L'"après", c'est aujourd'hui !

Le mythe du "jour d'après" nous conduit à l'attente passive. Nous devons redevenir les acteurs d'un monde plus humain : dès à présent, reprenons la parole !

Plus l’épidémie avance, plus il semble que l’”après” n’en soit pas vraiment un. L’immunisation incertaine et transitoire, les réapparitions de cas, la possibilité que surviennent des mutations laisse entrevoir que nous devions désormais, et à tout le moins jusqu’à la mise au point d’un vaccin, “vivre avec”. Et cela conduit à envisager tout autrement la manière d’y faire face.

Il sera certainement nécessaire de changer la stratégie actuelle de “lutte” tant sur les secteurs sanitaires qu’économique, social que bien évidemment politique

Il n’est pas question de donner, sous l’empire de la peur, un blanc-seing à nos dirigeants jusqu’alors orientés vers une stratégie libérale très inégalitaire et irrespectueuse de l’humain et de l’environnement.

- Il est donc indispensable d’être vigilants et exigeants sur la sortie des mesures de restriction de libertés et de droits (travail et droit de réunion notamment) liées à l’état d’urgence, et d’informer/alerter largement à ce sujet.

- Il est indispensable d’exercer une veille des publications et informations dans les différents domaines concernés.

 -Il est également indispensable de ne pas oublier les autres enjeux humains désormais passés au second plan : changement climatique, justice sociale, respect (de ce qu’il reste ) des autres cultures et de la parole des anciens, qui sont nos racines et notre patrimoine d’êtres humains.

- et de reprendre la parole comme citoyens de nos pays et du monde.

La crise ne doit pas rester un bâillon - dont le masque serait la métaphore-  mais l’occasion d’une réflexion profonde et générale sur le mode de fonctionnement de nos sociétés et ce qu’elles ont fait subir à la terre et aux hommes jusqu’à aujourd’hui.

Selon ce que nous en ferons, nous serons victimes ou acteurs du changement.

Ne laissons pas nos télévisions tourner en boucle autour de quelques chiffres, ne nous laissons pas non plus fasciner par les fake news qui nous dispersent. Reprenons dès à présent notre information en main, créons un (des?) réseaux dédiés d’observation critique, de réflexion et d’échange, interconnectés localement et entre pays. Un premier pas n’est pas possible sans ce préalable.

Il ne s’agit pas d’organiser la survie, mais de laisser la vie reprendre ses droits. L’ “après” commence aujourd’hui !

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