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Billet de blog 23 juin 2018

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Salut tout le monde → donc on visitait les urgences ; les psychanalystes vont se marrer : certes j'avais donc déjà quand même remarqué quand je bossais à l'hosto par ex. comme interne " l'infantilisme " atavique des équipes, le manque d'intérêt véritable des " soignant(e)s " pour les malades/l'indifférence à leurs souffrances con-pensés par les vantardises hénaurmes comme " ma " toubibe avec moi, vous savez, " miroir, say to me que je suis la PLUS intelligente " qu'on entend tout le temps : du fameux coup de la " globalité des soins " (dont la plupart n'ont aucune idée de quoi il s'agit) au fameux aussi : " il faut avoir de l'empathie " (sous-entendu ils/elles en auraient seulement, dès qu'il y a une notion d'obligation, c'est bien sûr hautement suspect) - en passant évidemment par le fait de s'introniser des soignant(e)sc'est-à-dire quasiment tou(te)s des super-toubib(e)s, vu que beaucoup de médecins ne savent/ne veulent ni diagnostiquer, ni soigner - ce qui est encore une affirmation pour se faire mousser bien sûr sans réplique possible ⇒ tous ces éléments de langage ressassés à l’envi dans le et hors milieu bien sûr pour masquer les pratiques réelles et couper court à toute critique, mais souvent utilisés aussi on dirait un peu comme une méthode Coué 

Je sais pas si vous vous rappelez, mais des fois en zappant maladroitement je me suis malencontreusement retrouvée devant ces sortes de shows de télé-réalité du genre " 24 heures aux urgences " combinant voyeurisme le plus éhonté des souffrances des victimes à l'étalage de la gloire encore une fois de ces infaillibles soignant(e)s qui sauvent donc seconde après seconde des tonnes de vies  je ne tiens pas plus de quelques minutes quand ça m'arrive (de tomber dessus→ souvenez-vous de ce jeune mâle nommé professeur dans un samu-urgences lambda, la consécration, et non seulement hyper-intelligent et si doué, il en rajoutait face caméra sur sa charmante épouse s'occupant de ses magnifiques enfants -  la réussite totale quoibon on n'a pas eu de détails sur sa vie sexuelle hélas, mais après l'avoir vu tortiller mollement & longuement des fesses dans les couloirs pour nous montrer qui était Le Maître, on suivait le mec qui partait donc en SAMU sur un infarctus ... Le pauvre patient était sidéré par la douleur sur son canapé, grisâtre, serrant des dents, pendant que l'autre en face jambes écartées, pouces dans les bretelles, un sourire béat sur sa face, le gratifiait d'un interrogatoire policier pour lui faire avouer que bien sûr il fumait (mince, il ne fumait pas !!!), ensuite, faute d'addiction prouvable, qu'il avait un boulot stressant (pas comme Lui, ne manquant jamais une occase de tortiller du postérieur devant la caméra pour (nous) montrer comme Il était à l'aise) ⇒ là, on voyait le malade rassembler ses forces, clairement prendre sur lui pour lâcher que oui, sans doute, il  avait du stress dans son travail  pour lui faire plaisir et qu'éventuellement ENFIN Il se mette à bosser - je dois dire qu'à moi ça a fait mal aussi, de voir cet homme qui probable avait vu/voyait sa mort se profiler, sans parler de ses douleurs que je peux à peine imaginer, terrassé assis et les mâchoires serrées, faire autant d'efforts dans sa situation dramatique pour se montrer aimable et intéresser un mec qui visiblement se foutait de lui certainement beaucoup plus que de sa première blouse blanche bien repassée dans les plis - et de son titre de Prof

Perso j'ai pas eue encore la chance encore de faire un infarctus, pourtant je fume dans l'espoir encore inavoué d'en faire un gros un jour, et pour voir un comique du genre se pointer pour visiter chez moi ce qu’ils ne manquent pas de faire, c'est des scientifiques → il fallait voir le sourire triomphal du toubib surplombant le pauvre mec plié en douze sur son canapé, ses gestes lents, son fessier trémousseur sous l'objectif, ses clins d’œil à la caméra pour montrer qu'il avait pigé quelque chose ... Au malade lui par contre, il a pris soin de ne donner aucune indication de quoi que ce soit - on n'est pas obligé(e)s de leur asséner que c'est un infarctus encore que beaucoup le font en soi-disant aparté, à l'équipe ou la famille par ex. mais on peut supposer qu'avec de telles douleurs thoraciques les gens se doutent, et on peut commencer par leur dire qu'on va les (en) soulager (et le faire effectivement) ⇒ bref, à ce genre de " soignant " ne doutant de rien et surtout pas de lui-même, il faudrait tout expliquer depuis le début, à savoir que les gens ne tombent pas malades pour lui faire plaisir, qu'ils ne sont pas des faire-valoir servant à montrer à la terre entière Sa Grande Intelligence, et aussi que, s'Il savait tant de choses, c'était LE moment de les mettre MAIS en pratique - à la place, on a eu le spectacle con-venu donc du cow-boy en pyjama virginal qui ne voyait même pas la vache dans le couloir, à savoir le stress énorme d'un malade en train de faire un infarctus, se trémoussant devant lui tout content d'avoir reconnu une pathologie, étalant Sa science en avançant les ressassés facteurs de risque " classiques " qui ne sont que des facteurs de RISQUE, et puisque la pathologie est là, c'est LE MOMENT de la soigner, FAUT-il le rappeler  non, ne se rendant même pas compte de l'état de vulnérabilité, de détresse du malade, mais voulant à tout prix les lui faire cracher, comme un prof à l'école ... und bien entendu c'est un type qui est encore venu nous expliquer après qu'Il avait de l'empathie

je reviens tt'à-l'heure, j'ai des trucs à faire, bisous → ou c't'aprème ou p't'être que demain mais surtout des bisous

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