Le Pape François, un visionnaire qui éveille les consciences !

 Un pape qui suprend par ses recommandations prônant une humanité pacifiée et de progrès.

 De Djilali,

Traditionnellement, les papes cumulent leurs statuts de chefs suprêmes du clergé qui guide les communautés catholiques à travers le monde, et de souverain de l'Etat de la Cité du Vatican, cette petite enclave territoriale indépendante dans Rome, où ils y exercent la plénitude du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Avec une grande discrétion, ils sont à la tête d'un des réseaux diplomatiques des plus denses et des plus actifs, leurs envoyés diplomatiques les nonces apostoliques, ont le statut d'ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires avec dans beaucoup de pays le titre honorifique de « doyen du corps diplomatique » dans les État où ils sont accrédités. Leurs voix portent et leurs positionnements sont d'importance au regard des grands défis que confronte l'humanité.

En quelques mois à peine, le pape François s'est engagé délibérément dans la promotion d'une vision d'un monde alternatif à celui qui prévaut.

En plus de ses exploits de visionnaire d'une humanité rénovée et apaisée dans sa dimension globale, toutes croyances réunies, il ne ménage aucun effort pour multiplier des initiatives et rappeler, au quotidien, dans ses discours comme dans ses actes, ses préférences programmatiques et opérationnelles pour la construction d'un autre monde, engageons ses fidèles, mais aussi toutes les femmes et les hommes de bonne volonté à s'intéresser d'abord et avant tout aux pauvres, à ceux qui souffrent, aux sans voix ni droits, dénonçant explicitement les excès du capitalisme et de l'économie de marché.

Comme Sankara durant sa brève présidence au Burkina Faso, le pape François séduit par l'exemple qu'il donne payant de sa personne pour que tout acte qu'il pose soit conforme à son discours. Il montre la détermination en recommandant d'abord à la haute hiérarchie de l’Église le devoir d'humilité et de la prise de distance au regard des pratiques de l'ostentation dans les apparats du luxe et de la puissance. Il invite la communauté internationale, ses leaders et ses forces vives à confronter la domination abusive des tenants du capitalisme dans toutes ses déclinaisons et ses variations opportunistes. Il va jusqu'à recommander une réforme en profondeur des institutions internationales pour les reconstruire et leurs donner des prérogatives nouvelles en matière de mise en œuvre d'une gouvernance mondiale dans un sens de gouvernement politique mondial attentif et réactif aux enjeux des défis économiques, sociaux et environnementaux, dans une vision prospective du devenir de l'humanité.

Le pape François ne veut pas rester dans des positionnements idéologiques à objectifs variables selon les contingences, les pressions du moment ou les modes éphémères, il fait des propositions concrètes, courageuses, souvent à contre courant de la pensée unique envahissante et partisane dans sa défense des seuls intérêts des riches et des nantis. Il vient de recommander la mise en place d'une autorité politique mondiale pour ordonner la multitude d'institutions internationales, d'organisations onusiennes ou quasi-onusiennes, de structures intergouvernementales formelles ou informelles, légitimes ou autoproclamées, un ensemble nébuleux et tentaculaire dont la seul ambition est de maintenir la situation d'obscurantisme qui subissent, impuissants les citoyens du monde.

Et, alors que les 28 pays de l'Union européenne peinent à mettre en place et à faire fonctionner en des délais raisonnables une autorité de régulation des institutions financières et bancaires en plus ou à côté de la Banque Centrale européenne sensée disposer de tels compétences sur les pays européens membres de la zone Euro, le pape propose pour sa part la mise en place d'une autorité mondiale capable d'assumer la supervision des politiques et pratiques dans les domaines de la finance et des banques. Sublime initiative qui concernera de façon juste et équitable l'ensemble des Etats et des peuples dans une démarche de retour aux fondamentaux des missions de la monnaie et du crédit en tant que biens publics mondiaux.

En ces moments de fêtes partagées par l'ensemble de la communauté internationale, que vive ce pape aux idées si pertinentes et que ses initiatives inspirent nos penseurs, chercheurs et praticiens dans tous les secteurs d'activité.

 

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