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Billet de blog 13 août 2011

La révolution industrielle ou le grand soir du capitalisme

Anne Q
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Révolution Industrielle de Jean-Claude Ghislain

La révolution industrielle, le progrès technologique devaient libérer l'homme de son dur labeur. Fini les travaux des champs à coups de faux et de charrue, fini les travaux des mines à coups de pioche, .... Les machines devaient remplacer l'homme pour son bien être.

Mais l'homme, intrinsèquement, évolue beaucoup moins vite que sa technologie. Il n'a pas encore trouvé le moyen d’accélérer ou de sous-traiter le darwinisme! Et au lieu de faire du progrès autre chose que des promesses mensongères, il fabrique dans toute son humanité un véritable enfer bien terrestre; un enfer humain et social, un enfer écologique, un enfer dénué de sens et de valeurs.

Prenons l'enfer humain et social pour commencer. Dans nos contrées privilégiées, en 100 ans, le sort des travailleurs s'est vu considérablement amélioré, du fait du progrès technologique, c'est vrai, mais aussi du fait du progrès social, acquis par de dures luttes qui ont débouchées sur un code du travail plutôt favorable. On a même su penser au partage du travail en diminuant la durée hebdomadaire progressivement jusqu'à 35h.

Oui mais voilà, +5.2% de chômeurs pour ce seul mois de décembre 2010! Non seulement le partage du travail n'est qu'une illusion, puisqu'on privilégie les heures supplémentaires à l'embauche, puisqu'une batterie d'avenant aux accords 35h permettent de les contourner, puisqu'on fait du dumping social, grâce à l'invention de la prestation, vaste arnaque destinée uniquement à faire baisser le coup du travail, puisque toutes nos industries sont parties exploitées la misère mondiale.

Jusque dans les années 70, l'équilibre avait été trouvé. Le travailleur travaillant de moins en moins, avait acquis moult avantages (congés payés, augmentation générale liée à l'ancienneté, ...). Le slogan "travailler moins pour gagner plus" était logique et âprement défendu.

Oui mais voilà, le marché en voulait davantage, plus de profits encore et encore. La part capital était alors de 60 quand la part travail était de 40. Aujourd'hui la proportion est passée à 70/30. L’appauvrissement des salariés est pâtant, on lui laisse juste de quoi survivre et faire marcher la machine de la consommation en ouvrant le droit à l'endettement. Hors, personne n'est dans les rues, personnes ne s'immole encore.... On nous fait croire que tout est dans le travail, le culte du "travailler plus pour gagner plus", on nous fait croire que les luttes syndicales sont ringardes et dépassées, on nous fait croire que le bonheur est dans l'écran plasma... Et ça marche, on y croit; nous aussi un jour on y aura droit! http://www.dailymotion.com/video/xeeo9h_vive-les-retraites_fun

Voilà le ver est dans le fruit, la propagande patronale fonctionne; petit à petit on grignote le code du travail, on profite de lois fiscales extrêmement favorables aux actionnaires. Il n'y a cas voir la fiscalité des grandes entreprises, zéro ou presque, la fiscalité des plus riches, seul le travail est taxé! Ils sont forts quand même! Et d'autres petits arrangements entre puissants. Exemple: un grand groupe financier pesant plusieurs milliards d'euros, s'est vu octroyer des subventions européennes très importantes pour avoir créer des emplois dans un bassin défavorisé en créant une société de service chez qui il sous-traite certaines de ses activités. Jusque là tout est normal ou presque, vous savez ce que je pense de la prestation de service! Sauf que pour créer ces dits emplois et cette société de sous-traitance, le grand groupe a détruit les emplois en internes! Et de ce fait économisé + empoché beaucoup d'argent! BINGO

Et les exemples sont innombrables, la loi du marché n'a qu'un objectif, rapporter toujours plus de dividendes à quelques uns et ce quelque soit le prix humain et écologique à payer.

Et la situation est cruellement bien pire dans les pays en "voie de développement", choix linguistique intéressant par ailleurs mais qui contribue au lavage de cerveau auquel se livre le marché sur chacun de nous! Donc ces "pays en voie de développement" sont une réserve considérable de main d'œuvre quasi gratuite et de ressources à piller en toute légalité! Et par le biais des dettes colossales qui pèsent sur eux, on arrive à accroitre la pression sur eux et les convaincre de travailler pour nous seuls! Le coût du travail, là, est dérisoire, le coût des infrastructures lui aussi, puisqu'on se soucie guère des dégâts écologiques que l'on va engendrer!

Et en attendant, ces populations d'esclaves modernes n'ont pas accès aux produits de premières nécessités puisque nous avons réussi à faire des produits de bien commun (eau, énergie, santé, nourriture) des marchandises. Tout a un prix même la vie! http://www.framablog.org/index.php/post/2009/03/16/le-bien-commun-documentaire-carole-poliquin

L'enfer écologique à présent. Dans l'hémisphère nord et dans l'hémisphère sud, l'impact du marché n'est pas le même mais chacun est abimé profondément. En occident, se sont nos terres, nos eaux, toutes deux dénuées de vie ou presque.

Il y a eu la révolution verte, mais contrairement à ce qu'on pourrait laisser croire, cette révolution n'a de verte que le nom, c'est une révolution noire comme la mort! Donc la révolution verte, c'est l'idée géniale qu'il faut des produits chimiques (des surplus de gaz créés pour les guerres) pour faire pousser les plantes et programmer l'agriculture de masse. Le marché ne pouvait pas laisser passer cette occasion de donner un prix à la nature, chaque secteur de la vie doit rapporter! Mais cette logique, qui non seulement endette des agriculteurs pris à la gorge, appauvrit les sols de manière presque irrémédiable. Et plus rien ne pousse sans chimie en effet! Sans compter qu'à présent même le génome s'achète et se vend; certains, quelques groupes puissants sont devenus propriétaires des semences et attention à ceux qui planteraient ces dites graines sans les payées chaque année, puisque même leur reproduction naturelle est interdite ou à ceux qui décideraient de planter des graines qui ne soient pas dans leur catalogue! http://www.solutionslocales-lefilm.com/

Et cette révolution verte a eu pour conséquence de polluer de manière effrayante la totalité de nos rivières, toutes chargées de plus d'une quarantaine de produits toxiques.

Je passe sur les océans, gigantesques poubelles où le plastic est devenu maitre. D'ailleurs une petite parenthèse sur les emballages plastic et la taxe que paye chaque industriel en vue du recyclage. A qui payent t-ils cette taxe? A eux même puisqu'écoemballage est leur société qui leur rapporte beaucoup d'argent!

Dans l'autre hémisphère, le problème est encore plus important. Le problème c'est le réchauffement climatique donc la désertification et les réserves d'eau, sans parler des pollutions liées à nos industries.

Juste un exemple, le fleuve Collorado au Mexique. Les états-Unis, en amont, ont détourné le cours du fleuve pour créer dans le désert des zones agricoles. Les mexicains aujourd'hui n'ont plu qu'un maigre filet d'eau qui traverse leurs terres; ils ne peuvent plus cultiver. Alors ils achètent les denrées aux mêmes Etats-Unis ainsi que de l'eau!

Mais cette course aux profits qui semblent sans limite en aura forcément. Il est à craindre que trop de gens en meurent avant de voir ce système épouvantable s'effondrer de lui même. Mais il s'effondrera car tout tient sur la consommation et les matières premières. Soit plus personne ne sera en mesure d'acheter leurs marchandises soit la Terre ne parviendra plus à fournir assez de matière à leur fabrication.

Peut-être peut-il y avoir d'autres alternatives mais qui nécessitent qu'on change notre façon de vivre, qu'on lutte d'avantage, qu'on ne laisse plus cette propagande effrénée nous duper. Le vote au niveau national est malheureusement devenu presqu'inutile. Les lois sur la marchandisation, les marchés communs, sont mondiales ou européennes mais nos habitudes de vie peuvent changer la donne, notre lutte pour une réappropriation des outils de productions, sans parler de communisme stalinien mais à la manière des entreprises auto-gérées argentines ou en renationalisant tous les secteurs dits vitaux , en consommant autrement, en mettant notre argent dans des banques dites équitables qui ne placent l'argent de leurs clients que dans des "projets propres". Délocaliser, redévelopper une agriculture à échelle locale....

Ne pas laisser le progrès devenir une arme de destruction massive!

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