Qu’y-a-t-il sous les de bottes qui commencent à se faire entendre au Mali ? par Mireille Fanon-Mendes-France- sur Blog coordonné

Contribution de Mireille Fanon-Mendes-France

L’écoute attentive du discours des deux candidats à la présidence des Etats-Unis confirme l’orientation stratégique de déclencher une nouvelle guerre, aux conséquences totalement imprévisibles, contre l’Iran. Dans ce but, l’establishment américain et ses médias n'hésitent pas à instiller l'idée que ce pays est sur le point de finaliser la bombe nucléaire et dès lors serait un danger pour l'ensemble du monde mais particulièrement pour l’Etat d’Israël, dernier rempart au Moyen-Orient d’un Occident dont l’influence se contracte irrésistiblement et dont le modèle libéral est entré dans une crise terminale.

Les Etats-Unis, qui se posent en gardien de la paix et de la sécurité internationales, ainsi qu'on a pu le voir en Irak où leur intervention a été imposée à la communauté internationale par le mensonge, en Afghanistan où celle-ci a été justifiée au nom de la démocratie et contre la situation faite aux femmes, ont bien l'intention d'attaquer l'Iran dès que leur calendrier sera en cohérence avec celui de l'Etat d'Israël. Mais entretemps Washington ne perd pas de vue son objectif principal : contrer la progression globale de la Chine dans la grande guerre pour les ressources de la planète. Et dans ce conflit encore feutré mais qui pourrait se transformer en guerre chaude, l’Afrique est le continent de tous les enjeux. Le rapport « Horizons stratégiques1 » publié par le Ministère français de la Défense, avril 2012, anticipe cette éventualité et s’inquiète du face à face Chine-Etats-Unis « enfin, sans conduire à une logique bipolaire, le format de la relation sino-américaine devient, qu’on le souhaite ou non, l’enjeu de la gouvernance de demain ».

C’est bien sous cet angle que doit être évaluée la situation du Mali et les menaces d’intervention américano-françaises. Il s’agit de profiter de la déliquescence d’Etats sous domination continue depuis les indépendances pour réintroduire directement une présence militaire camouflée derrière des armées locales dont nul n’ignore l’insigne faiblesse. Le Mali devient, dans ce jeu géostratégique, otage d'une volonté des Etats impérialistes et de leurs soutiens de porter partout la guerre sans fin de façon à interdire la progression d’une puissance adverse et, dans le même mouvement, d’éradiquer toute volonté des peuples à résister à l’ordre ultralibéral mondialisé construit sur la financiarisation et la militarisation. Les Etats-Unis démontrent leur sens de l’opportunisme en répondant à l’appel à l’aide de son allié français désormais incapable, à lui seul, de gérer son pré carré africain. La présence américaine dans le Sahel permet de contrôler directement l’accès à des ressources essentielles, l’uranium notamment, et de conférer une profondeur stratégique à leur action sur le continent et au Moyen-Orient.

I/ Les Etats-Unis et Africom

La première étape pour les Etats-Unis qui avaient compris que l'ancienne puissance coloniale de l'Afrique francophone, la France, n’avait plus les moyens de jouer le rôle de soutien et de protecteur effectif des transnationales implantées pour piller les ressources naturelles indispensables à leur domination économique, était d’implanter des bases Africom[1]. Il y a 6 ans que les Etats-Unis, par le biais d’Africom, avaient décidé de mener des opérations clandestines et de renforcer leur aide en mettant en place des programmes de formation à l’intention de l’armée malienne –à peu près 6 000 soldats dans l’incapacité de contrôler l’ensemble du territoire parce qu’insuffisamment armés et formés.

 Ainsi, sous couvert d’une opération « Creek Sand », des militaires et des entrepreneurs américains sont arrivés au Mali pour des missions de surveillance. Par ailleurs, dès 2009, le Pentagone avait envisagé l’intégration dans l’armée malienne de commandos américains [2] mais aussi le survol du territoire par des avions de surveillance ressemblant à des avions de transport civil, mais cela a été abandonné. Enfin du moins partiellement [3], puisqu’en avril dernier, six personnes, dont trois soldats américains accompagnés de trois ressortissantes marocaines, ont trouvé la mort à Bamako lorsque leur 4x4 a plongé dans le fleuve Niger. Que faisaient-ils là ? Officiellement, les Etats-Unis avaient annoncé avoir suspendu toutes relations miliaires avec le gouvernement malien, à la suite du coup d’Etat du mois de mars.

Cet accident semble fortement confirmer le contraire : au nord Mali, des unités d’élite investies secrètement dans des actions de contre-terrorisme visant particulièrement Aqmi étaient bien présentes et le sont probablement encore.

II/ Une intervention militaire au Mali

 La seconde étape consiste à préparer l'opinion publique internationale à une intervention au nord Mali au nom de la démocratie et de l’ordre constitutionnel, du patrimoine culturel mondial mis en péril par des terroriste islamistes et de la souffrance du peuple, qui, rappelons-le, paie le prix fort de tout conflit interne ou importé par ceux qui veulent imposer leur loi. Ces raisons méritent questionnement.

 Sont à la fois mis en avant la situation humanitaire des populations du nord et du sud mais ne peut être omis que de nombreux partenaires, dont l’Union européenne, les Etats-Unis, la Belgique, le Canada, la France[4]… et des institutions financières ont décidé, au lendemain du coup d’Etat, de suspendre leurs aides au Mali précipitant l’ensemble de la société malienne dans une pauvreté encore plus grande ; cet « embargo » financier a été renforcé par un « embargo » politique. L’Organisation internationale de la Francophonie[5] a suspendu le Mali dès le 30 mars ; l’Union africaine[6] dès le 23 mars et la CEDAO dès le 27 mars. Il aura fallu la quasi-certitude d’une intervention militaire pour que certaines instances reviennent sur leur décision de bannir le Mali de leur communauté internationale.

 Le Président Hollande, quant à lui, revendique son droit à délivrer les otages –cela semble compter bien peu- mais surtout à protéger les intérêts français. Pour mieux faire accepter une intervention militaire, il cache des intentions néocoloniales partagées derrière le besoin d’une intervention pour « éradiquer le terrorisme dans l’intérêt de ce pays, de l’Afrique et de la stabilité du monde2 ». Certes, l’Islam radical –désigné sou le terme « terrorisme » pour mieux affoler les populations- a des bases dans le Sahel, sur les routes du pétrole, du gaz et de l’uranium, mais ne soyons pas naïfs, son émergence a bien été favorisée pour servir les intérêts des Occidentaux et particulièrement des Américains. Le terrorisme devient un argument tactique pour faire main basse sur les ressources naturelles de cette région du monde dont les USA ont cruellement besoin. On ne peut, bien sûr, ignorer que nombre de citoyennes et de citoyens maliens veulent, eux aussi, la fin de l’Islam radical et des exactions qui l’accompagnent sur leur territoire. Qui ne le voudrait pas ?

 Les Maliens, dans leur ensemble, désirent vivre en assumant leur droit à l’autodétermination, leur droit à disposer pleinement de leurs ressources naturelles et leur droit à choisir librement leur représentation politique sans qu’un pays, ancien ou futur colonisateur, vienne leur dire ce qui est bon pour eux, au nom de la « responsabilité de protéger » et/ou de la démocratie mais surtout au nom de la lutte contre le terrorisme.

Le Président français n’hésite pas, pour se doter d’une « légitimité » plus grande et pour convaincre les derniers récalcitrants, à affirmer qu’il s’agit de « casser un processus fondé sur le trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains qui risque de déstabiliser l’ensemble de la région[7](…) ». Mais qui a qui profite exactement le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains ?

 Le Mali ne possède pas la puissance nucléaire mais sur son territoire se retrouvent tous les ingrédients pour que les Occidentaux s’autorisent à intervenir au nom de ce qu’ils considèrent comme leur mission depuis l’époque où ils ont foulé, pour la première fois, d’autres terres que les leurs. Leur mission est de « sauver leur monde» ; la lutte contre le terrorisme est une des nouvelles formes de cette mission. Cela vaut bien une guerre !

Le rapport « Horizons stratégiques3 » du Ministère des Affaires étrangères permet de constater que, d’une part, même si le président de la France change, les relations coupables de la Françafrique perdurent. Une fois élu, rien ne change, même s’il a claironné durant sa campagne qu’il allait tout changer. D’autre part, ce rapport pointe un possible affaiblissement de la sphère occidentale ce qui renforcerait encore plus le besoin en sécurité globale « dont les Etats-Unis continueraient d’assurer la maîtrise d’ouvrage (…) » avec  « la possible émergence d’un référentiel unique en matière de contrat opérationnel et, surtout, un processus décisionnel maîtrisé de plus en plus étroitement par les États-Unis ». En toute objectivité, les rédacteurs du rapport, envisagent qu’ « indirectement donc, l’autonomie de nos décisions relatives à notre environnement international de sécurité pourrait être régulièrement mise à l’épreuve d’ici 2040 », particulièrement si « un retrait de la présence militaire américaine en Europe » n’était « pas suivi d’une stratégie concertée entre Européens sur les modalités de la sécurité du continent » ce qui « aurait des effets néfastes pour la stabilité de la région ».

 III/ Construction d’une alliance militaire

 Maintenant se pose la question des alliances pour mener cette guerre dont les premières victimes seront les Maliens eux-mêmes, mais aussi les Mauritaniens, les Nigériens, les Burkinabais, les Algériens avec des conséquences évidentes pour les Guinéens, les Ivoiriens et les Sénégalais. Autant dire que toute l’Afrique subsaharienne va s’embraser et s’enfoncer dans une guerre sans fin à l’instar de celles menées en Irak et en Afghanistan.

La CEDAO, malgré son désir de vat en guerre, n’a ni les moyens humains ni matériels pour mener cette guerre. Elle a besoin de soutien extérieur, obtenu à l’issue du vote à l’unanimité de la Résolution 2071 adoptée par le Conseil de sécurité, considérant notamment que «la situation au Mali constitue une menace contre la paix et la sécurité internationales» et qui «se déclare prêt à donner suite à la demande des autorités de transition maliennes qu’une force militaire internationale prête son concours aux forces armées maliennes en vue de la reconquête des régions occupées du nord du Mali». Reste à savoir qui participera à cette force internationale qui à terme devrait, selon les termes du Secrétaire général des Nations Unies, « élaborer une stratégie globale portant sur les problèmes transfrontaliers du Sahel : les armes, les réfugiés et le terrorisme » ?

Afin de délimiter les contours de cette force, le gouvernement transitoire du Mali a, maintenant un peu moins de 45 jours pour définir, en liaison avec ses partenaires de la CEDAO et de l’Union africaine, un «concept d’opération» -conditions concrètes de l’aide extérieure, modalités du déploiement sur le terrain, forces venant de différents pays. Ce n’est qu’à l’issue de ces 45 jours, qu’une autre résolution autorisera le déploiement de la force.

La réunion, tenue dans le cadre du Conseil européen -18 et 19 octobre à Bruxelles-, semble avoir précisé le cadre de cette force qui devrait prendre modèle sur l’Amisom- mission de l'Union africaine en Somalie- qui, soutenue par l'European union training mission Somalia -EUTM Somalia- aurait contribué à arrêter des Jihadistes en Somalie. C’est loin d’être vrai, puisque vingt ans après le début du conflit, le pays est toujours en état de guerre civile. Il est, dès lors, pour le moins curieux de revendiquer un modèle qui n’a pas fait ses preuves et dont la fin de la « formation » ne prendra effet qu’en décembre 2012, date à laquelle près de 3 000 soldats somaliens seront formés par quelque 675 instructeurs européens. La mission de formation au Mali –Micema –quelque 3 000 hommes- devrait contribuer à la réorganisation et à l'entraînement des forces de défense maliennes » et se trouver sous mandat de l'Union africaine et de l'ONU.  La France, la Grande-Bretagne et l'Espagne ont accepté d’y participer, l'Italie, la Belgique aussi, l’Allemagne vient de se décider à participer à cette action; seuls la Pologne et les pays nordiques font encore attendre leur décision.Mais il est bien évident que cette force ne suffira pas. Il manque l’un des protagonistes essentiels : l’Algérie.

 IV/ Une inconnue de taille

 Il reste en effet une inconnue de taille et dont dépendent l’entrée et l’issue de cette guerre: l’Algérie va-t-elle accepter de participer à cette force ? Jusqu’à présent, elle a refusé toute intervention militaire car «jeter quelque 3 000 hommes dans un théâtre d'opérations de plus de 8 000 kilomètres carrés serait insignifiant. De plus, l'ennemi, invisible et insaisissable, mènera une guerre d'usure qu'il gagnera à coup sûr contre une formation militaire telle que la pense la CEDEAO, qui ne connaît pas, non plus, le terrain saharien. Enfin, les groupes armés s'appuieront sur la population locale, des Touaregs, pour qui une armée africaine équivaut à une force d'occupation étrangère ». A l’heure actuelle, l’Algérie, après avoir pondéré son avis, accepterait « tacitement », selon le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) d’offrir un appui logistique à la future force africaine d’intervention dans le nord du Mali.  L’Etat algérien a de bons rapports avec les USA mais sait aussi qu’il suscite la convoitise à cause de ses propres ressources et de sa position géographique qui ouvre les portes vers le Sahel et ses richesses énergétiques.  L’Algérie se montre hésitante mais il n’échappe à personne que dans la région, c’est le seul Etat, fort d’une armée bien formée, capable de croiser le fer avec les rebelles, même si elle sait que cela sera difficile. Dès lors, la communauté internationale s’impatiente, et particulièrement la France.

 V/Se trouver des ennemis de l’intérieur

Pour ne pas être exclue des richesses à prendre et qu’elle n’a pas su garder et pour montrer sa participation active, la France après avoir œuvré en vue du vote de la résolution 2071, mène, sur son propre territoire,  le combat contre les terroristes; elle n’est, certes, pas seule à le faire.  Mais elle utilise pour cela un moyen des plus dangereux, inconsciente ou refusant de voir les conséquences d’une telle politique. Elle laisse une partie de son opinion s’installer dans une représentation européo-centrée qui désigne l’Autre, l’Etranger responsable de l’errance politique des représentants politiques -y compris ceux au gouvernement-, du délitement de la pensée intellectuelle et d’une crise sociale et économique. Il est aujourd’hui normal de réécrire une « histoire » plus politiquement correcte basée sur une conception raciste ou ethnoculturelle du monde ; ce prisme réducteur et dangereux est de plus en plus présent dans le champ politique. C’est ainsi que l’on entend les intellectuels organiques du libéralisme au pouvoir distiller à longueur de colonnes et sur tous les plateaux de télévision les thématiques de l’arabophobie et de l’islamophobie. Le racisme se fond aujourd’hui dans un ensemble de mécanismes d’exclusion et d’infériorisation qui semblent fonctionner de manière autonome, sans que personne n’ait à s’assumer explicitement raciste mais où tous comprennent le langage le code de l’exclusion. Les superstructures idéologiques d’Etat nourrissent l’exclusion par des stigmatisations essentialistes. De «l’homme noir qui n’est pas entré dans l’histoire» à une laïcité de combat, l’essentialisme est bien l’habit neuf d’un vieux discours. Les hiérarchies ontologiques visent à différencier irrémédiablement pour mieux exploiter.

 Dans un climat de xénophobie ascendante et d’émiettement social, le racisme est vécu au quotidien et pèse fortement sur les constructions identitaires des individus. En ce sens la figure sociale de l’Algérien, en France ou en Algérie, pour les Français n’a pas changé depuis la colonisation. On peut affirmer que la raison de ce racisme tient au fait que les représentations ont précédé les Français issus de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, au-delà même de la période coloniale. C’est ainsi que la reprise du thème du « racisme anti-blanc » par un parti de droite « républicain » est révélatrice de l’imprégnation d’un discours extrémiste directement hérité de la guerre d’Algérie.

Comment émerger d’un passé traumatique et visiblement indépassable ? La question est d’autant plus complexe qu’elle renvoie irrésistiblement aux enjeux actuels du débat sur l’immigration et à l’enracinement dans la société de jeunes Français issus de minorités visibles». C’est sur ce terreau nauséabond que l’on voit des intellectuels d’origine algérienne désignés4 à la vindicte au prétexte qu’ils feraient l’apologie du « racisme anti blanc ». Apparaît dans l’espace politico-social la désignation de responsables des errances d’une société qui se réveille de plus en plus raciste, reprenant à son compte les antiennes racistes rageuses proférées pendant la lutte de libération nationale de l’Algérie. Cette accusation n’est pas sans lien avec la guerre programmée au Mali et une possible attaque sur l’Iran.

Il s’agit pour ceux qui nous dominent et qui veulent garantir leur domination au détriment des peuples et des sociétés de désigner ceux qui empêcheraient ou leur « paix » et leur « sécurité internationales » ou leur « cohésion sociale ». Leur volonté de porter la guerre au Mali, certes pour libérer le nord du terrorisme, ce que désirent de nombreux Maliens, n’est pas sans lien avec ce que le rapport « Horizons stratégiques » dit de la peur que suscitent, pour les pays occidentaux, la résurgence forte du panafricanisme et la volonté de certains Etats africains d’assumer leur souveraineté sans « tuteurs ». Ils font entendre leur désir d’être débarrassés de certains des accords bilatéraux qui les maintiennent dans un statut de soumission –militaires, policiers, économiques ou portant sur les migrations. Ces revendications successives sont, pour les anciens colonisateurs, inacceptables. Ce n’est pas pour rien qu’ils scrutent avec angoisse les révoltes arabes. Ils craignent bien trop la prise en main du processus de libération de la dictature par le mouvement social ; pour contrer cela, ils poussent un peu les pions et regardent avec modération le jeu d’Ennahdha, soulagés que le peuple tunisien se mobilise contre l’introduction de l’Islam radical dans leur vie quotidienne. Pendant ce temps-là, ils oublient leur droit à la souveraineté et à l’autodétermination.

 Le bombardement envisagé sur l’Iran procède de la même logique. Il s’agit de mettre à l’index ceux qui s’opposent à l’ordre du monde impérialiste en dénonçant les égarements en termes de relations internationales ou en termes de gestion de crises et de les exclure de la communauté internationale ; tout comme il s’agit d’exclure de la société ceux qui dénoncent la droitisation de la société française. Il s’agit pour les dominants d’utiliser des instruments de répression politico-idéologique et de remise en cause des droits politiques et civils.

Les Etats-Unis et leurs alliés assument pleinement la logique du dit « choc des civilisations », entre Etats mais aussi entre citoyens d’un même pays, en légitimant l’état d’exception international mis en place par les puissants contre les peuples. La plus grande menace à la paix et à la sécurité internationales se trouve dans la violence des pays occidentaux, spécialement des Etats-Unis et de leurs alliés européens qui violent systématiquement le droit international et la Charte des Nations Unies, sous couvert de lutte contre le terrorisme, comme c'est le cas en Irak, en Afghanistan, au Soudan, à Cuba, en Haïti , en Serbie, en Côte d’ivoire et bientôt au Mali. Comme cela a été le cas en Libye où l’intervention de l’OTAN a été possible grâce à l’injonction paradoxale portée par ceux qui ont voté la résolution 1973. Ils affirment d’un côté, «leur ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Jamahiriya arabe libyenne» et de l’autre envoient des forces armées pour obtenir plus rapidement l’assassinat en direct de Kaddafi en dehors de toute légalité internationale au regard de la Charte des Nations Unies, laissant le pays dans un véritable état de chaos.

La vraie menace à la paix internationale est la pauvreté généralisée des populations du Sud et le pillage de leurs ressources naturelles par les sociétés transnationales. Dans ce contexte, il est indispensable de saisir les profondes causes du terrorisme. En tout état de cause, le terrorisme est la conséquence du désespoir que cet ordre international de misère et de violence déverse et impose aux peuples. La faillite des puissances hégémoniques et dominatrices tient au fait qu’elles attachent une plus grande importance aux conséquences du terrorisme qu'à ses causes profondes. A cet égard, le terrorisme joue un rôle précieux en justifiant les aventures bellicistes de l’occident et en nourrissant un discours raciste qui a retrouvé une place centrale dans le discours politique « décomplexé ».

Mireille Fanon-Mendes-France - Experte du groupe de travail sur les Afro Descendants au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, novembre 2012

 [1] Voir le site AFRICOM, www.africom.mil

 [2]Cf, les câbles classés secret, http://wikileaks.org/cable/2010/01/10RABAT5.html

[3] Lire l’article de Craig Whitlock, “Mysterious fatal crash offers rare look at U.S. commando presence in Mali

 http://www.washingtonpost.com/world/national-security/mysterious-fatal-crash-provides-rare-glimpse-of-us-commandos-in-mali/2012/07/08/gJQAGO71WW_print.html

 [4] site du MAE, « Depuis le coup d’Etat du 22 mars, la France a suspendu toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali. Elle maintient son aide en faveur de la population, en particulier l’aide alimentaire, ainsi que la coopération en matière de lutte contre le terrorisme. » http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/mali/la-france-et-le-mali/

 [5] communiqué du 30 mars 2012 dans lequel le Conseil permanent de la Francophonie a décidé "la suspension de ce pays des instances francophones, y compris la suspension de la coopération multilatérale francophone à l'exception des programmes qui bénéficient directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au retour à l'ordre constitutionnel et au rétablissement de la démocratie".

 [6] Communiqué du 23 mars dernier transmis par Paul Lolo, président du Conseil de paix et de sécurité de l'organisation panafricaine, "Le Conseil a décidé que le Mali devrait être suspendu sine die de toute nouvelle participation jusqu'au retour effectif de l'ordre constitutionnel"

 [7] Nouvel Observateur, 9 octobre 2012

 [8] http://www.algerie1.com/actualite/lalgerie-serait-favorable-a-une-intervention-militaire-au-mali/

FRANTZ FANON FOUNDATION-FONDATION FRANTZ FANON

président d'Honneur: Aimé Césaire

Fondationffanon@hotmail.com

www.frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com

1 http://www.defense.gouv.fr/das/reflexion-strategique/prospective-de-defense/articles-prospective/horizons-strategiques

 2 Propos tenus lors d’une conférence de presse à l’Elysée avec le Secrétaire général des Nations Unies

3 Voir note 1

4 Houria Bouteljda, porte-parole du Parti des Indigènes de la République ; www.indigenes-republique.fr/bloghouria

Saïd Bouamama, sociologue, animateur du Forum de l’Immigration et des Quartiers populaires ; dailynord.fr/2012/10/36389/

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