l'hosto psy, déjà à l'époque

... avec cette psychanalyste et psychiatre  money-mouth que j'avais (sur le dos) au début de mes études, il m'est revenu que, contrairement à mes potes  kiss de l'époque qui avaient choisi des stages " prestigieux " zum Beispiel en cardio ou aux urgences, comme premier stage d'externe j'avais pris psychiatrie, d'ailleurs dans le même patelin où se déroulait    ma propre psychanalyse : c'était dans les années 80-90 ça nous rajeunit pas mais je suppose que depuis des temps immémoriaux, à l'instar des nanas, la " société " macho-patriarcale a intérêt à garder sous le boisseau la jeunesse  ou sous les pavés → mal m'en a prise en nez fait de choisir ce stage si je voulais apprendre ou comprendre quelque chose de cette spécialité, et je cumulais, étant à la fois une nana et donc djeune aussi, avec déjà ma psychanalyste qui se situait donc à des Hauteurs vertigineuses au-dessus de moi, et si j'avais derrière moi déjà 4 années de fac de médecine, elles avaient été durissimes et propres à vous dégoûter de tout - en tout cas, même si on avait passé victorieusement le barrage exténuant et complètement idiot de la sélection en première année, c'était " comme si " on avait effacé toute l'humanité des études : si on avait pensé qu'après le concours d'entrée  undecided on apprendrait de la médecine, eh ben, on s'était royalement fourré le doigt jusqu'au nœil,    il y avait encore minimum 3 ans de bourrage de crânes à subir (d'ailleurs, je vous l'ai dit, beaucoup laissent tomber médecine en 4ème année, quand ils/elles se rendent compte que non seulement les cours sont toujours aussi inaptes à nous former pour notre pratique future, mais qu'à l'hosto aussi les malades n'ont aucune importance pour personne  tongue-out)

mais bref, perso en choisissant psychiatrie comme premier stage d'externe, il me restait encore beaucoup de [bonne] volonté ou alors appelez ça des illusions  embarassed → je croyais que j'apprendrai(s) enfin quelque chose de l'humain(e), et ça ne m'avait même pas effrayée que je soie la seule à choisir ce se(r)vice - d'ailleurs, je ne sais pas si c'est parce que j'étais particulièrement peu nombreuse comme stagiaire étudiante en médecine à venir tous les matins dans le se(r)vice, mais ce que j'en retiens c'est que la mise en scène des                    " soignant(e)s " par eux/elles-mêmes y était elle particulièrement soignée : je n'avais qu'une seule chose à faire, je devais en nez fait me pointer à 9 heures dans la salle de soins qui du reste avait été rondement transformée en salle à cafés perpétuels, on m'y avait attribué un coin bien en retrait de l'équipe dite soignante, où je devais rester debout toute la matinée, derrière les aides-soignant(e)s qui eux/elles-mêmes devaient se tenir derrière les infirmier(e)s psys, assis(es) en rond avec leurs cafés (les AS, plus ou moins assis aussi, avaient droit également à des cafés de temps en temps, si bien sages et soumis(es) bien sûr aux ordres et désidératas des précédent(e)s, mais pas moi, jamais)

de fait, en trois ou quatre mois de stage, j'ai jamais vue la queue d'un(e) seul(e) psychiatre, dans leurs cabinets en ville pour leurs consults privées  money-mouth et encore moins du/de la moindre toubib(e) autre - et on peut dire que les malades, je les ai vu(e)s à distance, sauf une fois une qui " présentait " une PMD (Psychose Maniaco-Dépressive, alternant moments d'excitation incoercible et de mélancolie profonde avec gros risque suicidaire), la seule que l'équipe soignante avait laissée entrer dans la salle de " soins " → même, on peut dire qu'ils/elles  innocent lui avaient pratiquée une large haie d'honneur jusqu'à ouam pendant sa phase maniaque, où elle s'est évidemment précipitée sur moi donc complètement excitée, me caressant les cheveux, froissant ma blouse, me grimpant presque dessus pour me dire combien j'étais belle, sous les gras rires de l'assistance  wink  on a quand même daigné m'expliquer que SANS SON TRAITEMENT, avec sa bouffée maniaque elle pouvait se consumer entièrement, tout autant qu'en phase mélancolique, je suppose avec son traitement " distribué " au petit bonheur la chance, elle risquait donc le suicide, tant sa souffrance ALLAIT POUVOIR être immense également

parce que sinon, les autres patient(e)s, qui avaient des quantités et doses de médocs® astronomiques probablement prescrites en ville avant d'être dégagé(e)s ici, n'avaient pas le droit de dépasser une ligne blanche imaginaire qui passait par le seuil de la salle de soins où les infirmier(e)s spécialisé(e)s en psychiatrie, attention, prenaient donc leurs infinis cafés rondement assis toute la matinée, au moins (je quittais à midi) → les malheureux/ses étaient tenu(e)s d'attendre et en rangs d'oignon à la porte le bon vouloir de ces dernier(e)s, qui se jetaient donc de 9 heures à midi des citations de Lacan  innocent aux têtes, afin que nul n'ignore leurs connaissances pointues non pas en vulgaire psychiatrie, mais en riche & belle spychanalyse comme on en balançait dans les séminaires et autres salons parisiens (mais disons que là c'étaient " juste " des phrases que Le Grand Jacques avait dites, apprises par cœur et où il manquait juste les n° des pages pour que je vérifie)

les pauvres pouvaient comme ça attendre des demies-heures entières, mais si, debout sans bouger, qu'on daigne leur donner leurs tonnes de cachetons® - et quand je voyais les doses en comparaison de l'effet addictif universellement connu de la moindre benzo®, je les admirais, tout en me disant que ça devait pas être du cake, de rester placides ainsi - qui plus est, plus ou moins sous le feu des citations du Jacques qui avait dit - et d'ailleurs, s'il y avait le moindre mouvement dans la foule, de suite le train des citations livresques stoppait pour que soit lancée une chasse à l'homme ou à la femme responsable de la grave perturbation de l'ordonnancement obligé pluriquotidien des patient(e)s dans le couloir, par aides-soignant(e)s interposé(e)s, étant bien entendu  que nos intellectuel(le)s  kissd'infirmier(e)s psys n'allaient pas (se) bouger pour exécuter de si basses œuvres, mais prescrire par contre immédiatement de salutaires mesures d'isolement en chambre idoine, avec évidemment contention si jamais en plus le ou la fautif/ve avait le front de réclamer par voie orale - je veux dire en parlant - zum Beispiel ses médocs® (dont il/elle serait du reste totalement privé(e) dans sa cellule, prescrite elle en règle générale par périodes allant de quatre  à 24 heures par l'équipe de caporaux/ales-chef(fe)s infirmier(e)s ⇒ les équipements garantissant toujours les pratiques ... et donc l'immobilité plus que stupéfiante de la file de patient(e)s

mais en général, ces Maréchaux/ales, nos petit(e)s chef(fe)s d'infirmier(e)s n'avaient pas besoin de ces démonstrations de puissance nue, ils/elles étaient en nez fait donc armé(e)s et se cons-tentaient donc matin après matin de s'asseoir en rond pour échanger sur la spychanalyse, avec moi comme public obligé aussi dans le fond, et les patient(e)s donc debout aussi mais sur le seuil attendant sagement qu'on leur fasse donner leurs drogues® (c'est aussi dans cette éventualité que les aides-soignant(e)s devaient prendre moins de cafés, pour avoir les mains libres et dispatcher finalement à chaque malade genre 10 ou 12 comprimés, gélules ou/et gouttes que nos grand(e)s penseur(se)s d'infirmier(e)s psychiatriques, bien à distance de tout ça, n'allaient pas s'abaisser à donner) - ainsi pendant 3 ou 4 mois/pendant 3 heures le matin, rendez-vous compte, j'en ai absorbé moi du jacadiimaginez, il a donc fallu que je cons-temple durant finalement des centaines d'heures le cercle de ces soignant(e)s, de plus spécialisé(e)s pas seulement en psychiatrie, une discipline si basique que même les médecins en étaient absent(e)s de leurs locaux, leur laissant la gestion éclairée de la chimie (au delà de la prise de 3 médicaments, on ne maîtrise plus les interactions entre eux  laughing) et même donc des moyens physiques à l'occase, (se) répercuter à l'infini les meilleurs mots ou les bonnes pages du Maître ès Psychanalyse disparu (Freud étant tellement dépassé déjà à l'époque) afin de (me) prouver leur(s) profonde(s) connaissance(s) des tréfonds de l'âme humaine

oui, imaginez tout ce que j'ai pu apprendre de la Grandeur de la discipline et du métier de soignant(e) en psychiatrie grâce à ce stage, à force d'entendre je ne dirai pas d'écouter  winkdonc quand on ne s'amusait pas à cons-templer une malade laissée en plein délire me grimper dessus encouragée par l'équipe  kiss ou qu'on n'était pas occupé(e)s à faire enfermer et punir tel(le) patient(e) devenu(e) brutalement subitement " hystérique " et/ou " paranoiaque "  (se/me) dérouler des jacqueries intellectuello-psychanalysantes prononcées sous forme de sentences définitives par ces infirmier(e)s assis(es) en rond avec cafés à longueurs de matins : zum Beispiel : " Le symptôme névrotique n’est pas un signe, mais une parole, structurée comme un langage, avec ces deux fonctions essentielles, le signifiant […] dans son rapport avec la signification. - L'inconscient. Ce mot a l'inconvénient d'être négatif, ce qui permet, et on ne s'en prive pas, d'y supposer n'importe quoi au monde, sans compter le reste. - Tout mythe se rapporte à l’inexplicable du réel, et il est toujours inexplicable que quoi que ce soit réponde au désir. - Quand dans l'amour, je demande un regard, ce qu'il y a de foncièrement insatisfaisant et de toujours manqué, c'est que jamais tu ne me regardes là d'où je te vois. - Rien de plus redoutable que de dire quelque chose qui pourrait être vrai. Car il le deviendrait tout à fait, s'il l'était, et Dieu sait ce qui arrive quand quelque chose, d'être vrai, ne peut plus entrer dans le doute. - […] La psychose est une sorte de faillite en ce qui concerne l’accomplissement de ce qui est appelé ‘amour’.La façon dont l’homme constitue son être dans la parole est tout un problème, car l’être dépasse l’ordre de la parole.Il ne peut être question de la question du père, pour la raison que nous sommes au-delà de la formule que nous puissions formuler comme question.Achoppement, défaillance, fêlure. Dans une phrase prononcée, écrite, quelque chose vient à trébucher. […] Là, quelque chose d'autre demande à se réaliser - qui apparaît comme intentionnel, certes, mais d'une étrange temporalité. Ce qui se produit dans cette béance, au sens plein du terme se produire, se présente comme la trouvaille. […] Or cette trouvaille, dès qu'elle se présente, est retrouvaille, et qui plus est, elle est toujours prête à se dérober à nouveau, instaurant la dimension de la perte.Le moi est ce dans quoi le sujet ne peut se reconnaître d’abord qu’en s’aliénant. Il ne peut donc se retrouver qu’en abolissant l’alter ego du moi. C’est donc l’économie du discours, le rapport de la signification à la signification, le rapport de leur discours à l’ordonnance commune du discours […]. - Ce savoir auquel nous pouvons donner le support d’une expérience qui est celle de la logique moderne, qui est […] maniement de l’écriture, ce type de savoir, c’est celui-là même qui est en jeu quand il s’agit de mesurer dans la clinique analytique l’incidence de la répétition. […] - Ce savoir montre ici sa racine, en ceci que, dans la répétition, et sous la forme du trait unaire pour commencer, il se trouve être le moyen de la jouissance […]. - Ce qui apparaît de ce formalisme […] c’est […] qu’il y a perte de jouissance. Et c’est à la place de cette perte qu’introduit la répétition, que nous voyons surgir la fonction de l’objet perdu, de ce que j’appelle le a.Il faut parler au patient son langage. Sans doute ceux qui tiennent de tels propos doivent-ils être pardonnés comme tous ceux qui ne savent pas ce qu'ils disent. […] On s'acquitte, on se met rapidement en règle, à ceci près qu'on ne révèle que sa condescendance […]. Marquer cette distance, faire du langage un pur et simple instrument, une façon de se faire comprendre de ceux qui ne comprennent rien, c'est éluder complètement ce dont il s'agit - la réalité de la parole.La conduite de l'hystérique (...) a pour but de recréer un état centré par l'objet, en tant que cet objet, das Ding, est (...) le support d'une aversion. C'est en tant que l'objet premier est objet d'insatisfaction. Ce qu'il y a dans Das Ding [la Chose], c'est le secret véritable. - die Not des Lebens - Quelque chose qui veut. Le besoin et non pas les besoins. La pression, l'urgence. L'état de Not, c'est l'état d'urgence de la vie. - principe de réalité, qui est donc invoqué sous la forme de son incidence de nécessité. " etc. ... telles que je vous le(s) dis, mes longues matinées en psychiatrie  laughing 

c'est ainsi mes ami(e)s oui, que j'en ai tant vu dès le départ du désir de montrer qu'on a le POUVOIR d'aider l'Autre - particulièrement quand il/elle est si si vulnérable - grâce à des " connaissances " étalées, et surtout que j'ai pu avoir un avant-goût assez prononcé des lumières que s'accordaient les soignant(e)s de la discipline pour faire croire posséder un savoir même si assez discordant d'avec leurs pratiques - comme toujours → à la fin c'est vrai, on ne sait plus qui trompe qui  undecided   enfin, les " malades " officiel(le)s pigent vite qu'ils/elles ont intérêt à la fermer, à obéir et à acquiescer là où les " soignant(e)s "  innocentvoudraient être admiré(e)s pour dévider autant de sentences pas ou mal cons-prises par contre - ça reste quand même assez marrant qu'avec ce genre de jeux de con(e)s appelons les choses par leur nom, ces dernier(e)s veuillent passer pour intelligent(e)s - franchement, dès le départ, on a (j'ai eu) plus que l'impression de tomber dans/sur une hénaurme comédie, aussi absurde que ridicule, sans pouvoir être aucunement sûr(e) que ça ne tue pas ... sur ce mes ami(e)s, je dois vous laisser, mais je reviendrai et en attendant je vous fais qu'à vous et toujours à ceux/celles de bonne volonté plein d'énormes bisous d'amour, des vrais  embarassed

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