Y a-t-il une limite à l'obscurantisme post colonial ?

A ceux qui aujourd'hui croient encore que la guerre est la solution de la paix et de la sécurité collectives !

Sur sa page Internet : http://www.jeulin.net/ScPo/paix.htm François Jeulin, dans l'introduction d'un document intitulé : ''Si tu veux la paix, prépare la Guerre'' et se référant à l'intervention militaire de l'OTAN en Yougoslavie, rappelle ….''Toute considération morale et humanitaire mise à part, l'une des raisons d'intervention en Yougoslavie est d'éviter l'élargissement du conflit et donc de la guerre à des parties en paix. Dans un tel cas il semble bien qu'on applique l'adage "si tu veux la paix prépare la guerre".....et de rappeler qu' ''une telle attitude est "revenue à la mode" depuis Münich. on avait constaté à l'époque que le refus de préparer la guerre, pour assurer la paix, s'était soldée par un cuisant échec''.

Dans une autre réflexion Cf:http://www.mediapart.fr/journal/international/130913/brauman-les-meilleures-guerres-sont-celles-qui-n-ont-pas-lieu Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontière (MSF) et aujourd’hui professeur à Sciences-Po et leader d'opinion en France et dans le monde de la Francophonie, semble s'être rapproché, au vu de la situation tragique que connaît le peuple syrien, du discours d'autres intellectuels de grande renommé, experts avertis dans l'art de la guerre comme son compère Bernard Kouchner, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, ou le philosophe Alain Finkielkraut, de farouches partisans du ''droit d'ingérence pour des causes humanitaires, en réalité pour des guerres punitives et destructrices de pays, de société et d'économie des pays dépendants, impuissants, déconnectés de la marche du monde.

Avec ces intelligences supérieures, de savants sculpteurs d'opinion, un pas supplémentaire est franchi et on progresse allègrement de l'adage : ''si tu veux la paix, prépare la guerre'', à celui de ''si tu veux la paix prépare la guerre et fait la, en choisissant les conditions et le moment propice''. Dans les relations internationales inter-étatiques, cela finira toujours par se traduire par un troisième adage implicite : ''si tu te sens plus fort que ton voisin, il faut lui faire la guerre et le détruire avant qu'il ne te détruise'' ou qu'il porte simplement atteinte à tes intérêts, chez toi, chez lui ou en tout autre endroit. Une analyse qui s'applique merveilleusement à la Guerre éclair et exemplaire, menée par la France au Mali, Ce pays des droits de l'homme, des libertés et de la démocratie, dont les ressortissants au nombre de plusieurs milliers étaient menacés par une horde de sauvages du Moyen-Age, parachuté d'un astre lointain et armés de moyens indescriptibles de dissuasion et de destruction planétaire. Ces sauvages va-nu-pieds ont été quasi spontanément neutralisés par les moyens de l'armée française, indolores et inodores, et nul besoin d'en dire plus puis qu'il s'est agi d'une guerre condidentielle sans temoins genants, les soldats de l'Etat sauveur maintiennent une présence salutaire et les milliers de ressortissants français peuvent vaquer à leurs occupations, probablement utiles et profitables.

Ce faisant, on apprend incidemment sur ''Jeune Afrique''du 19 septembre 2012, citant le ''Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) que les pays africains qui ne savent ni produire des armes ni les utiliser efficacement allouent une bonne part de leurs maigres ressources, non à l'éducation, ou à la santé ou à l'alimentation ou à l'habitat de leurs populations qui vivent dans la misère et dans la désespérance, et à la modernisation de leurs infrastructures mais à l'achat massif d'armes pour se préparer à faire la guerre. A qui sinon aux voisins ? Pour sauver la paix et la prospérité de qui ? Sinon des pays riches et prospères, marchands de la mort et responsables de l'état de guerre permanente qui déshonore l'humanité de 21è siècle et qui devrait faire honte à l'ONU et à son Conseil de sécurité, sensé créer les conditions de paix et de sécurité collectives.

Jeune Afrique et le SIPRI rappellent ces chiffres hallucinants portant sur le coût exorbitant de cette course à la mort des champions africains qui participent à la destruction d'un Continent aveuglé par l'obscurantisme, porté par la poursuite de rapports coloniaux et impérialistes.

Qui dépense le plus pour l'armement en Afrique ? (en millions de dollars US, 2012)

1. Algérie, 9 325 millions de dollars US

2. Afrique du Sud, 4 470 millions de dollars US

3. Égypte, 4 372 millions de dollars US

4. Angola 4 146 millions de dollars US

5. Maroc 3 402 millions de dollars US

6. Libye 2 987 millions de dollars US

7. Nigeria 2 327 millions de dollars US

8. Sud Soudan 964 millions de dollars US

9. Kenya 798 millions de dollars US

10. Tunisie 709 millions de dollars US

11. Côte d'Ivoire et Namibie 407 millions de dollars US

 



 

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