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Billet de blog 22 juin 2018

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visite des urgences, on continue : le harcèlement des soignant(e)s

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Donc on continue, oui, si vous le voulez bien, cette visite de ces urgences si hospitalières, avec moi pour guide → évidemment, quand même, comme j'avais bossé à l'hosto, je savais que bien au chaud et en groupe(s), anonymes de surcroît, et donc avec plein de règlements et de protocoles souvent très inventifs, comme en NEURO où j'ai vu placardé que " les malades doivent assurer eux/elles-mêmes leur état d'hygiène " pour se couvrir en enfonçant les autres (ici les corps étrangers venant de l'extérieur), les " équipes " étaient capables du pire ... Mais c'est toujours pareil, quand tu es malade ou accidenté(e), tu as fâcheusement tendance à te focaliser sur tes symptômes comme le disait élégamment mon ancienne copine devenue infirmière :    " les malades ont la tête dans le cul " (je cite)  oubliant par là-même malencontreusement le désir éperdu de reconnaissance de tou(te)s ces soignant(e)s autoproclamé(e)s ⇒ du fait de pas mal de problèmes sociétaux éminemment politiques mais que les politiques ne veulent pas voir, même si évidents, les malades devenant de plus en plus malades,        et les professionnel(le)s du secteur de la santé, voyant leurs tâches de moins en moins valorisées et si ce n'est déprofessionnalisées, de plus en plus vidées de sens, réclamant de plus en plus de gratification(s) (et d'ailleurs en obtiennent de moins en moins rien qu'au niveau de leurs salaires et autres avantages en nature), c'est un problème qui ne va certainement pas s'arranger, et bien entendu là par contre, ce seront encore les premier(e)s qui vont payer - à tous points de vue ... De leurs poches et personnes ...

Oui c'est toujours la même chose, malade ou blessé(e) on a plus que tendance à se focaliser sur ce qui nous fait souffrir et même les plus hypocrites/habiles en société oublient toute prudence et réclament la pleine attention à leurs symptômes → les soignant(e)s en face, par contre, veulent quasiment tout(e)s même ceux/celles qui ont le titre sans la compétence être pris(e)s pour des Docteurs ou mieux que des Docteurs, comme les infirmier(e)s  et dans ce but, puisque ne s'intéressant ni à la science, ni à l'Art, ni aux autres, des assujetti(e)s sociaux(ales) qui viennent les envahir, mentent comme des arracheurs de quenottes mais veulent quand même qu'on les croie : les malades ou les accidenté(e)s peuvent être trompé(e)s, et même en majorité facilement, mais se rendent plus ou moins vite compte qu'ils/elles ne sont pas soigné(e)s et surtout, n'arrivent pas à passer outre leur(s) souffrance(s) d'autant que pas soigné(e)s ⇒ d'où c'est qu'ils/elles continueront à être focalisé(e)s dessus et à rarement penser à remercier, ce qui renforcera la frustration des équipes et donc la maltraitance : un beau cercle vicieux mais n'anticipons pas 

Mais d'un côté on a les malades ou blessé(e)s qui ne peuvent pas tricher et en face donc les soignant(e)s en bonne santé et avec tous leurs protocoles et titres qui disent soigner, mais qui ne ressentent pas la souffrance, ni l'urgence, coincé(e)s " justement " dans leurs procédures/schémas de ce qui devrait être et par leur désir de passer pour Doctes, qui ne coïncideront jamais avec la réalité de ce qui se produit → je me rappelle, arrivée propre sur moi/présentable après par ex. un fracas de cervicales et serrant des dents pour ne pas les CHOQUER, la radio déjà faite en ville pour qu'ils/elles VOIENT que c'était cassé, avoir été obligée de me déshabiller quand même bien sûr pour mettre la chemise-sodomie, et l'aide-soignant me con-fiant : " Si vous saviez comment les gens nous arrivent !⇒ ben oui, quand les procédures passent avant tout, quand par exemple pour avoir mal il faut que tu aies coché un chiffre compris entre 1 et 10 sur leur échelle de la douleur, c'est sûr que les vrai(e)s malades/blessé(e)s font désordre et peuvent les traumatiser

Je m'aperçois que je suis partie dans des digressions, mes ami(e)s ; mais je me souviens que dès la première fois que j'ai mis les pieds dans ces urgences, recrachée donc par les portes battantes du tambour d'entrée pour me retrouver dans ce no-man's-woman's land où personne " comme " par un fait exprès ne pouvait se repérer, soi-disant c'était l'accueil des urgences, j'ai tout de suite pensé à en faire un schéma pour bien me rappeler comment ils font tourner les gens en bourrique là-dedans : il n'y a aucune indication de où ou à qui tu dois t'adresser pour être admis(e), tu vois tout le monde        qui attend donc on ne sait quoi/qui, et tu aperçois au fond une lourde porte blindée    qui ne s'ouvre pesamment que dans un sens, uniquement pour sortir les rares qui ont finalement réussi à entrer → par contre, tu as plein d'affiches pour " justement " t'expliquer que tu es IMpatient(e) VOIRE agressif/ve  alors même que tu ne fais qu'attendre poliment ton tour et que personne ne vient te chercher - ça procède visiblement de cette incommunication, disons de cette incompréhension mutuelle entre " soignant(e)s  " et " soigné(e)s  " ↔ entre les personnels dont l'hôpital est le royaume et qui voudraient tous être califes, enfin Docteurs, et qui n'obéissent qu'à leurs protocoles, fatalement déçus que les malades/les blessé(e)s ne se présentent pas comme ils (les) attendaient - et les entrant(e)s qui eux/elles ne sont pas des professionnel(le)s, n'ont pas prévu ce qui leur arrive, en principe n'y connaissent rien mais sentent bien que ça ne va pas ...            et qui n'ont d'autre endroit où aller, on sent bien que le rapport de forces, déjà, est déséquilibré (et n'a fait que se creuser depuis l'irruption de la mentalité gestionnaire, pour qui l'humain(e) - et même la médecine - est une donnée abstraite, et même gênante)

J'ai pas le temps de continuer ce matin, mais évidemment je reviendrai (sauf si je défuncte entretempset pour des corrections sans doute, en attendant je vous fais toujours - à vous et même aux malades - des gros bisous, plein

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