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Billet de blog 23 mai 2022

L’École et ses professeurs à bout de souffle : urgence vitale à l'école

Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole.

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La crise des vocations révèle une grave crise de l'école

Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole qui doit interroger sur la société que nous construisons et ce que nous voulons transmettre à notre jeunesse.

C’est le cœur de l’Ecole qui est ici attaqué : comment une Ecole peut-elle être fonctionnelle si elle n’est pas irriguée par des personnels ? Si les candidatures s’essoufflent, c’est parce qu’il n’y a plus de souffle à l’Ecole, c’est parce que la souffrance et la précarisation des personnels sont ignorées ou incomprises. Il faut réanimer l’Ecole, c’est une urgence vitale.

Baisse drastique des candidats : des causes structurelles et conjoncturelles

Cette année, les concours aux métiers de professeur.es ont été désertés : Perte d’attractivité du métier, dévalorisation et déconsidération salariale et sociale en sont les premières causes.

Dans plusieurs disciplines du second degré, il y a moitié moins d’admissibles au CAPES que de postes à pourvoir : ces disciplines seront déficitaires à la rentrée 2022. Avant même les dernières épreuves d’admission, il manque déjà 200 profs de maths et une centaine en allemand. Ces chiffres reflètent aussi la baisse drastique d’étudiants préparant les concours. Les chiffres du nombre d’admissibles aux concours sont alarmants : en mathématiques, ce sont 816 admissibles pour 1035 postes. Dans le premier degré, le taux de présence aux concours dans les différentes académies est historiquement bas. Si 816 candidats étaient présents aux épreuves écrites dans l’académie de Limoges, ce sont 185 présents en 2022, alors qu’en Ile-de-France, ce sont 180 admissibles pour 215 postes, 521 pour 1079 à Versailles, et 484 pour 1430 à Créteil. Même si tous les admissibles étaient admis, le taux de recrutement serait de 50%. La liste complémentaire complètera les admis et le recours aux contractuels.

La réforme des concours de l’enseignement a placé le concours à l’issue du master MEEF, la formation  a lieu désormais avant le concours, et non plus à son issue comme auparavant (après un bac +3 , le concours était suivi de 2 ans de formation rémunérée). Cette réforme permet aux étudiants de découvrir le métier plus tôt mais cela diffère leur titularisation, au détriment donc des étudiants de milieu modeste pour lesquels c’est une année supplémentaire d’études avec 1/3 de stages en établissement scolaire contre une petite rémunération. Et cette 2e année de master est particulièrement lourde pour les étudiants, ils cumulent cours, stages et préparation au concours. Après la réussite au concours, soit après un bac+5, la rémunération équivaut à 1,1 SMIC auquel s’ajoute le point d’indice gelé depuis 2010. Ce déclassement salarial a considérablement paupérisé la profession, voire précarisé ce que le recours aux contractuels accentue. Cette semaine, la rectrice de l’académie de Versailles a fait une vidéo de promotion d’organisation de « job dating » , l’expression est déjà en soi programmatique pour pallier la pénurie massive de profs. Le recours aux contractuels deviendrait-il la norme d'emploi ?

Une autre cause est la déconsidération sociale et culturelle du métier de professeur.e, le déclassement salarial n’est pas l’unique cause. L’Ecole n’est plus une institution perçue positivement. Le mépris du Ministre Blanquer avec ses annonces de protocoles sanitaires dans le Parisien ou depuis Ibiza aux personnels comme ses propos sur « l’absentéisme des professeurs » ou « les professeurs ont disparu » pendant le confinement infuse. Le terme « absentéisme » est déjà une marque péjorative et négative. Le profbashing ambiant et lancinant, qui entend dresser les familles contre personnels éducatifs, devrait justifier des choix d’économie et d’injustice car c’est toujours au détriment des enfants les plus fragiles, les plus pauvres, et c’est bien un tri social qui est à l’œuvre. Oui, aujourd’hui les professeurs disparaissent ! c’était donc une annonce prémonitoire… et avec eux ce qui disparaît c’est notre service public d’éducation.

La privatisation de l’éducation

Nous assistons à une privatisation accélérée et organisée de l'Ecole dans l’esprit de la loi de 2009 de la réforme de la Fonction Publique.

Si privilégier le recrutement de contractuels est un aspect de la privatisation de l'Ecole, le bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron est sans appel. Le quinquennat a, en effet, profité à l'école privée, dont sont issus le Président comme le Ministre de l'Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports.

Ainsi, le budget du privé a augmenté plus vite que celui du public et davantage d'emplois enseignants ont eu lieu dans l’enseignement privé (avec des effectifs stables d’élèves). A ces dépenses il faut ajouter celles qui sont liées à la prise en charge de toutes les maternelles du privé depuis la loi Blanquer. En 2019, la loi Ecole de la confiance a rendu l'instruction obligatoire dès 3 ans. Or 98% des enfants sont déjà scolarisés à 3 an, cela profite donc uniquement aux écoles privées dont les dépenses doivent être prises en charge par les communes. Par exemple le même nombre d' Atsem payées par la commune. Le budget 2022 estime à 100 millions de transfert de moyens vers le privé.

Par ailleurs, il y a une hausse sensible des effectifs dans l'enseignement privé hors contrat de 9.2%.

Ce sont les réformes éducatives successives, les classes surchargées et le manque de moyens des établissements publics qui font prospérer ces écoles. C'est bien la marque de défiance envers l’Ecole publique et c'est le résultat d’une Ecole en souffrance, avec des causes structurelles comme conjoncturelles, notamment en lien à la crise sanitaire.

Pourtant face au désastre annoncé et à l’urgence, le projet du Président n’est pas de revaloriser les salaires des professeurs puisque ce qu’il propose est une revalorisation au mérite, à la tâche. C’est la logique de la mise en concurrence entre professeurs, entre établissements, comme annoncé lors de son discours à Marseille. Ce qui est en marche, c’est donc la privatisation de l’Ecole, l’affaiblissement du service public et la perte d’un service public égalitaire.

La perte d’attractivité du métier est un danger pour notre Ecole, notre jeunesse et l’avenir. Les orientations des politiques éducatives et la maltraitance institutionnelle décourage et démobilise donc les futurs candidats comme les professeurs en poste. Les démissions ont triplé en dix ans.

Cette alerte est à court, moyen voire long terme une menace sur la formation de nos enfants, sur leurs conditions d’apprentissage (effectifs de classe en hausse). Y aura-t-il assez de professeurs? La rentrée 2022 avec les Dotations Horaires Globales en baisse continue s’annonçait déjà pour les établissements du 2nd degré (collège, lycée) avec des suppressions d’heures, ce qui signifie moisn d’heures en demi-groupes pour les élèves, des effectifs de classe en hausse, des pertes de postes. Ce sont 7600 postes en moins sur le quinquennat, soit l’équivalent de 175 collèges.

Face à cette crise du recrutement, l’académie de Nancy Metz propose un enseignement à distance pour remplacer les professeurs absents. On a pourtant bien vu que l’enseignement à distance, ce n’était pas l’école et que sans lien au professeur, on perdait les élèves les plus fragiles, ceux qui ont peut-être le plus besoin d’école. C’est un déni de ce qui fonde l’école, l’enseignement avec les relations humaines, les liens qui se tissent.

L’académie de Versailles, elle, lance une campagne de « job dating » pour recruter des contractuels. Cette démarche est éloquente sur la vision de l’Ecole, à « manager comme une start up » mais aussi sur la vision du métier de professeur.e et l’absence de considération sur l’expertise, la formation nécessaires pour enseigner.

Cette crise du recrutement est le résultat d’un quinquennat autoritaire et brutal qui a provoqué mal-être et souffrance pour les élèves et personnels, elle est également révélatrice d’une crise profonde de l’Ecole, et plus généralement peut-être d’une crise de l’éducation au 21e siècle. Ne peut-on pas y lire une critique adressée au système éducatif, à notre Ecole ? ou alors une remise en question de l’Ecole comme lieu de savoirs et de transmissions à l’heure de connaissances ou données accessibles au bout du clic ? A mon sens, cette crise est le moment pour réinterroger notre modèle éducatif et ce que devrait être l’Ecole du 21e siècle.

Une crise aux causes profondes 

« Et si vous voulez former un esprit libre, qui est-ce qui doit s’en charger sinon un autre esprit libre ? » Ferdinand Buisson

Crise de l’Ecole et dérive réactionnaire

Notre Ecole est à un point de rupture et d’effondrement. Le bilan du quinquennat qui vient de s’écouler, c’est le bilan d’une crise profonde de l’Ecole qui se traduit par une crise du recrutement.

Les années de paupérisation, de précarisation et de management autoritaire aboutissent à la crise du métier. Les personnels sont à bout de souffle, Christine Renon, directrice de Pantin qui s’est suicidée, signe sa lettre « une directrice épuisée ».

Toutefois, au-delà des conditions de rémunération et de travail, c’est la remise en question d’un système éducatif qui réduit les personnels à des fonctions d’exécutants et qui exerce une pression sur les personnels, voire une répression jamais connue jusqu’à présent, notamment dans le 1er degré. La liberté pédagogique a été mise à mal : des professeur.es ont été mutés de force comme Hélène Careil qui, en 2021, a dû quitté sa classe de Bobigny en cours d’année, vraisemblablement à cause de ses méthodes pédagogiques Freinet ou de son engagement syndical[1] comme 6 enseignants de Saint-Denis[2] sont mutés à la rentrée 2022. Le ministre a également édité des « guides » à destinations des professeurs des Ecoles. L’historien Claude Lelièvre interroge avec ironie cruelle et humour : « Imagine-t-on l’immense éclat de rire qui secouerait la sphère politico-médiatique si un ministre de l’Agriculture s’avisait de publier et signer un ‘Guide de l’enseignement des labours’ de cette eau, ou bien un ministre de la Santé un ‘Guide de l’enseignement de l’auscultation’ ? Il y a cependant peu de rieurs. Par méconnaissance ou indifférence ? »[3]

 Mais la liberté pédagogique ne serait-elle pas que la reconnaissance de ce qui fonde le métier de professeur.e, la reconnaissance de leurs compétences professionnelles et de ses responsabilités ? Une tutelle idéologique sur les pédagogies comme sur les contenus d’enseignement n’enterre-t-elle pas dès lors tout réel travail pédagogique ? Le quinquennat de Blanquer a été celui du choix des neurosciences, et du déni des déterminismes sociaux-culturels et de la reproductions des inégalités, ce qu’expose l’ouvrage Enfances de classe, de l’inégalité parmi les enfants (ouvrage collectif sous la direction de Bernard Lahire, Seuil, 2019). Mark Sherringham, controversé pour avoir plaidé pour le retour du christianisme à l’école publique, a été nommé à la tête du Conseil Supérieur des programmes, signe d’une dérive idéologique à l’œuvre.

La pénurie est donc le résultat d’une politique de mise au pas des professeur.es, du déni de ce qu’est le cœur de leurs métiers. Cette crise montre que le système éducatif vertical et technocratique n’a plus l’adhésion de ses personnels et qu’il est temps et urgent de rendre l’Ecole plus démocratique et ouverte aux dialogues.

Pour renouer un lien de confiance des personnels avec l’institution et des familles avec les personnels, une méthode horizontale doit être à l’œuvre. L’Ecole a besoin de sens, elle n’est ni une entreprise, ni un laboratoire. Il est urgent de changer de méthode, d’ouvrir le dialogue, de redéfinir et de construire l’Ecole publique du 21e siècle avec l’ensemble de la vaste communauté éducative (familles, monde associatif, culturel et sportif, les réseaux d’éducation populaire, les collectivités locales). L’indépendance des programmes et la liberté pédagogique doivent aussi être respectées : le professeur doit être considéré comme expert et non comme un exécutant.

C’est un changement de gouvernance, de culture scolaire et du système éducatif dans son ensemble dont l’Ecole a besoin

Des solutions simples : une volonté politique de revalorisation des métiers du lien et du soin

Force est de constater que le service public d’éducation d’intérêt général est massivement assuré, il faut le dire, grâce au surinvestissement des personnels éducatifs allant de pair avec le désinvestissement de l’Etat. Aujourd’hui l’égalité comme la continuité des services publics sont attaquées et remises en question par la politique néo-libérale de Macron.  

Comme pour les métiers du soin et du lien, métiers essentiels et d’intérêt général, le métier de professeur.es doit être reconsidéré : ATSEM, animatrices et animateurs pour les temps périscolaires et cantine du 1er degré, AESH pour les élèves en situation de handicap doivent être rémunérés dignement.

Il est frappant de voir combien les métiers d’utilité publique sont maltraités et sont souvent des métiers féminins : 68,3% de femmes à l’Education Nationale. Les femmes sont majoritaires dans les catégories les moins rémunérées et les plus précaires (93% des AESH), elles sont 78% des temps partiels, 66% des non-titulaires.

L’Ecole asphyxiée a donc besoin de mesures immédiates et de moyens à la hauteur des enjeux pour être réanimée. Cette revalorisation salariale doit être SANS conditions. La question de moyens est une question de choix politique (comme le choix de financer davantage l’enseignement privé sous contrat ou de rendre 600 millions à Bercy, ou encore d’avoir recours aux cabinets de conseil comme Mac Kinsey).

Il est également urgent, après un temps de réparation, de préparer, sur un temps long, la reconstruction de l’Ecole et de la place du métier de professeur.e.

Si l’Histoire éclaire le présent, pensons l’avenir du métier de professeur.e en citant Jules Ferry : «  […] l’administration de l’instruction publique, telle que je la comprends, doit s’occuper essentiellement de susciter l’énergie des maitres et mettre partout en jeu leur initiative et leur responsabilité. Voilà pourquoi nous faisons appel aux maîtres et nous voulons les consulter. C’est une espèce de self-government de l’enseignement public. »

[1]                     https://blogs.mediapart.fr/francois-spinner/blog/020321/mutation-forcee-dhelene-careil-vous-les-eleves-de-la-classe-cm1a

                https://www.humanite.fr/societe/education-nationale/bobigny-enfants-et-professeurs-font-les-frais-de-la-repression-702708

[2]                     https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/seine-saint-denis/des-enseignants-et-une-directrice-mutes-d-office-la-colere-gronde-a-l-ecole-louis-pasteur-de-saint-denis-2520200.html

                https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/seine-saint-denis/saint-denis/la-justice-rejette-le-recours-des-enseignants-mutes-a-saint-denis-2540892.html

[3] Claude Lelièvre : L’Ecole Républicaine ou l’Histoire manipulée. Une dérive réactionnaire. Le Bord de l’eau, 2022.

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