Que se passe-til au Brésil ? Trois fois rien. Ou presque. C’est seulement le libéralisme le plus abject qui s’apprête à replonger le peuple dans la misère noire du XXe siècle. Une paille ! Les commentateurs n’ont rien vu venir. Surtout pas les correspondants de la presse française bien planqués dans leurs bureaux climatisés et leurs résidences sécurisées d’où ils se bornent à traduire Globo TV (l’équivalent de BFMTV, Itélé ou TF1, au choix) à commencer par les journalistes du Monde qui ont définitivement tranché : "non, l’éviction de Dilma Rousseff, présidente élue, n’a pas été victime d’un coup d’État" et ceci malgré les propres aveux de Michel Temer, la marionnette des multinationales et des néo cons étasuniens, devant des investisseurs à New York...
Vieille momie, corrompue jusqu’à la moelle, odieux survivant de l’ère Sarney, tel est le président Michel Temer. José Sarney, c’est celui qui sut faire la transition entre la dictature et la démocratie sans perdre ses propres biens et prébendes mal acquis sous les militaires tout en continuant sous la démocratie balbutiante à piller impunément, en famille, le Maranhão et l’Amapá. Il n’a toujours pas été traduit devant le moindre tribunal ; sa fille toutefois, et un de ses fils, ont dû répondre (timidement) de leurs actes. On attend toujours les condamnations effectives.
La crise constitutionnelle et économique s’amplifie. Le chômage augmente, alors que le salaire minimum stagne à moins de 248 € (contrairementaux années Lula et Dilma où il a triplé en 12 ans). Du coup, le Brésil est non seulement confronté à une importante crise de la demande, mais selon l’IBGE (l’INSEE brésilien) la pauvreté s’accroît de nouveau dans le Nordeste, alors qu’elle avait considérablement régressé sous les années PT, puisque, dans le Sertão, on mourait encore de faim (littéralement) à la fin du XXe siècle et au début des années 2000 !
Alors, comme à chaque fois (Grèce, Portugal, etc.) on met en place une politique économique très favorable aux plus riches, aux banques, aux multinationales et archi défavorable aux plus pauvres. C’est ce que l’on appelle l’austérité. Et au Brésil, le gouvernement illégitime de Michel Temer n’y va pas de main morte, il est encore plus fmiste que le FMI : les investissements dans les services publics pourraient être gelés pour… vingt ans ! Le sénat a approuvé. Il est vrai qu’il est en majorité d’extrême droite et évangélique. Tout comme les parlementaires ont accepté que leur président soit parmi le top 10 des mieux payés du monde alors que le Brésil est endetté, affaibli par la récession, le chômage et l’inflation.
Au fait, en France, nous n’avons guère entendu de réactions des élus ou intellectuels de gauche, notamment au PS, à propos du coup d’État constitutionnel qui a mis un coup d’arrêt au processus démocratique brésilien. Sans doute M. Cambadélis avait-il d’autres chats à fouetter… c'est qu’en ce moment la cuisine interne de la gauche c’est un boulot à plein temps !
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