Demain, une société mondiale responsable et solidaire avec ou sans retraite

 Il encore temps de reconstruire un autre monde plus juste

De Djilali

 

l'humanité est ainsi faite que l'homme a toujours eu tendance à chercher à biaiser avec les tendances lourdes qu'il s'est lui-même imposées. Les recherches et les découvertes spectaculaires des sciences et des technologies ont généré des ''progrès'' que certaines écoles philosophiques peuvent toujours contester en s'appuyant sur leurs effets collatéraux on bien sur des critères spéciaux d'appréciation. Toujours est-il que grâce à une combinaison complexe des avancées des sciences bio-médicales et des applications en divers secteurs d'activité humaines des technologies, l'homme dont l'espérance de vie n'a cessé de se rallonger, consacre aujourd'hui moins de temps de sa vie au travail qu'il ne le faisait, il y a quelques siècles, voire quelques décennies seulement. Il en a découlé une tendance lourde à la diminution des besoins en travail, compensée par l'augmentation croissante de la productivité.

 

Autre évidence, grâce aux progrès de la médecine du travail et aux services encore publics pour l'instant, d'hygiène, de sécurité et d'accompagnement des conditions de travail,, la pénibilité dans sa globalité a eu tendance à se réduire permettant aux heureux bénéficiaires de retraites de mieux en bénéficier. Sauf à penser que nous vivons en ce début du 21è siècle un bouleversement des fondamentaux de l'évolution du genre humain avec un retour insidieux et progressif aux temps jadis et qu'on croyait révolus, de l'exploitation des hommes, du servage et de l'esclavagisme et pourquoi pas du cannibalisme pour la survie des plus forts et des plus puissants, rien de peut justifier qu'il y ait des gens sensés, acceptant le principe de travailler plus et plus longtemps, simplement parce que l'espérance de vie s'est accrue et que les systèmes de retraites dans leur construction partisane font la part belle aux profits au détriment des salaires. Les excès des tenants d'un libéralisme forcené prônant pour un fétichisme absurde de la supériorité du marché dans un parti pris suicidaire d'avantager les avides de profits et de compétitivité au détriment du travail, de la solidarité et de la coopération, laissent croire qu'il n'y a pas d'alternative aux systèmes de retraites par capitalisation, servis par des opérations obscures et confuses d'intermédiation et des médias soumis, fixant les droits à la retraites dans une dynamique expansive travaillant dès à présent sur l'idée d'une fatalité que bientôt, très bientôt, la retraite des travailleurs ne peut se concevoir que dans les horizons des 80 ans et plus.

 

Bien sûr qu'on ne peut que se féliciter du cas de ces espèces rares bien que de plus en plus nombreuses de grands académiciens, professeurs d'université, de hauts responsables politiques qui aspirent au renouvellement sans limite de leurs mandats, des leaders d'opinion vénérés et vénérables, lesquels déjà centenaires ou presque, qui disposent de tous leurs moyens et qui dispensent allègrement bénédictions, cautions et conseils, le plus souvent quasi-bénévolement tant leurs fortunes sont faites et depuis bien longtemps. Ces privilégiés sont en droit de renoncer à tout droit à la retraite ou d'en cumuler plusieurs retraites, l'essentiel pour eux est de demeurer actifs jusqu'à leurs obsèques en grande pompe. Il en est autrement des travailleurs de base dont le rapport à l'emploi est soumis aux rapports de force - capital/travail -, toujours en leur défaveur. Eux aspirent à profiter un tant soi peu de la vie au moment de leur retraite sensée intervenir à des âges qui tiennent compte des progrès avérés de productivité.

 

La crise systémique qui a affecté l'économie mondiale depuis 2008 s'est traduite par une détérioration du pouvoir d'achat des travailleurs et une revalorisation des niveau de profit, avec des dysfonctionnements découlant de pratiques spéculatives éhontées des opérateurs financiers et bancaires et les effets désastreux de dumping social généralisé au niveau d'opérateurs multinationaux à l'affût de sources de profits, puisés dans l'exploitation des mouvements migratoires de travailleurs ressortissant de différents pays.

 

Le nombre de pauvres, vivant en dessous du seuil de pauvreté, ne cesse de croître dans les pays dits riches et puissants comme dans les pays où la misère gronde et où la dépendance s'enracine comme au temps de la colonisation. Le nombre des millionnaires et des milliardaires dans tous pays confondus ne cessent d'enfler créant une nouvelle classe sociale assumant la réalité du pouvoir politique et organisant l'économie mondiale pour répondre à ses seuls et égoïstes intérêts.

 

Et ce ne sont pas les Etats dans leur hétérogénéité ni les institutions onusiennes dans leur impuissance congénitale qui vont transformer les choses et imposer de nouveaux systèmes protecteurs des hommes dans leurs statuts de travailleurs ou de retraités heureux et épanouis.

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.