Normalement, des juges et des jurés normaux, avec un cerveau en état de bon fonctionnement, auraient du conclure que l'homme, dangereux meurtrier, était néanmoins irresponsable car "sans discernement". C'est dur à admettre, mais c'est la réalité. Mais voilà ! Cela fait pas mal d'années que des politiciens cyniques ont "durci" le Droit pénal au point de le faire bander uniquement dans le sens de la vengeance, sentiment aussi rassembleur qu'un vaste cul. Non dans le sens, plus difficilement abordable il est vrai, de la vérité scientifique. Cultiver la vengeance est recommandable pour, soi-disant, apaiser les victimes. En fait, pour récolter davantage de voix dans un pays où bon nombre de gens ont de plus en plus envie de se venger d'une façon ou d'une autre des difficultés croissantes à bien vivre.

La Cour d'Assises du Rhône vient donc de se transformer en instrument de pure vengeance. Etait-ce bien raisonnable ? Refuser de voir la réalité, ce n'est pas très malin. Prétendre que le condamné avait son discernement au moment du meurtre relève tout bêtement de ce que l'on appelle un "déni". Voir sur Internet. Le "déni", c'est idiot par principe. Un jugement d'Assises fondé sur le déni est un jugement d'idiots.

D'autre part, mettre en prison un schizophrène de ce genre, c'est d'une rare imbécillité. La prison, ce n'est pas franchement ce qu'il y a de mieux pour enfermer ce genre de malade. D'abord, parce que si le condamné n'est pas suivi et soigné en permanence avec un tas de médicaments genre Tercian ou Abilify, cela va mettre en danger les co-détenus et les gardiens, et ce n'est pas très malin. Surtout si cela doit durer un peu plus qu'un week-end. D'ailleurs, si le directeur de la prison a un cerveau en état de bien fonctionner (ce qui est fort probable) il va vite envoyer le condamné dans un hôpital psychiâtrique doté de services où les gens sont aussi bien enfermés, et même mieux, que dans les prisons.

En fait, le directeur de la prison va faire discrètement ce que les avocats demandaient. Et que la Cour d'Assises a refusé. Si cela se sait, ils vont avoir l'air malin, les génies satisfaits de la Cour d'Assises du Rhône. Mais, rassurons-nous, notre belle institution judiciaire sait cacher sous ses robes ce qu'elle ne saurait montrer.

 

 

 

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