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Billet de blog 30 déc. 2012

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Reconquête des biens publics mondiaux par la mondialisation

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On parle souvent avec raison des mille et un effets pervers de la mondialisation, mais à y prêter davantage d'attention, hors du matraquage idéologique et médiatique, à s'isoler brièvement de l'obscurantisme régnant, on s'apercevrait que grâce au processus de mondialisation en cours de parachèvement, jamais les humains n'auront été aussi proches d'une victoire déterminante dans la conquête, consciente ou non, de la nécessité de remettre à l"honneur et de reconnaître la pertinence du concept de biens publics, qui plus est, à l'échelle mondial. Cette réalité, toute en contradiction avec l'idéologie libérale triomphante, s’imprègne dans la conscience citoyenne, en lui fournissant des armes pour renforcer les luttes pour la dénonciation des dysfonctionnements du monde injuste d'aujourd'hui et la construction d'un nouveau monde plus solidaire, dirigé par de nouvelles institutions plus démocratiques, plus représentatives de la société humaine dans sa riche diversité.

Libéralisme et ultralibéralisme en vogue sous les règnes de Reagan aux USA et de Thatcher en Grande Bretagne et implosion du système socialiste qui s'appliquait dans le bloc soviétique, ont accéléré le processus de mondialisation, l'orientant vers des excès de financiarisation et de marchandisation des relations humaines.

Bizarrement, ce sont les apports extraordinaires des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTICs) et spécialement de l'Internet à la portée des masses, qui ont élargi la prise de conscience citoyenne des enjeux quant au devenir du monde et la responsabilité de tout un chacun dans le devoir de s'impliquer. En témoigne l'espérance créée par l'émergence opportune du Printemps arabe, qualifié par certains comme une révolution des femmes, des jeunes et de l'Internet ; une révolution inachevée, survenue en pleine crise systémique qui affecte l'économie mondiale et qui a été vite contenue puis récupérée par les forces du capitalisme triomphant, un petit laps de temps somnolant propice à des révolutions populaires autonomes, non conçues et non encadrés par des élites conventionnelles.

Le secteur le plus pertinent pour repérer et profiter des opportunités qu'offre la mondialisation c'est celui de la finance et des banques, constituant la fondation et l'armature de l'architecture économique et sociale du monde d'aujourd'hui. Ce sont pourtant ces opérateurs à vocation transnationale et à statut privé qui opèrent dans ce secteur devenu responsable principal de la production de la monnaie et du crédit, qui sont reconnus avoir joué un rôle déterminant dans le développement de la crise systémique qui affecte le monde depuis 2007. Les mesures prises par des Etats et des pouvoirs publics en voie de déliquescence, ne semblent pas opérer au plan national, pas plus que dans le cadre de communautés et de marchés continentaux. Plus grave encore, au plan international, les institutions supposées avoir une légitimité pour traiter de telles questions n'ont ni moyens, ni compétence ni volonté de proposer des solutions qui s’avéreraient en contradiction avec les valeurs idéologiques du libéralisme dans sa fonction de défense du marché, de la libre entreprise et de l'individualisme.

Or, la solution est à rechercher dans un mécanisme révolutionnaire de contrôle démocratique quant à l'usage approprié de la monnaie et du crédit, de l'échelon global au plus local des échelons. Cela passe nécessairement par la promotion des biens publics à l'échelle mondiale dont la monnaie et le crédit en constituent les pièces maîtresses. La seule voie pour réguler et mieux encore planifier démocratiquement les priorités d'allocation des ressources mondiales selon les urgences, les secteurs ou les pays ou groupes de pays objectivement prioritaires pour conforter un monde de paix et de prospérité partagée.

Utopie pour certains, ! Pour d'autres, simple devoir d'imagination et d'audace dans la recherche de solutions prospectives pour construire un monde meilleur.

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