ça reste une énigme → même pour Hannah Arendt, qui d'ailleurs s'est donc faite incendier pour avoir parlé de la banalité du mal/du vide de la pensée (à croire que beaucoup de gens se sont sentis visés ...), qui était sans nul doute une si belle personne qu'elle en est venue à douter elle-même de son concept : dans son bouquin sur Eichmann, j'ai relevée une coquille, en fait une sorte de lapsus (dé)montrant qu'elle-même avait du mal à réaliser l'étendue des dégâts ; parlant de Eichmann donc qui s'exprimait avec un vocabulaire pauvre et stéréotypé (un fonctionnaire 😚 ...) au début du bouquin elle l'excuse presque en disant que ça devait s'expliquer en vertu d'une " dyslexie " qu'il aurait eue dans l'enfance - alors que bien évidemment la pauvreté de son expression provenait directement de l'indigence de sa pensée ... en lisant ce passage, on réalise que Hannah Arendt a du mal à comprendre qu'un être humain puisse être aussi inhumain, avoir une " pensée " aussi " mécanique ", et à ce moment ne trouve comme explication que l'existence - réelle ou non - d'un handicap du langage dont il aurait souffert enfant et qui rendrait son élocution encore pénible à l'âge adulte : elle-même, qui pourtant avait mis le doigt sur ce concept de banalité du mal qui rend compte d'une réalité universelle, à rapprocher de l'absence de conscience qui taraude les philosophes depuis au moins Socrate, qui avait bravement fait face aux attaques venues de toute part pour avoir expliqué que non, quasiment tout un peuple - et ses conplices - sous influence d'un cinglé vociférant n'avaient pas succombé à une épidémie de sadisme, mais s'étaient simplement laissés aller à ne plus avoir aucun sens critique de ce qu'ils faisaient ou disaient, par pauvreté de pensée à la base, en quelques lignes on se rend compte qu'elle a du mal à accepter qu'on puisse être tout simplement aussi BÊTE 😕 (et c'est pour ça aussi que tant de gens l'ont attaquée, puisque tout le monde ou disons une grande majorité de personnes veut paraître plus intelligent qu'il/qu'elle n'est et préfère (re)jeter la responsabilité sur quelques grands sadiques, au mieux - oubliant si facilement la foule de complicités de tous ordres à laquelle tout le monde donc a si bien participé → cf. Eichmann : " Je n'ai fait qu'obéir aux ordres " bis repetita jusqu'au bout de la chaîne 😉)
non mais je dis ça je dis rien, c'est " juste " que ce matin, je me suis rappelée qu'à l'hosto, tu peux difficilement aller contre, contre tous ces protocoles quelquefois - je suis gentille 😀complètement absurdes (cf. l’affichette collée dans toutes les chambres d'un se(r)vice de neuro 😕 " expliquant " aux malades qu'ils doivent assurer eux-mêmes leur état d'hygiène et de propreté, avec d'autres alinéas pour dire que les infirmiers n'assurent que les soins paramédicaux, et que les femmes de ménage ne font que le ménage ... la quintessence du règlement qui réinvente le monde pour mieux l'enfermer 😛) mais dont les équipes et les cadres 😚 qui les ont pondus suite à de longues discussions, sont SI satisfaits 😕 → aux urgences, et ça fait longtemps que ça dure, peu importe le motif d'entrée, il faut que les entrées soient faites dans les règles et que toutes les cases soient cochées dans l'ordre, le poids des équipes infirmier(e)s, pour qui une foulure du petit orteil équivaut à un infarctus, est tellement élevé - des fonctionnaires à demeure - que personne ne comprendra que tu te précipites pour aller t'occuper d'abord de celui ou celle qui a une douleur thoracique : tu désorganiseras le service, tu ne feras montre d'aucun esprit d'équipe, et sinon évidemment tu te croiras plus intelligente que tout le monde (faute grave) (de leurs propres bouches) ... etc. c'est ainsi, oui, que l'on voit la banalité du mal triompher, en dehors de tout sadisme tu essaies de te démener au milieu d'un monde de petit(e)s chef(fe)s qui ont tou(te)s " l'excuse " du règlement affiché partout, qu'on te ressasse, même au point finalement de ne plus/ne pas savoir à quoi/à qui il se rapporte ⇒ PUISQUE c'est écrit, c'est comme ça qu'il FAUT faire, il n'y a effectivement plus de place pour l'intelligence - on dirait vraiment que tout le monde est fier là-dedans de ne plus faire l'EFFORT de
comprendre
😛 (ou comment, quand on est bêtes, inventer des règlements encore plus bêtes pour [faire] croire qu'on est intelligent(e)s - ça s'annulerait : 0 + 0 = 1)
je ne voulais pas nécessairement vous parler de ça aujourd'hui 😉 mais ça me fait me rappeler je crois mon deuxième stage en tant qu'externe, où tu sers essentiellement de portefaix aux équipes infirmières 😚 sans que tes aîné(e)s internes t'enseignent rien de valide, et souvent donc de défouloir aux " grands " patrons 😚 qui étalent leur grande " puissance " en terrorisant donc malades et externes, j'étais la seule aux urgences proche de l'interphone avec le samu local, dans lequel j'ai entendu subitement la voix de l'interne affolé - qui ramenait en hélico un pauvre gars qui était tombé au boulot d'une échelle et " présentait " un hématome extra-dural - et qui réclamait qu'on ouvre immédiatement le bloc opératoire pour trépaner d'urgence le malheureux (donc une question de vie ou de mort) → vous auriez dû voir comme je me suis démenée, courant partout dans les urgences pour répercuter sa demande, déclenchant au mieux quelques rires gras des infirmier(e)s 😚 qui ne se détournaient même pas de leurs chères paperasses avec cases réglementaires à remplir, et quand l'interne a enfin déboulé de son hélico, poussant-tirant le brancard à la hue-à la dia pour s'engouffrer, espérait-il, dans un des ascenseurs même pas libéré - et la nonchalance affichée des équipes ne le regardant même pas passer, certaines qu'il serait arrêté par les secrétaires 😚 qui effectivement ne se sont même pas pressées de le rattraper, mais se sont pointées triomphalement (et majestueusement) à mi-course des ascenseurs, pour lui expliquer qu'il DEVAIT d'abord leur fournir toutes les pièces nécessaires à l'admission du patient (ainsi que l'extrait de naissance de sa grand-mère ...) " sûrement pas au bloc opératoire, mais aux urgences, où il serait vu, si son état le nécessitait, par les internes de neurochir, qui décideraient ensuite de la nécessité ou non d'une intervention en neurochirurgie " 😛 etc. etc. évidemment, quand lesdits internes de neurochir 😚 se sont pointés eux aussi en troupeau et aussi lentement & majestueusement aux urgences, ledit patient était en train de décéder, ce qui leur a permis péri-mortem de confirmer quand même le diagnostic initial 😀 → sur ce je vous laisse, avec plein de bisous 😚